‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 228 sur 270 · SON AMOUR POUR L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

SON AMOUR POUR L'ÉGLISE

velles de Rome, nous écrit-on d'Amérique, mais elle n'y lisait jamais d'autre article. En récréation, elle avait habituellement quelque chose à dire du Saint-Père, de Rome et de la Société : tout autre sujet était sans intérêt pour elle. Elle ne parlait jamais qu'avec dévotion du Souverain Pontife, qu'elle appelait avec amour : notre Jésus sur la terre, » Sa lecture de prédilection était le recueil des Annales de la propagation de la Foi. Aussitôt qu'elle les connut, elle les voulut recevoir, elle en encouragea et propagea la traduction: c'étaient, lui semblait-il, les Actes des Apôtres qu'elle voyait renaître sous cette nouvelle forme.

Mais dans ce grand amour embrassant l'Église entière, le premier intérêt de M"° Duchesne se portait sur l'Amérique. Le progrès continu qu'y faisait le catholicisme devenait son propre triomphe. Le premier concile de Baltimore en avait été le signal. Les conciles qui se succédèrent périodiquement accélérèrent ce mouvement. Le Missouri, un moment désorganisé par le départ inopiné de M* Dubourg, s'était reconstitué : « Quel bonheur, écrivait M Rosati dès 1833, quel bonheur pour moi de pouvoir vous annoncer que, grâce aux bienfaits de la Providence, je puis compter dans mon diocèse quarante prêtres, deux colléges très-florissants, un séminaire, un hôpital, deux maisons d’orphelins, neuf communautés de filles vouées à l'éducation, et plus de vingt églises !. »

En effet, Saint-Louis possédait depuis 1831 un collége de jésuites, sous la direction du P. Verhaegen, un des anciens novices de la ferme de Fleurissant. Saint-

{ Annales de la propagation de la Foi, t. VII, p. 197.

Charles, Dardennes, le Portage des Sioux, ne suffisaient plus au zèle des Pères missionnaires. Autour d'eux Eroye, la Nouvelle-Londres, Palmyre, la prairie de Hautcocq, Maramée, Fulton, Côte-Sans-Dessein, Jefferson, Colombia, Franklin, Boonsville s'étaient peuplés de catholiques auxquels ces missionnaires allaient distribuer la parole de Dieu: « Tous les jours, écrivait l'évèque de Saint-Louis, nous voyons arriver ici des chariots chargés d’émigrants, avec leur mobilier, leurs femmes, leurs enfants, suivis de chevaux et souvent de bestiaux qui viennent de plusieurs centaines de lieues. Les émigrants catholiques forment ainsi des paroisses qu’il faut aller visiter. »

Plus loin les missionnaires s'étaient élancés à la conversion des sauvages. Les uns, comme le P. Van Quickenborn, s'étaient cantonnés parmi les Osages, où 1ls arboraient la bannière de Marie, dessinée et peinte par Mr° Duchesne. « Il serait aisé d’avoir là, disait ce Père, un établissement pour l'éducation des filles. Les dames du Sacré-Cœur y travailleraient avec fruit !. » D’autres s'étaient enfoncés dans les forêts des Tétes-Plates, au delà des montagnes Rocheuses, aux sources du Missouri, à plus de cinq ceris lieues au-dessus de Saint- Louis: « Si Dieu nous envoie des secours, écrivait le P. de Theux, je ne doute pas que la Société de Jésus ne fasse pour le bien des Indiens du Missouri ce qu’elle fit autrefois pour les Indiens du Canada et du Paraguay. »

L'Amérique tout entière entrait dans ce mouvement. L'Église ne procédait plus à sa sainte mission par des efforts isolés et individuels, mais par des institutions

1 Annales, 1. 111, p. 512; t. IV, p. 572 et 589.

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