‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 60 sur 270 · LA COMMUNAUTÉ DES NOVICES · texte numérisé non relu

LA COMMUNAUTÉ DES NOVICES

nouvelle venue, était à la tête de la classe des pauvres, où la remplaça bientôt M" Geneviève Deshayes, qui arriva d'Amiens. Chacune travaillait beaucoup; et depuis le lever, qui était à cinq heures, jusqu’au coucher, qui était à dix heures moins le quart, il n’y avait qu'une demi-heure de récréation. M" Duchesne surtout se mullipliait. Oubliant les avantages que son âge et ses droits lui conféraient dans la maison, elle ne voulait plus être qu’une enfant dans la main de sa jeune supérieure. « Elle se sentait attirée, raconte une de ses premières et plus chères compagnes, par le charme de la douceur de sa nouvelle mère, qui cherchait un cœur pur pour se l’attacher en Jésus. De son côté, notre mère connut tout de suite la grandeur et la générosité de cette âme. Il se forma ainsi entre elles ‘admirable liens, comme votre amour seul sait les ormer, à mon Dieu!»

Ce lien fut premièrement une union de prière. La rière, l’adoration, l'union à Jésus-Christ étant la fin rincipale, essentielle de l'Institut, l’ancienne Visindine retrouvait au Sacré-Cœur l'exemple et l’enouragement de ses ardents amours pour le Taberacle. Elle aimait à contempler sa sainte supérieure enouillée dans le chœur, au lieu même où l’on disait ue M de Chantal avait coutume de se mettre. Elle plaçait de l’autre côté pour s'unir à sa prière. « Mais, sait-elle humblement, je sens que Notre-Seigneur st si bien avec elle, qu’il n’a guère envie de s'occuper moi. »

À une oraison habituelle, M" Duchesne joignait une

1 Récil aulographe de la mère Thérèse, p, 63,

impitoyable morlification, jetant dans ses aliments de l'absinthe hachée ou d'autres plantes amères, en union avec Jésus abreuvé de fiel et de vinaigre. M"° Barat s'élait bien réservé de l'en empêcher quand elle la À surprendrait ; mais quoique assise à table auprès de sa î novice, elle était tellement abîmée en Dieu, qu'elle ne s’apercevait de rien, au grand contentement de M"° Duchesne. C'est à ce sommeil mystique que celle-ci fit M allusion plus tard, quand, à la veille du départ de sa supérieure, elle écrivit à la place que M"° Barat occupait ordinairement ces paroles du Cantique : Adjuro vos, filiæ Jerusalem , ne suscitelis neque evigilare facialis dileslam , donec ipsa velil!,

À ces austérités extérieures et corporelles, ce que M M'"° Barat préférait pour sa novice, ce qu'elle lui M faisait considérer comme l'essence mème de la vie 4 chrétienne et religieuse selon le Sacré-Cœur, c'étai M la mortification intérieure des passions, le calme, h M douceur, particulièrement parmi les contradictions in-# séparables du travail d’une fondalion. Elles étaieni# vives alors; on semait contre la maison, les maîtrescik et la règle mille bruits calomnieux. M"° Duchesn# s’indignait. « On ne put, écrit-elle, se taire sur cell maison. La honteuse jalousie, la malveillance, l'irré —ligion osèrent attaquer la pure vertu de personnë courageuses , qui avaient quitté le sein de la trark .quillité et du bonheur pour courir le; hasards d'u nouvel établissement, parce qu'elles y avaient « trevu la gloire de Dieu et sa volonté. On eut l'ind .gnité de les nommer des filles pénitentes, de rend

1 Filles de Jérusalem, ne réveillez pas ma bien = “aimée, jusqu 4 qu’elle-même le veuille, (Cant., 11, 5.)

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