‹ Histoire de mon temps 2e série, présidence décennale, Second EmpireChapitre 12 sur 28 · Né le 12 janvier 1810; mort en · texte numérisé non relu

Né le 12 janvier 1810; mort en

damment des tendances politiques qui rapprochaient les deux souverains) était une chose connue de tous les cabinets de i Europe. Ces puissances avaient même cru voir un acte d'hostilité sourde du gouvernement des Deux-Siciles dans les restrictions apportées par lui à Texportation des grains, des pâtes et des bestiaux qui eussent été utiles aux approviâiojmemeûis de l'armée anglofrançaise. Mais là^ encore, on ne pouvait pas dire avec justice que le roi de Naples fut absolument hors de son droit, et, comme l'écrivit alors un pu* bliciste impartial, « permettre ou interdire Texportatîon d'une substance qui est la base de 1 alimentation populaire, c'est une queslion de police intérieure sur laquelle un gouvernement peut et doit se déterminer sans éUe cxpo:ic à voir instruire contre lui un procès de tendance. » L e&portation de CCS denrées ne fut même pas longtemps entravée.

Seulement un fait existait; il était incontestable : le roi de Naples voyait avec un vif déplaisir la lutte des puissances alliées contre la Russie, dans laquelle il s'était habitué à rencontrer une alliée. L accroissement, 1 exagération même de la prépondérance russe ne Feffrayaient point parce que, pour lui, le tzai* Nicolas était le défenseur né des trônes légitimes et ladversaire obligé des révolutions. Aussi, daus dueuae cour de 1 Europe, la

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mort de ce souverain ne produisit-elle un effet

aubbi grand, aussi péuibie qu'àNaples.

Indépendamment de ces tendances bien connues du roi, plusieurs pcliLs conilils étaient venus successivement aggraver la situation en causant d'assez vifs mécontentements à la France et à TAngleterre Nous avons déjà mentionné Fincident qui s était produit dix-huit mois auparavant, à propos de la non admission immédiate à la libre pratique d un navire qui amenait à Naples deux officiers français. Depuis cette époque, tantôt c était un dra» peau qu'on n'arborait pas, à Messine, pendant qu'un vaisseau français en relâche dans ce port y célébrait la fête de Napoléon 111 ; tantôt c'étaient des reproches, adresses pai* le directeur de la police au duc de Satriano, surintendant des théâtres, pour avoir re^u dans sa loge un attache de la légation anglaise connu pour ses opinions libérales. Tous ces misérables conflits préludaient d une façon trèsregrettable à la conduite ultérieure des deux puissances, relativement au royaume des Deux^iciles.

Lorsqu'à la suite des conférences de Paris, le Congrès crut devoir, à la grande joie des plénipotentiaires piéniontais, s*occuper des afEaiires de ritalie et émettre le vœu que des mesui'es de clé-, menée fussent prises avec opportunité par les gouvernements de la péninsule italienne, surtout par celui des Deux-SicUes, la cour de Naples s emut

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vivement d'un avertissement dont elle ne saisissait pourtant pas, au débuts la véritable et considérable

portée. Elle avait pensé que l'Autriche, qui, relativement aux exigences anglo- françaises, avait témoigné une certaine froideur, en même temps qu*elle insistait sur le principe inviolable de Tindépendance des États, viendrait à son secours dans cette circonstance délicate ou^ tout au muins^ s abstiendrait et n'ajouterait rien à la pression qu on voulait exercer sur elle. Son premier mouvement fut donc de repousser, avec une certaine énergie, les démarches diplomatiques &ites auprès d'elle par la France et par TAngleterre. Plus tard lorsqu elle vit que non-seulement TAutriche ne la soutenait pas danslavoie négative où elle était entrée, mais encore blâmait ses refus téméraires, elle en vint peu à peu et à la longue àfaire quelques concessions, contraires suivant elles^ d ^ailleurs, à la dignité comme à l'indépendance des États, et ainsi qu'il arrive toujours, ces concessions tardives ne satisfirent personne. Voilà comment, de grief en grief, la France et rAngleterre, cédant aux rancunes suscitées par Tattitude du gouvernement napolitain pendant la campagne d'Orient, en vinrent à une rupture avec Naples, mesure dont toute la gravité n a été bien appréciée qu ultérieurement, lors des événements déplorables qui ont fiiit triompher complètement la révolution dans le midi de Tltalie.

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Un seul gouTernement avait fait une démons-»

tration en faveur du roi desDeux-Siciles; c'était la

Russie. L'empereur Alexandre II ayant , à la suite du traité de Paris, accepté la démission du comte de Nesselrode, qui, après avoir si longtemps et si brillamment occupé le poste de ministre des affaires étrangères, demandait^ en raison de son âge, à déposer son porteieuUie, l empereur Alexandre II, disonfr-nous^ avait, tout en conservant au comte de Nesseirode les titres et les fonctions <\e chancelier de lempire, appelé le prince Gortchakoff aux fonctions de ministredesaifaires étrangères . Le prince Gortchar* koii était auparavant ministre de Russie à Vienne*

Ce dernier publia une circulaire diplomatique relative aux questions de Napies et de la Grèce, et dans laquelle il ne manquait pas d'invoquer le principe de l'indépendance des gouvernements, ajoutant que c était précisément ce principe qu on avaitopposéàlaRussieJorsqu elle voulut intervenir elle-même dans les affaires de la Turquie. C'est dans cette circulaire que se trouvait le mot iameux reproduit depuis en plusieurs circonstances : « La Russie se recueille ^ » mais l'effet de ce document diplomatique demeura nul.

Que pouvait moralement la Russie après les épreuves matérielles qu'elle venait de subir? Que pouvait-elle matériellement après l'échec moral audevant duquel elle avait couru?

Toutefois il n entrait pas dans la politique de la

France, la paix étant conclue avec le tzar, de mettre une froideur trop grande dans la reprise des relations que la question d*Orient avait si violemment interrompues. Le sacre d Alexandre 11 fournit d'une façon très-naturelle roccasion de cette reprise. Chacune des cours de l'Europe devait envoyer un représentant pour assisteràcette solennité. Le choix de Napoléon III indiqua toute Timportance qu'il mettait au renouvellement des bonnes relations avec l'empereur de Russie. Ce fut le comte de Morny^ qui dut aller remplir cette mission extraordinaire, et rien, nous le répétons) ne pouvait témoigner davantage de Fintérêt que Napoléon III portait à la reprise des bonnes relations entre les deux cours. L esprit souple, la profonde connaissance du monde politique, les instincts de l'homme d'État, tout jusqu*à lelégance des habitudes, se réunissait chez M. de Morny pour en faire, en cette circonstance, i ambassadeur le plus utile et le plus agréable, tout à la fois.

Le couronnement de l'empereur Alexandre devait avoir lieu à Moscou, le 7 septembre 1856. Lecomte de Morny partit accompagné d'un personnel nombreux et distingué qui, indepeudaniinent des secrétaires d'ambassade, suite habituelle d'an en-

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