‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 17 sur 270 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

tances et les tempêtes , les maladies et les fléaux ; les pertes cruelles , les séparations , les abandonnements; les longs insuccès, la pauvreté, la faim; les désolations du dedans et les désastres du dehors, s'accumulant les uns sur les autres, ne peuvent atteindre jusqu’à l’inexpugnable hauteur où sa confiance en Dieu a placé son séjour. En effet, « Dieu est en elle; qui pourrait l’ébranler ? » Tel est le secret de cette force. Au foyer de ce grand cœur brûle un feu dont la chaleur, se tournant en énergie pour le service de Dieu, lui imprime ce mouvement qui donne le branle ‘à tout, en elle et autour d'elle. C’est l’amour de Jésus-Christ, de son Cœur, de son Évangile et de sa sainte Église. C'est l'amour de son autel, de son Eucharistie, dont l’ardente passion, satisfaite ou contrariée, produit tour à tour son délice ou son tourment. C’est l'amour de sa croix. La croix est le grand levier qui doit lui servir à tout soulever vers le ciel. Elle le sait; Dieu lui a dit, comme jadis à son apôtre : Je lui montrerai combien elle devra souffrir pour la gloire de mon nom. Et voilà pourquoi elle ne cesse de répéter avec saint Paul : C’est dans l’infirmilé que ma puissance réside. Elle saura donc souffrir comme elle a su agir, et la victime n’est pas moins admirable en elle que le héros. D'ailleurs, souffrant constamment , elle souffre joyeusement. Dans cette vie douloureuse de plus de quatre-vingts années, on ne surprendrait pas une heure de découragement. Du sein de toutes les

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