‹ Histoire de mon temps 2e série, présidence décennale, Second EmpireChapitre 10 sur 28 · Don Léopoldo O'DoDnell • comté d6 LaceiiA, Ué an 1S · texte numérisé non relu

Don Léopoldo O'DoDnell • comté d6 LaceiiA, Ué an 1S

nements , quitta sur-le-champ la résidence de la

Graiijci où elle se trouvait alors^ et rentra le soir même à Madrid. Son premier mouvement fut de monter à cheval, d*aller au-devant des insurgiés et de traiter elle-même avec eux des griefs qu ils prétendaient avoir contre son gouvernement. Les ministres auxquels elle lit jiail de ce désir la dissuadèrent d agir avec cette noble fermeté. De leur côté ils cherchèrentà entrer en négociations avec O^Doni^ nell^ lui oiTrant de lui rendre la position militaire qu'il occupait auparavant^ mais ils exigeaient que le général Dulce dont la trahison était impardonnable fût remis entre les mains du pouvoir et les négociations échouèrent.

Le cabinet se trouvait dès lors dans cette alternativCf ou de se retirer devant rinsurrection^ ou de la combattre par les armes. Ce fut ce dernier parti qu'il adopta. Les troupes royales furent donc envoyées contre les généraux insurgés. La rencontre eut lieu à Vicalvaro, près de Madrid. Mais ce combat assez vif^ qui ne fut point une défaîte pour les troupes fidèles, ne fut point non plus pour elles une victoire décisive. L'armée d O'Donnell abandonna le champ de bataille tout en se retirant vers TAndalousie, lentement et en bon ordre. Le 7 juillet, le comte de Lucena publiait à Manzanarès un manifeste, dans lequel il faisait en ces termes un appel au parti progressiste : a Nous voulons la

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conservation du trône sans camarilla qui le déshonorera pratique rigoureuse des lois tondaaien taies, l'amélioration de^ lois d'élections et de presse^ la réduction des impôts fondées sur une stricte éeo- Domie«... la rélorme de la cenlraiisation, de façon à donner aux peuples Tindépendance locale nécessaire pour la gestion de leurs intérêts propres et^ comme garantie de tout cela^ nous voulons rétablissement sur de solides bases de la milice nationale* »

Cependant une colonne expéditionnaire, commandée parle général Blaser, minibLre de la guerre, sortait de Madrid le 5 juillet pour se mettre à la poursuite des insurgés. Les populations civiles n'avaient jusque-là maniieste aucune sympathie pour ces derniers et elles demeuraient dans un calme qui donnait beaucoup de hardiesi-e au ministère, mais c'était un calme trompeur. Peut-être ce serait-

* il maintenu si un grand succès était venu couronner les efforts des troupes fidèles. La poursuite sans effet organisée par le général Blaser^ n^était pas de nature à amener un résultat semblable ; chaque jour, au contraire, la fermentation^ sourde d'abord, s*étendait dans les masses qui ne voyaient

* les troupes royale& remporter aucun avantage. Le 16 juillet, on apprenait le soulèvement de la garnison de Valladoltd ; le 1 7 celui de toutes les troupes de la Catalogne. Alors la crise pai'ut si grave

au comté de Sacn-Luis^ qu'il remit sk déthission et

celle de ses collègues entre les mains de la reine^ en lui désignant le général Cordova^ comme le seul homme capable de former, en ce momeht, un cabinet nouveau. Malheureusement la nouvelle du soulèvement de la Catalogne s'était répandue dans Madrid et^ par une coïncidence lâcheuse, il y avait précisément le 47 juillet Une course de taureaux. En sortant de ce spectacle national, la fonle instruite^ d'ailleurs, de la retraite du ministère^ se porta vers les hôtels du président du Conseil, de ses collègues Domenech et Esteban Collantès, de M. Saiamanca, le riche banquier qui avait obtenu plusieurs concessibns de chemins de fét; enfin de M. Quinto, gouverneur de Madrid, et du général de Yista-Hermosa, on des combattants de Yicalvaro. Ces divers hôtels furent livrés au pillage et à Tincendie. Le palais de la reine Christine lut même attaqué. Dans la soirée plusieurs postes fiii^nt désdtmés et Témeule alla toujours grandissant.

