ÉTRANGÈRES
K L*état de l'Italie, aggravé par les mesures administra- Û9W adoptées dans le royaume Lombard- Vénitien, avait déterminé le gouvernement authchien à faire, dès le mois de décembre dernier^ des armements qai n'ont pas tardé à présenter un caractère assez menaçant peur éveiller en Piémont les plus sérieuses inquiétudes.
« Le gouvernement de l Euijiereur n'a voir surgir ces difiicultés sans se montrer vivement préoccupé des consécniences qu'elles pouvaient avoir pour la paix de ^^]u^ope. N'étant point dans le cas d'inierveuir dii'ectement pour proposer Ini-même les moyens de les prévenir, il s'est toutefois empressé d'accueillir les ouvertures qui lui ont été fûtes. Plein de confisnce dans les sentiments du gouvernement de S. M. B., aussi bien que dans les lumières de son ambassadeur à Paris, le gouvernement de l'Empereur a sincèrement applaudi à la mission que M. le oomte Cowley est allé remplir à \ lenne, comme à une. première tenlaiive proiiie à préparer un rapproclieraent; et il s'est félicité avec une satisfaciion non moins réelle d'apprendre que les idées échangées entre M. l'ambassadeur d Angleterre et le gouvernement autrichien étaient de nature à fournir des éléments de négociations.
« La proposition de se réunir en congrès, présentée dans le même moment par la Rusnie, répondait à cette situation de la manière la plus heureuse, en appelant les cinq puis* sances à participer également à la discussion d'une question d'intérêt européen ^ le gouvernemtnl de i Empereur
n'a pas hésité à faire conndtre qu'il adhérait à cette proposition.
a En y adlu'rant de même, le ^^nivornement anglais a jugé utile de prt'ciser les hases des délibérations éventuelles du congrès. Ces hases sont les suivantes :
i'* Déterminer les moyene par lesquels la paix peut être maintenue entre TAutricbe et la Sar daigne;
« 2* Établir comment l'évacuation des Ëtats romains par les troupes françaises et autrichiennes peut être le mieux effectuée ;
« 3* Examiner s'il convient d'introduire des réformes dans radministration intérieure de ces États et des autres États de l'Italie dont rndiuinistration intérieure offrirait des défauts qui tendraient évidemment à créer un état permanent et dangereux de trouble et de mécontentement^ et quelles seraient ces réformes ;
« 4* Substituer aux traités entre l'Autriche et les duchés une confédération des États de l'Italie entre eux, pour leur protection mutuelle tant intérieure qu'extérieure.
« Le gouvernement de l'Empereur a mis h acquiescer sans réserve k ces bases de la négociation le même empressement qu'il avait montré ù accepter la proposition d'un COliL'.rès.
« Le gouvernement autrichien avait, de son côté, donné son assentiment à la réunion d'un congrès, en raccompagnant de quelques observations, mais sans y mettre de conditions formelles et absolues, et tout devait faire espé^ rer que les négociations pourraient s'ouvrir dans un délai rapproché.
« Le cabinet de Vienne avait parlé du désarmement
préalable de la Sardaigne comme d'une mesure indispensable pour assurer le calme des délibérations, et il en fit plus tard une condition absolue de sa participation au congrès. Cette demande a>ant soulevé des objections unanimesy le cabinet de Vienne y substitua la proposition d'un
NOTES
d<?sarmement ^'t ii. rai ei imm dial, en l'ajoutant comme un cmquième punit aux hases des négociations.
t Aiosiy Messieurs, tandis que la France avait successivement accepté, sans h('sitatioD^ toutes leB proporitions qui lui avaient été présentées, TAutrichei après avoir paru disposée à se prêter aux négociations, soulevait des difficultés inattendues.
