‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 180 sur 270 · DÉVELOPPEMENT DE L'APOSTOLAT · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE L'APOSTOLAT

cateurs, de curés et de missionnaires, qui, fidèles au souvenir de leur point de départ, garderont jusqu’à la fin et lègueront à leurs successeurs l'habitude de se retourner vers le Sacré-Cœur, pour le bénir du bienfait qui leur ouvrit naguère le chemin de cette conquête : Mon cher fils, écrivait saint Jean à Gaius, je me réjouis d'apprendre que vous avez fait bon accueil à nos frères étrangers et voyageurs. En les recevant ainsi, vous éles devenu vous-même leur collaborateur dans l’œuvre de la charitét, Une pareille collaboration à l'œuvre de l'Évangile restera l'éternel honneur de M"° Duchesne.

Tandis que les Jésuites évangélisaient ainsi les rives du Missouri, les Lazaristes, chargés des bords du Mississipi et de la rivière Blanche, établissaient leur quartier à la Prairie-du-Chien, au centre des Indiens, à trois cents lieues de Saint-Louis. — Leur séminaire de Barreins devait fournir un jour jusqu'à cinquante prètres à l'Église de ce pays. Il fit plus d’ailleurs que de lui donner des prêtres, il lui donna un évêque. « Nous apprenons, rapporte le journal de M"° Duchesne , à la date du 6 février 1823, que M. Rosati, supérieur des Lazaristes, est nommé coadjuteur de M Dubourg. Il nous demande des prières, sans nous dire pourquoi. » M" Rosati, sacré le 25 mars 1823, était destiné à la résidence de Saint-Louis, tandis que son évêque continuerait à siéger à la Nouvelle-Orléans. C'était en réalité un second évèché qu’on venait de créer.

D'autres allaient être pareillement érigés ailleurs, comme nous le raconterons. Ainsi parmi les périls , les contradictions, les désolations que nous avons décrits,

! Saint Jean, Épître nr, 8.

cette Église s'édifiait. Parmi les cris de détresse des ouvriers apostoliques succombant sous le faix, et derrière cette poussière des échafaudages qui masquent l'édifice, les pierres de la Cité sainte montaient graduellement ; et si l'ouvrage n’en est encore qu'à ses premières assises, du moins les fondements en sont jetés profondément, et nous pouvons déjà saisir le plan d'ensemble de la construction.

C'était alors l'objet de la contemplation, de l'admiration et de l'attente joyeuse de l'Église tout entière. Tous les yeux des catholiques se tournaient de ce côté, et le Conseil central de la Propagation de la Foi consignait en ces termes, au premier volume de ses Annales, son intérêt et ses vœux pour cette terre promise où coulaient des fleuves de grâce : « De grandes destinées s'y préparent pour la religion. Songe-t-on bien que l'on pourrait former dans cetle contrée une seconde Europe catholique, qui dédommagerait l'Église des pertes de l'ancienne? Peut-être avant un siècle ces solitudes auront-elles cent millions d'habitants! Seront-elles l’héritage de la vérité ou de l'erreur? Grand sujet de méditation pour quiconque a le zèle du salut de ses frères! Déjà les vues de Dieu semblent se manifester. Un évêque, puissant en œuvres comme en parole, s'y esl déjà créé comme un royaume spirituel; et ce n’est que le prélude de ce que la Providence prépare à ce pays. Ainsi, grâce aux secours de la Propagation de la Foi, la France chrétienne étendra au loin son influence. Ce sont là les grandes conquêtes, c’est la domination qu'il faut ambitionner !. »

1 Annales de la propagation de lu Foi, 1.1, p. 5, fin.

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