‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 127 sur 270 · APPROBATIONS DE L'ÉVÊQUE ET DU PAPE · texte numérisé non relu

APPROBATIONS DE L'ÉVÊQUE ET DU PAPE

et je croirai tout le temps de mon épiscopat, quelque long qu'il puisse être, parfaitement employé, si je puis réussir à consolider et à propager votre Institut dans mon diocèse !, »

Mais cet Institut établi pour les besoins de l’ancien monde, allait-il s’accommoder aux chrélientés du nouveau? (avait été d'abord un doute pour l'évèque : « Dans le principe, dit le journal écrit par M"° Duchesne, Monseigneur avait songé à changer quelque chose à nos règles, pour nous conformer aux idées du pays. Mais ayant reçu de toutes la même réponse, que nous ne changerions rien sans la permission de notre supérieure générale, il dit : « Vous êtes cinq têtes dans un seul bonnet ; » et plus tard il reconnut qu'il ne fallait rien changer *. »

Trois semaines après , M"° Duchesne recevait un encouragement bien autrement élevé que celui de l’évèque, quelque précieux qu'il fût. Le cardinal Lilta, naguère interrogé par M. l'abbé Perreau, nous nous en souvenons, sur l'opportunité de la mission du Sacré- Cœur dans les États de l'Amérique , lui avait transmis dans les termes suivants la réponse de Pie VII, dont communication fut aussitôt donnée à M"° Duchesne par la mère Barat. Son Éminence écrivait : « J'ai trouvé que le Saint-Père avait déjà connaissance de cet heureux événement, qu'il a appris avec bien de la satisfaction ; et il renouvelle sa bénédiction apostolique à ces bonnes religieuses : « Je me réjouis beaucoup de cette « expédition, a dit Sa Saintelé, et je prie le Seigneur

1 Saint-Louis, 14 septempre 1818, ? Journal de Saint-Charles, autogr., p. 37.

qu'il daigne bénir les pieuses intentions de celles qui, « pour la gloire de son nom, ont quitté généreusement leur patrie et leurs parents. J'espère que Dieu ac- « complira les desseins de sa miséricorde sur cette « vigne à laquelle il envoie maintenant de nombreux « ouvriers !, »

A cette lettre en français du cardinal Lilta, en était jointe une autre du cardinal Fontana, écrite en latin, et également adressée à M. Perreau : « Sa Sainteté, disait-elle, a vu avec bonheur comment, abandonnant tout pour suivre Jésus-Christ et s’élevant au-dessus de la faiblesse de leur sexe, ces courageuses filles n’ont pas craint de franchir un vaste espace de mers, afin de transporter leur pieux Institut dans des pays sauvages, et se consacrer ainsi à la plus grande gloire de Dieu, à l'honneur de l'Église et au salut des âmes. Sa Sainteté leur souhaite donc les succès les plus prospères, et elle a donné dans les termes les plus tendres sa bénédiction apostolique, non-seulement à celles qui sont déjà parlies, mais encore à celles qui se disposeraient à partir un jour, Il ne vous reste donc plus qu’à leur faire part de la bienveillance paternelle de Pie VIT, et à procurer ainsi à ces saintes filles une consolation précieuse dans leurs peines et un soulagement bien dû à leurs travaux *. »

M"° Duchesne comprit l'importance de ces pièces qui plaçaient son entreprise sous la consécration la plus auguste du monde. Elle voyait désormais sa petite nacelle naviguer, pour ainsi dire, à la remorque äe la barque

1 Rome, 3 avril 1818, copiée par Mme Duchesne, Recueil in-fe, p. 15. 2 Centocelle, 10 avril 1818, copie de Mwe Duchesne, — Jbid., p. 16.

Page 1