‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 24 sur 270 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Suivant cette loi que plus un peuple possède de liberté politique et civile, plus il lui faut le contrepoids de l'autorité morale, la démocratie américaine appelle comme modératrice une puissance divine qui lui dénonce ses devoirs à côté de ses droits. Or seul le catholicisme peut commander à la conscience, parce que seul il parle au nom de dogmes infaillibles et avec la sanction d’espérances certaines. Ainsi, au sein de l’absence presque totale de discipline qui menace d’anarchie et de dissolution cette grande Babel où l’on ne se comprend plus, le catholicisme sait une langue et dispose d’une force qui peuvent tout réunir, non-seulement dans l’ordre religieux, mais dans l’ordre social.

* Enfin, l'Amérique a besoin de sainteté et de charité : le catholicisme est l’une et l’autre. Sainteté, seul il peut rendre aux mœurs leur pureté, au foyer sa décence et sa stabilité, au mariage son honneur et sa fécondité, aux contrats leur probité, à la famille son respect, son lien et son bonheur. Charité, seul il peut faire régner le respect de l’homme, pacifier et refréner les masses ouvrières, fusionner les diverses nationalités, réconcilier le Nord et le Sud, rapprocher le noir et le blanc; enfin ; « faire pour l’âge futur de l’Union américaine ce qu'il a fait jadis pour l’Europe du moyen âge, au lendemain de la chute de l’empire romain et après la dislocation de l'empire de Charlemagne :. »

Si cela doit être, Dieu le sait; mais ce que nous

1 M, Claudio Janet, les États-Unis contemporains, ch, xvine et passim.

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