Le général Gordova^ à qui incombait la tâche doublement dilBcîle de réprimer les désordi^s populaires et de former un cabinet, parvint à rassènibler {jèndânt la miit ^ùelqués-ntis de ses amis politiques et à réunir dans la même combinaison ministériellè trois con8ervaièui*s, le dilc de RiVas; MM. Luts Màyàns et Bios Rosas k trdls progressistes Mx\i. Cantero, Gomez de la Sema et Miguel

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dé Roda. Le duc 9e Bitàs edt la (Présidence dû Cbtisëil.

Ce ëabinët dënt 1 eiistence fat eotlnue le 18 au

matin^ se hâta de donner à la conciliation des gàges iticontesitabies en coirvoquant les cortès^ en àâoucissànt le tégime dë la presse, en nommadt gouverneur de Madrid un hoiuuie irès-popu luire, le marquis dé Peralèë, feU etivoyanl un beurrier au général O'Dotinell pbilr l'engager à revenil»^ erifin, en donnant le commandement de la cavaleiie à Dbb Antonio Maria Gartigo, colodel du régiment de Farnèse, qui avait été fait prisonnier par les troupe^ royales ail conlbat de Yicalvarb^ puis condamné par le conseil de guerre et gracié par la reine, il était impossible d'aller plus loin dans la voie èonciliâtrice oCk le nouveau èabinet s'était en-

Cependant ces concessions à Topinion et cette attitudë franchèmént libél-àlè ne suffirent pas poiU' calmer les masses et iaire cesser le coiiilit. Ddns la matinée du 1d juillet 1854^ le feU s'engagea entre lé peuple et les troupes sur la place Sïlnto Domingo et sur la place Ma^or. Vainement le nouveau brigadier G&rrigd voulut s'interposer et fkire cësser la lutte, le général Cordova fut obligé de mettre en mouvement trois colonnes qui parcoururent la ville dans toutes les directions et rétablirent Tordre pour quelques heures^ mais non sans etïusion de

sang. Le lendemain 19, Tinsurrection prenait des

proportions plus inquiétantes. Des barricades s'éitïvaienty un se battait dans tous les quartiers et une junte s'était constituée chez le banquier Sevillano sous la présidence du général Ëvariste San Miguel, pouvoir révolutionnaire qui fonctionnait en ftwïe du pouvoir relier. Cette junte, composée de douze membres outre son président, cherchait d'ailleurs à calmer la foule et l'engageait à ne pas tirer sur les troupes sans provocaiion de leur part, mais son exibtence même était une atteinte à Tordre et à rautorité.

La reine Isabelle, voyant que les personnages composant le cabinet nouveau n^avaient sur le peuple aucune influence sérieuse, til appeler les ministres et les invita à lui désigner les hommes qui leur paraîtraient le plus en situation d'avoir de lempire sur les masses et de mettre un terme à ce périlleux conOit, Tous se turent; ils ne voulaient ni ne pouvaient prendre la responsabilité d'une semblable désignation. La reine Isabelle leur dit alors que le duc de la Victoire, Ëspartero^ était le seul homme qui, suivant elle, fût capable d inspirer au peuple une crainte salutaireetde défendre le trône contre de dangereux égarements.

Par une «singulière coïncidence Espartero que la reine appelait ainsi au pouvoir, avait quitté sa retraite de Logroôo pour se mettre à la tête du

mouvement qui se produisait à Saragosse et la junte de cette ville se constituant, pour ainsi dire, en gouTernement proyisoire, Tayait nommé, « gé^ néralissime des armées nationales. »

On sait le rôle considérable que le duc de la Victoire* avait joué antérieurement dans les affaires de son pays. Nous avons dans la première série de ce travail, raconté les services qu*il avait rendus au trône d Isabelle U perjdant les guerres ci\iies et comment il avait conclu la paix en signant la convention de Bergara. Depuis, en 1840, il avait enlevé la régence à la relue Christine et s était t'ait attribuer à lui-même cette dignité que trois ans plus tard un soulèvement lui arrachait de la même manière. A cette époque, il s était retiré à Londres, puis ayant obtenu l'autorisation de rentrer dans son paj^s s était continé à Logrono où U avait obs* curément vécu.

On attendait avec impatience son arrivée à Madrid. L'attitude et, plus que cela, les actes de la population soulevée, donnaient en effet, les craintes les plus sérieuses. Des violences menaçaient à chaque instant les partisans de Tancien ministère ou les amis de la reine uiltc. Des visites domiciliaires avaient été organisées; la foule obéissait aux ordres d'un torero nommé Pucheta qui prit

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