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CHAPITRE X

FONDATION A BAYOU = LA = FOURCHE RETOUR ET FONDATION A SAINT -CHARLES VISITE DE MM° DUCHESNE AUX MAISONS DE LA LOUISIANE LE CONSEIL DE SAINT = MICHEL

Deux œuvres, deux fondations achèvent ce que j'ai nommé la période de conquête, dans la vie apostolique de M"*° Duchesne. La première n’est qu'un essai, inspiré par son amour de la vie pauvre, abjecte et laborieuse. La seconde est un retour spontané, désiré vers son point de départ; et toutes deux, bien qu'avec des succès différents, portent le sceau du grand-cœur de la servante de Dieu.

Depuis quelques années, existait dans un bourg nommé Bayou-la-Fourche, à deux lieues environ de la Nouvelle-Orléans, une communauté de religieuses enseignantes, que M. l'abbé Nérinckx avait établie d'abord à Loreto dans le Kentucky. On les appelait pour cette cause les sœurs Loretaines; mais leur nom véritable était les amantes de Marie au pied de la Croix, ou, par:

abréviation, les Filles de la Croix. Ce nom, elles le justifiaient par une vie crucifiée, qui faisait à la fois l’admiration et l'envie de M"° Duchesne. Elle-même en trace ce tableau dans une de ses leltres : « Ces sœurs sont très-austères. Elles sont entièrement voilées, vont nu-pieds, font les gros travaux, labourent, sèment, fauchent, coupent le bois, soignent les chevaux, etc. Elles ont déjà plusieurs maisons, et, en peu d'années, le nombre de ces religieuses s’est élevé jüsqu’à cent. Elles instruisent les pauvres, les forment au travail et font beaucoup de bien. Elles aspirent déjà à la mission des Osages pour l'instruction des filles; et je vois qu’elles nous devanceront pour beaucoup de bonnes œuvres que nous ne pourrons que désirer, leurs usages s’adaptant à la pauvrelé et aux usages du pays. A toutes les demiheures on sonne pour averlir de dire ces paroles : « O Jésus souffrant! Ô Vierge douloureuse! » A d’autres heures loutes chantent à la fois les mêmes cantiques, mais sans quitter leurs différentes occupations, l'une au bûcher, l’autre à la cuisine. La première maison de ces sœurs dans notre diocèse sera aux Barreins. De là elles se répandront !. »

L'établissement des Filles de la Croix à La Fourche, dirigé par M. l'abbé Bigeschi, curé de l’Assomption, se composait, en juin 1827, de neuf religieuses préposées à une petite école qui ne comptait encore que neuf pensionnaires. Altribuant ce peu de succès à l'ignorance où les maîtresses étaient de la langue française, universellement parlée dans le pays, M Rosati fit demander au Sacré-Cœur de prendre la direction de la

1 Fleurissant, 20 mai 1823. V. Annales, t, L, 5e cah., p. 66. Lettre de M. Odin, 1822 et p. 76.— 2 août 1823. — Jiem, M. Badin, 1er cah., p. 31.

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