BESOIN DE L'ÉDUCATION
son origine, élait chez lui un obstacle à ce que, dès l'abord, on appréciât le bienfait de l'éducation, Les femmes, même les plus riches, élevées dans l’apathia la plus incurable pour tout ce qui tient aux choses de l'esprit et du cœur, une fois devenues mères, avaient peine à concevoir l'avantage que leurs filles pourraient retirer d’une culture soignée. — Je vous laisse à penser, continuait l’évêque, l’état de grossièreté où sont plongées celles de la classe inférieure et pauvre”. » En conséquence de cet état de choses, et pour y remédier, le pasteur demandait à M"° Barat de multiplier les foyers d'instruction dans son vaste diocèse, promettant qu'une prochaine transformation chez les femmes serait, Dieu aidant, le prix de l'éducation donnée par le Sacré-Cœur.
L'accueil presque triomphal que M# Dubourg 7enait de recevoir dans la basse Louisiane, avait fortifié:sn lui cette confiance. Il y eut plus : au cours de cette même tournée, la fondation d’une nouvelle maison d’éducation lui fut proposée. L'établissement se présentait dans des conditions tellement avantageuses, qu'il s'empressa d'en faire part à M"° Duchesne.
À trois cents lieues environ au-dessous de Saint- Louis, et à soixante lieues de la Nouvelle-Orléans, au sein d'un pays appelé les Opelousas, un terrain bâti était offert au Sacré-Cœur par une dame riche et pieuse. Le mari de cette dame, M. Charles Smith, catholique fervent, était venu du Maryland, vers 1803, s'établir en Louisiane, où il avait eu la joie de voir sa femme, Marie Sentee, une Pensylvanienne, jusqu'alors ardente
! Fleurissant, 30 octobre 1819.
anabaptiste, embrasser la vraie foi et s'associer désormais à toutes ses bonnes œuvres. C’est là qu'ayant acquis une grande fortune, M. Smith avait acheté un immense domaine appelé le Grand-Coteau, où il fit venir ses deux frères, qu'il établit près de lui, en leur donnent à chacun une habitation. Bienfaiteurs de la contrée , les époux y bâtirent d'abord une église. Puis bientôt ils comprirent la nécessité d'élever à son ombre deux maisons d'éducation, l’une pour les garçons et l'aute pour les filles. La mort surprit M. Smith avant l'exécution de ce dessein charitable ; mais sa femme, héritière de la moitié de sa fortune, s'était faite aussi l'héritière de ses entreprises pour la gloire de Dieu. C'est sur ces entrefaites que MS Dubourg, venu aux Opelousas, avait reçu les confidences et les propositions de la, veuve chrétienne. Celle-ci lui demanda donc de permettre, sur ses terres, la fondation d’une maison de religieuses où la jeunesse serait instruite, et où ellemèêrae pourrait se retirer et demeurer jusqu’à la fin de ses jours. D'ailleurs il était convenu que l’habitation, ies terres, le mobilier, le voyage , tout serait payé par elle; c'était un don sans réserve. M Dubourg, touché de reconnaissance, s’empressa d'accepter. Il indiqua tout de suite à la donatrice les dames du Sacré-Cœur comme devant répondre à ses intentions, se chargeant de demander et promettant d'obtenir l’assentiment de la supérieure générale et de la mère Duchesne.
Rien n’était davantage selon les vœux de cette mère. Elle-même en écrivit à M"° Barat dans ces termes solennels : « Les avantages de cette fondation ne se retrouvent pas en cent ans, dans un pays comme celui-ci. » Et dans une autre lettre, parlant du Grand-Coteau :