XIV INTRODUCTION
de bonheur dont se souviennent les Indiens. » Un autre enfin est amené à cette conclusion : « Si les Français avaient conservé l'Amérique, les tribus aborigènes auraient vécu pour adorer le Dieu des chrétiens, de même que s'ils n'avaient pas, peu après, perdu l'Inde, le bouddhisme eût été vaincu par l'Évangile. »
Un jour vint où tout cela cessa d'exister par le crime des hommes. Tandis que, dans la Nouvelle- Angleterre, les catholiques subissaient l’ostracisme écrasant que nous avons décrit, la même puissance prépara au Canada et à l’ouest de pareilles violences. Déjà devenu maître, par le traité d'Utrecht, de la Nouvelle-Angleterre, de la baie d'Hudson, de Terre-Neuve et de l’Acadie, le gouvernement anglais, convoitant la Louisiane, ne trouva rien de mieux que d’y étouffer le catholicisme pour y ruiner du même coup la puissance française. Par lui, la férocité native des Indiens fut réveillée et armée contre leurs bienfaiteurs. Ce fut, pendant trente ans, le règne d’une barbarie inouïe dans l’histoire. Les Congrégations indiennes furent noyées dans le sang. « Alors, écrit M£' England, les enfants des forêts fidèles à leurs croyances n'eurent plus qu’à verser des larmes sur les rives du Père des fleuves, et à mêler leurs cris de douleur au bruit des vents. Les Robes noires devinrent peu à peu inconnues, le sacrifice chrétien disparut sur ces rivages; et quand, par un juste retour, en 1776, la guerre de l'Indépendance déposséda l’Angleterre de cette co-