‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 203 sur 270 · RÈGLE POUR LES ÉLÈVES PROTESTANTES · texte numérisé non relu

RÈGLE POUR LES ÉLÈVES PROTESTANTES

les champs, M"° Barat répondit : « On a la permission d'aller dans un bois sans clôture, pour la promenade. » Mais une autre lettre stipulait que cette permission n'était que temporaire : « La clôture ayant été aussi réclamée aux Opelousas, je laisserai maintenant cet article in statu quo. Nous y reviendrons à l’époque de notre conseil général !. »

Remarquons, en passant, qu’au milieu de ces soucis du gouvernement, les tendresses de la charité ne perdent pas leurs droits chez M"° Duchesne. Le même cœur que nous avons vu débordant de maternelles et délicates affections pour M"° Audé et M"° Murphy, s'inquiète en outre du sort des sœurs coadjutrices; elle s'afflige de les voir, logées cinq ou six ensemble, coucher dans des chambrettes glaciales et sous le toit. Elle redoute qu'elles n’y prennent mal, et elle presse pour qu'on leur donne de meilleures cellules. Cette femme, toute de fer pour la régularité de l’observance religieuse et l'intégriié de l’honneur de Dieu, est toute mansuétude pour celles de ses sœurs qui lui rappellent le mieux Jésus, son divin Époux, couché dans une étable.

Un rapport circonstancié sur le Conseil de Saint-Michel et la visite de la mère Duchesne fut envoyé par elle à M"° Barat. Celle-ci ne pouvant, à cette grande dislance, se rendre compte de la position de sa représentante, s’étonna qu'une si sage et si forte visitatrice n’eût pas agi, avec ses filles, plus résolûment et plus complétement. Elle lui en écrivit cordialement sa pensée, à sa douce manière : « Sans doute, ma chère fille, votre voyage aura fait du bien; mais il en aurait

! Art. 18 de la lettre du 14 février, et lettre du 2 juillet 1830.

fait davantage si,.en suivant le plan que je vous avais tracé, vous eussiez tenu un conseil dont vous eussiez été présidente, et qui eût décidé, à la pluralité des voix, tels ou tels articles tendant à la régularité et à l'uniformité. Vous avez bien réglé l'essentiel; mais il me semble qu'il reste encore beaucoup à faire. »

Ce bien qui restait à faire, l'esprit judicieux de M": Barat entrevit de quelle sorte elle le pourrait procurer plus efficacement. IL était dans la destinée de sa chère Philippine de tenter les hasards d’une mission inconnue, de se trouver la première en face des difficultés du gouvernement comme de toutes les autres, de se mesurer avec elles, de s’y heurter, de s'y'briser, en s'y meurtrissant. Mais l'effet de ses expériences étail d'éclairer les autres, et de leur montrer la voie différente et meilleure qui devait mener au but. Ce but était celui que, dans la même lettre, la supérieure générale indique, quand elle dit : « Il faudra absolument avoir pour la Louisiane une provinciale qui ait des pouvoirs particuliers et généraux, pour agir là selon le besoin. L'éloignement où je suis de vous peut nuire au bien, puisqu'il vous faut attendre une réponse souvent plus . de trois mois. Nous. verrons, avec le temps, ce qu'il conviendra de régler !. » Le conseil général de 1833 résolut le problème, ainsi que nous le raconterons.

Toute cette situation faisait d'autant plus aspirer Mre Duchesne à retrouver, dans le Nord, sa vie de recueillement comme de pauvreté : « Je ne sais, écrivit-elle à la mère générale, je ne sais si Dieu agréera mon voyage, que votre volonté seule m’a rendu agréable.

1 Paris, 14 février 1830,

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