‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 213 sur 270 · SOUFFRANCES DE MADAME OCTAVIE · texte numérisé non relu

SOUFFRANCES DE MADAME OCTAVIE

déplorable. Elle a maintenant deux plaies, l'une sur l'os du cou, l’autre sur l'épaule, qui lui rendent tout mouvement douloureux... Elle fait cependant ses classes ‘avec un grand courage, et croît sensiblement en toutes vertus ‘, » — Et quelques jours après: « La pauvre Octavie s’en va, à notre grand regret. Deux plaies à la poitrine et une fièvre lente ne laissent plus d'espoir. Mais plus son corps s’affaiblit, plus son âme sensible et reconnaissante s'attache à son Époux, et se sacrifie comme lui sur le lit de douleur ?. »

L'union à Dieu, une union tour à tour bienheureuse et douloureuse, était donc à la fois le remède et le prix de cette immolation:« Pour moi, écrivait-elle à Me Barat, je me sens intérieurement portée à m’unir à Dieu. Depuis six mois surtout, il m'attire beaucoup à cette vie divine. Quelquefois le poids de sa grandeur et de son infinie sainteté m'accable, en me découvrant l'horreur de mon âme. Je ne sais alors où me cacher pour me dérober à la lumière qui me poursuit ; et je voudrais m'’ensevelir sous terre, et me mettre sous les pieds de toutes les créatures : il me semble que cela me soulagerait. D'autres fois, auprès du saint Tabernacle, même parlout ailleurs, aux enfants, au réfectoire, dans la chambre où je couche, je sens une empreinte presque sensible de la présence de Dieu... Cet état dure souvent deux, trois, quatre, même cinq jours, et c’est presque toujours pour moi le prélude de nouvelles souffrances corporelles.. Alors je m'offre à souffrir davantage, et je goûte une paix préférable à mon premier état. Comme

| | | 1 Saint-Louis, 25 août 1828.

? Fleurissant, 25 septembre 1828,

cet état est sujet à des illusions, je ne laisse rien ignorer au Père Van Quickenborn. Je reviens d’auprès de lui avec une bonne humiliation : c’est toujours autant de gagné !. »

Ce père « la menait donc par la voie du détachement », c’est son expression. Altérée de Dieu seul, la sainte’ victime avait demandé à son guide d'opérer en elle la destruction du moi, en lui refusant toute salisfaction. Les rudesses du directeur, tel que nous le connaissons, ne répondaient que trop à. ses généreux désirs. Mais toute souffrance disparaissait pour elle dans le sentiment de l'amour de Jésus crucifié, comme elle écrivait à M"° Barat : « Ne croyez pas que je souffre.Oh! que je suis heureuse de me sentir, pour ainsi dire, tomber en lambeaux, et d'aller bientôt me réunir au centre de mon bonheur, mon Sauveur, mon Dieu, mon Tout! Quelquefois je lui dis : « Mon Dieu, soyez béni mille fois de me faire souffrir ! » D’autres fois, il est vrai, je verse quelques larmes en disant:« Mon Dieu, ayez pitié de moi! » tant je suis faible, quand le Seigneur me retire la touche de sa grâce. »

M"° Barat répondait à la chère victime pour la forlifier et la consoler. Surtout elle lui montrait de quel prix ses souffrances pouvaient être pour les novices dont elle était chargée : « Ma bonne Octavie, j'espère que le Seigneur vous soutiendra encore quelque temps dans la souffrance, et c'est précisément celte souffrance qui attirera ses bénédictions sur les âmes que vous cultivez. Soyez done bien fidèle, ma fille, et pensez souvent que vous ne pouvez assez donner à un Époux

Fleurissant, 2 juillet 1828, Recueil, p. 416,

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