‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 83 sur 270 · PIE VII BÉNIT SAINTE-MARIE · texte numérisé non relu

PIE VII BÉNIT SAINTE-MARIE

même pape, rélabli sur son trône, une nouvelle et féconde bénédiction |

« Tu auras su tous les détails du séjour du pape ici, écrivait-elle à sa sœur. Cette visite involontaire du pape a fait partout l'effet d'une mission : il y a plus de confessions et de foi partout où on l'a vu. » Puis, appréhendant que les violences envers le Souverain Pontife ne fussent le prélude d'une persécution de l'Église en France : « Dieu a liré le bien du mal, ajoute-t-elle. La longue expérience que nous avons de ses bontés nous fait espérer qu'il arrètera les effels de sa justice, el qu'il ne nous punira pas jusqu’à la fin, » Et comme M°° Jouve , sa sœur, lui offrait un asile en cas de proscription , Philippine lui fit cette belle réponse : « En te remerciant de ton zèle prévoyant pour nous, nous restons tranquilles, vivant au jour le jour. Nous sommes les enfants de la Providence. Dieu a fait croître cette maison, sans moyens apparents : s’il la détruit, il est le maître; nous vivons en sûreté !, »

Jamais, en effet, cette maison de Sainte-Marie n’avait tant réjoui le cœur de M" Duchesne qu'à l'heure où la missionnaire demandait et s’apprètait à briser ce cher lien, pour l'amour de Dieu.

D'abord, du côté de la communauté, l'arbre du Sacré- Cœur poussait, à Sainte-Marie, de nombreux et riches rejetons. Nous y voyons entrer, dans cette dernière période, M"° Louise de Portes, M"° Christine de Crouzas, M"° Angélique Lavauden, toutes trois femmes de mérite, qui prononcèrent leurs vœux ensemble, le jour de la fête de saint Jean l’évangéliste, 27 décembre 1812.

! Grenoble, 15 août 1809,

Une humble sœur, la sœur Chatain, vint aussi dans le même temps inaugurer à Grenoble sa longue carrière de dévouement à la Société. Une autre, la mère Chauvin, passait pour une sainte. Chargée de la lingerie , elle ne se rebutait de rien, trouvant toujours moyen, quelle que fût sa pénurie, d’accommoder tout le monde. C'était Notre-Seigneur qui lui inspirait sa douce charité, car il se plaisait singulièrement en elle. Un jour, un aumônier ayant remarqué, à plusieurs reprises, qu'au moment de la communion, la sainte hostie s’échappait de ses mains pour aller se placer d'elle-même sur les lèvres d’une religieuse, s’informa de son nom : on reconnut que c'était la bonne mère Chauvin.

Entre la communauté et le monde se plaçait, comme un intermédiaire obligeant, une sainte veuve séculière qui, retirée à Sainte-Marie, secondait les maîtresses au dedans et au dehors de l'établissement. C'était M"° de Vaulserre, dont la famille, distinguée par son dévouement au pape, avait eu autrefois l’honneur de recevoir, à Grenoble, le Souverain Pontife Pie VI, prisonnier. « Elle s'était chargée chez nous, dit M" Duchesne, d’une classe de vingt à trente pauvres filles qu’elle instruisait parfaitement, se chargeant en outre de parler aux parents de nos externes. Pleine d'humilité, M"° de Vaulserre s'appelait « le chien de la maison », regardant les autres, même les coadjutrices, comme bien au-dessus d'elle, cherchant partout le dernier rang, et parlant à toutes avec un ton de rabaissement admirable dans une personne distinguée par l'esprit, la naissance et l'éducation !. »

1 Journal, 12 février 1812.

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