‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 79 sur 270 · A CORRESPONDANCE DE FAMILLE · texte numérisé non relu

A CORRESPONDANCE DE FAMILLE

lle paraît transportée !. » Restée seule à Grenoble, hilippine s’en dédommagea par une correspondance ussi suivie que possible avec ses sœurs, si tant est, outefois, que quelque chose puisse dédommager de ’absence. Et si parfois ce commerce qu’elle regarde omme un devoir vient à se ralentir, elle proteste que, u moins, le souvenir et l'affection ne s’attiédissent oint : « Ma position, chère sœur, m’impose de laisser ouvent mes devoirs personnels, pour remplir des deoirs qui me sont moins agréables. Je me repose d’ailurs avec confiance sur ton cœur, persuadée qu'il ccueillera toujours les expressions du mien, l'aitié étant, entre nous, sans méfiance comme sans serve ?. »

Une source d'affection jaillissait donc de ce cœur, ui, au premier aspect, semblait un rocher aride et erdu dans les hauteurs du seul amour de Dieu. Dieu, ailleurs, en était bien la règle comme le principe. Quand vous montez du monde à la vie religieuse, rit un récent auteur, n'aimez moins qui que ce soit. e supprimez aucune de vos affections légitimes ; seument, transformez-les toutes. Vous aimiez vos parents mme on aime sur la terre : aimez-les désormais comme aime dans le ciel *. » En vertu de cette loi, M"° Duesne aimait toute sa parenté comme Dieu veut qu'on ime lui-même, de tout son esprit, de toute son âme, de toutes ses forces.

M"° Duchesne aimait les siens d’abord de tout n esprit, leur servant de conseil, de lumière et de

À Mre Jouve; Recueil, p, 9, Grenoble, 10 janvier 1810, Mer Gay, Vie et vertus chrétiennes, t, IT, ch, xv, p. 442.

guide. Que de fois, dans ses lettres, nous voyons nonseulement les femmes les plus vénérables, mais les hommes les plus marquants de la famille Duchesne, les Périer, les Rollin, les Jordan, se rendant à Sainte- Marie-d’'en-Haut, pour aller chercher auprès de Phi. lippine des lumières que l’on aime à demander spécialement aux âmes placées plus haut que terre, dans le voisinage de Dieu! « Camille Jordan a eu l'attention de venir me voir hier, écrit Philippine; cette visite m' été très-agréable. Il m'a confirmée dans ce qu’on m' souvent dit du zèle, de la piété et des talents de soi frère Noël'. » Le nom des Jordan se retrouve souvenl dans ses lettres. Lorsque, plus tard, Camille portait à h tribune la profession de nobles convictions religieuses, trop souvent noyées dans de brillantes erreurs, l’élo quent député se souvenait-il alors de la sainte de « famille, et des pieux entretiens de Sainte-Marie-d'er Haut ?

Mwe Duchesne aimait les siens de tout son cœur, s'a sociant à toutes leurs joies pour les partager, à toutes leurs douleurs pour les consoler. M"° de Mauduit, « sœur, est-elle menacée de perdre un jeune fils, dansh fleur de l'espérance : « Ma très-chère amie, lui écii Philippine, j'espère qu’en jelant tes inquiétudes da le sein de Dieu, il ne permettra pas que tes épreuvi passent tes forces; et au moment où tu te croiras le plis plongée dans la douleur, il t'en relèvera pour L'établ! dans la paix. Il a fallu, parce que tu élais agréable Dieu, que tu fusses éprouvée. L'état d’Adrien m'affecte

1 Muwe Jordan, mère de Camille Jordan, était la sœur de Mme Duches mère de Philippine, = M, Noël Jordan mourut curé de Saint-Polyear|t a Lyon,

Page 1