‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 142 sur 270 · SON PENSIONNAT DE FLEURISSANT · texte numérisé non relu

SON PENSIONNAT DE FLEURISSANT

ducation. Celle-ci semblait même avoir gagné à la translation de l’école au sein d’une solitude sauvage, mais tranquille. Si Fleurissant avait le désavantage d’être éloigné de la ville, il avait en retour, remarquait M" Duchesne, « moins de chaleur que Saint-Louis, moins de moustiques et de maringouins, moins de visites de parents et de soriies d'enfants !, » Dès le mois de mai 1820, M"° Audé faisait savoir en France que le pensionnat comptait vingt.et une élèves, dont la moitié environ était de la congrégation des Enfants de Marie. — « Ici nos pensionnaires vont bien mieux qu’à Saint-Charles, » écrivait M" Duchesne dès novembre précédent ?. Elle racontait, dans une autre lettre, des traits d’humilité dont le courage faisait son admiration. Telle grande jeune fille allait de son propre mouvement se jeter aux genoux de sa compagne en plein réfectoire, et lui demander pardon d’avoir mal parlé d'elle; telle autre s’appliquait à reproduire la vertu de saint Louis de Gonzague ; telle encore à imiter le zèle de saint François Xavier. Chacune avait choisi son patron et son modèle, s’efforçant à l’envi de faire de Kleurissant une sorte de ciel sur la terre *.—« Nous avons aussi, écrivait M" Duchesne, quelques élèves protestantes qui paraissent bien disposées pour notre religion. Mais M' Dubourg est d'avis de prendre toutes les précautions, pour que les jeunes personnes restent maîtresses d’ellesmêmes quand elles font un pas de cette importance. » Plus tard, on adressa à M"° Barat une lettre rédigée par une des pensionnaires, et revêtue de la signature

1 Lettre du 10 mars 1821.

2 Lettre du 28 novembre 1819, 3 Lettre à Mme L. de Vidaud, 10 avril 1821,

de seize de ses compagnes, dans laquelle on disait : « Ma bonne mère, priez pour nous. Offrez-nous au sacré Cœur de Jésus, et priez-le qu'il nous y tienne si fortement attachées, que nous n’en puissions jamais sortir. » En tête des signataires, on remarque les noms de M': Mathilde et Eulalie Hamilton. Personne ne savait encore combien littéralement ce dernier souhait devait, peu après, s’accomplir pour les deux jeunes sœurs. :

C'était peu, en effet, que le désert fleurît, s’il ne donnait des lis aux autels de l’Agneau. C'est pourquoi, à côté de l’œuvre du pensionnat, on aspirait ardemment à en créer une autre : celle d'un noviciat. A l'appui de.ce projet, M" Duchesne aimait à citer l'exemple d’une congrégation, fondée sur ce même sol par une sainte veuve, dont elle célébrait les vertus. Rapportant les fruits que portait cet Institut à Philadelphie, à New-York ct au Kentucky, elle écrivait : « Leur couvent contient aujourd’hui cinquante religieuses ou novices, et soixante pensionnaires. Elles ont pris les règles des Sœurs de la Charité, avec un costume approchant du nôtre. » Celle dont parle cette lettre n’était autre que l’illustre Élisabeth Seton. Morte au mois de janvier 1821, elle achevait sa mission aux États-Unis, au moment où M"° Duchesne inaugurait-la sienne, lui léguant un exemple que celle-ci était impatiente de suivre

Cette création d'un noviciat était d’ ailleurs l'objet des instructions incessantes que M"° Duchesne recevait de Paris : « Il est absolument nécessaire, lui écrivait la supérieure générale , que la première maison offre l’espérance et les moyens de devenir une maison mère, et

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