‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 208 sur 270 · ELLE OBTIENT D'ÊTRE DÉCHARGÉE · texte numérisé non relu

ELLE OBTIENT D'ÊTRE DÉCHARGÉE

croix, chère Philippine! dit-elle en terminant; elles augmentent tous les jours. Il me semble que Dieu n'agit ainsi que pour nous détacher de la terre, nous purifier et nous réparer au passage de l'éternité... Qu'il en soit donc béni! » |

La réponse de M"° Duchesne fut aussi simple et sereine que l'avait été la lettre de sa supérieure. Ces affaires de la terre semblaient, entre elles deux, se traiter dans le ciel: « J'ai reçu votre lettre du 30 novembre, dans laquelle vous me parlez de votre nouveau plan pour la maison de Saint-Louis. La disposition que j'ai à la bassesse me fera trouver bonnes loutes les situations, pourvu que je ne sois pas désœuvrée ; et même, s'il faut l'être, je pense encore que Dieu me fera la grâce de le supporter. Je suis pleinement persuadée que je n'ai pas les qualités pour le gouvernement; et, depuis longtemps, une de mes plus ardentes prières est pour obtenir celle qui doit venir, celle qui, j'espère, fera fleurir la régularité et gagnera tous les cœurs ‘. »

Tout semblait terminé par cet acquiescement. Mais le doute, le regret peut-être, restaient encore au cœur de la mère Barat. Dans son incertitude sur le parti à prendre, elle s'était réservé une dernière ressource : c'était de subordonner sa décision à celle de l'évêque de Saint- Louis : « Vous consullerez M Rosati, à qui j'en réfère, avait-elle mandé à M"° Duchesne, et je vous prie de suivre son avis *. » L'avis très-net de l'évèque était qu’elle restât à son poste de commandement, mais il n'en dit rien à M"° Duchesne : il se contenta de lui répondre qu’il allait en écrire à la supérieure générale,

1 Saint-Louis, 4er février.

? Paris, 30 novembre 1831,

‘424 HIETOIRE DE MADAME DUCHESNE ét qu’en attendant ses ordres définitifs, il ne fallait rien changer !,

Nous avons cette lettre de M” Rosati à M"° Barat, C'est un beau monument de l'élévation de ses vues, et un nouveau témoignage de la vénération qu'inspirait à tous la sainteté reconnue de la grande missionnaire : « Madame, disait-il à la supérieure, après avoir mûrement réfléchi sur le plan que vous daignez me soumettre, j'ai prié M" Duchesne d'en suspendre l'exécution jusqu’à votre réponse... D'abord, je ne crois pas qu’une autre quelconque de vos dames puisse jouir de Ja confiance que M"° Duchesne obtient justement ici. Tous ceux qui la connaissent la respectent et la vénèrent à cause de ses vertus, qui, jointes à son âge et à l’expérience acquise par un long séjour dans ce pays, la font véritablement considérer de tout le monde. Il y a peu de personnes que je vénère autant que celle sainte religtieuse, qui a l'esprit de son état, et qui, dans bien des occasions qui me sont connues particulièrement, m'en a donné les preuves les plus évidentes. » Le reste de la lettre était une éclatante justification de M"° Duchesne, « qui, au lieu d’être blâmée de son administration, devait plutôt être plainte. » Enfin comme conclusion: « Celle de vos religieuses que vous mettriez à la place de M"° Duchesne ne serait pas en élat de la remplacer... Suivons donc la conduite de la Providence, elle ne manquera pas de nous soutenir ?. »

Cette lettre de l'évèque et celle si soumise de M" Duchesne ne parvinrent à M" Barat qu'au commencement de mai. Ce lui fut une lumière et un soulagement.

1 Mme Duchesne, lettre du 1er février 1832, ? Saint-Louis, 4er février 1832,

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