‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 158 sur 270 · RÈGNE DE JÉSUS AU GRAND-COTEAU · texte numérisé non relu

RÈGNE DE JÉSUS AU GRAND-COTEAU

celle réponse dans le moment où elle souffrait le plus et pour le corps et pour l'âme !. »

Ajoutons que le Grand-Coteau ne tarda pas à fournir, lui aussi, son contingent à la petite armée expédilionnaire. Deux novices, M"* Gérard et Carmélite Landry, y prirent l'habit, la première en la fète du Sacré-Cœur, la seconde en la fèle de saint Ignace, 31 juillet 1822, « La bonne sœur Mary Layton a aussi fait ses premiers vœux, le jour du Sacré-Cœur, avec la permission de ma bonne mère Duchesne, écrivait M"° Audé. C’est vraiment une cire molle entre les mains de ses supérieures, et pour l'ouvrage elle est infatigable. Elle sert les enfants à table, mange dans un coin comme une pauvresse; jamais une plainte, un murmure, une réponse même la plus légère ?. » Enfin, dans une autre lettre : « Toutes nos religieuses font ma consolation par leur dévouement, leur obéissance et leur union. Cette parole : Oui, ma mire, est la réponse à lout, et je sais que c’est la réponse du cœur. »

Son devoir, surtout son cœur pressaient M"° Duchesne d'aller voir de ses propres yeux cet établissement, qu’elle ne connaissait encore que par correspondance : « Je désirais ce voyage surtout depuis la maladie de Mme Audé, dit-elle dans une lettre. Au retour de Monseigneur , je vis de nouveau qu’il élait nécessaire : il fallait du secours. » L'évêque, en effet, étant venu, le 2 juillet 1822, rendre compte à M"° Duchesne d'une visite qu'il venait de faire aux Opelousas, demanda que deux religieuses du noviciat de Fleurissant, M"° Joséphine Saint-Cyr et Mary Mullamphy, y fussent en-

! Grand-Coteau , 26 juillet 1822.

? Grand-Coteau, 26 juillet 1822.

voyées immédiatement. La mère Duchesne se décida à les accompagner. Prenant donc avec elle ces deux jeunes religieuses, ainsi qu'une pensionnaire, M'° Thérèse Pratt, restée très-affectionnée à M"° Audé, elle s'embarqua pour un voyage dont elle n'envisageait que l'utilité pour sa mission et la consolation pour ellemême, sans en pouvoir pressentir les tribulations.

Il faut raconter, dans un chapitre à part, ce voyage, cette visite, ce retour où elle déploya , au sein de périls extrêmes, une force surhumaine qui fait de cet épisode la page héroïque de l’histoire de M"° Duchesne.

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