« Le gonvemement de l'Empereur n'en a pas moins persévéré dans les sentiments de conciliation qu'il avait pris pour rrf^'le de sa couJuite. Le caijinel aiiglais, coiiLniKint de s'occuper avec la plus loyale bollicitude des moyens de faire disparaître les relards (jue la question du désarmement apportait à la réunion du congrès, avait pensé que Ton satisferait au cinquième point mis en avant par rAutriche si Ton admettait immédiatement le principe du désarmement général, en convenant d'en régler l'exécution à l'ouverture même des délibérations des plénipotentiaires.
t Le gooveniement de Sa Majesté a consenti à accepter celte combinaison. Il restait toutefois à déterminer si, dans cet étal de choses, il était nécessaire que la Sardaigne ellemême souscrivit préalablement au principe du désarmement général. Il ne paraissait pas qu'une pareille condition pû être imposée au gouvernement sarde s'il était laissé en de hors des délibérations du congrès ; mais celte considération même o£[rait les éléments d'une combinaison nouvelle qui, entièrement conforme aux principes de l'équité, ne semblait pas devoir soulever d'objections. Le gouvernement de l'Empereur déclara au gouvernement anglais qu'il était disposé à en;^ager le cabinet de lurin à donner iui-inf uij hoa assentiment au priijci]}edu désarmement général, pourvu que tous lesKtalsilaliens iussentinvités à lairej)artie du congrès.
» Vous savez déjîï, Messieurs, que, modifiant cette suggestion de manière à concilier louitis les susceptibilités, le gouvernement de S. M . B. a piésenté une dernière proposition basée sur le principe du désarmement général simultané et
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ET DOCUMENTS HISTORIOUBS. 383
iuiiin'iiiat. L'exécution devait eu être ré^dée par une commission danslaquelle le Piémont semt représenté* lies plénipotentiaires se réuniraient aussitôt que cette commission serait elle-même rassemblée, et les États italiens seraient invités parle congrès àsiéger avec les repréaentantsdes cinqgrandes puissances de la même manière qu'an congrès de JLiaybach en 1821.
« Le gouvernement de l'Empereur a voulu manifester
de nouveau ses dispositions conciliantes en adhérant à cette proposition qui a été de même acceptée sans délai })ar le» cours de Prusse et deiiussie, et à laquelle le gouvernement piémontais s'est également déclaré prêta se conformer.
Toutefois, au moment même où le gouvernement de l'Empereur croyait pouvoir nourrir l'espoir d*unn entente définitive, nous avons appris que la cour d'Autriche refusait d'accepter la proposition du gouvernement de S. M. B., et adressait une sommation directe an gouvernement sarde* Pendant que, d'un cdté, le cabinet de Vienne persiste à ne pas consentir à l'aimission des États italiens au congrès dont il reud ainsi la réunion impossible; de l'autre, il demande au Piémont de s'engager à raetire son armée sur le pied de paix et à licencier les volontaires, c'est-à-dire à concéder sans délai et isolément à TAutriche ce qu'il a. déjà accordé aui puissances, sous la seule réserve de s'en entendre avec elles.
« Je n'ai pas besoin de fSure ressortir le caractère de cette démarche, ni d'insister plus longuement pour mettre en lumière les sentiments de modération dont le gouvernement de l'Empereur n'a cessé au contraire de se montrer animé. îSi lus ulVorts réitérés dus quatre puissances pour sauvegarder la ))aix oui rencontré des obstacles, notre conduite l'atteste hautement, ces obstacles ne sont point venus de la Frauce. £ntin, Messieurs, si la guerre doit sortir des complications présentes, le gouvernement de iSa Majesté aura la ferme oonvictiim d'avoir lait tout ce que sa dignité lui
NOTES
permettait pour prévenir cette extrémité, et ce n'est point sur lui qu'on pourra eu faire peser la respoufiabilité. Les protest^itions que les gouveruements de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Prusse ont adressées à la cour d'Autriche attestent qu'on nous rend déjà à cet égard une entière justice.
« En présence de cet étal de choses, si la SardaiVjne est menacée; si, comme tout le fait présumer, son territoire eât envahi, la France ne peut pas hésiter k répondre à l'appel d'une nation alliée à la(]uelle l'unissent des intérêts communs et des sympathies traditionnelles, rajeunies par une récente confraternité d'armes et par Tunion contractée entre les deux maisons régnantes
ff Aussi, Messieurs, le gouvernement de TEmpereur, fort de la constante modération et de l'esprit de conciliation dontil n'a jamais cessé de s'inspirer, attend avec calme le cours des événements, ayant la confiance que sa conduite, dans les différentes péripéties qui viennent de se succéder, rencontrera Tassentiment unanime de la France et de l'Ëurope. »
DÉCRET CONFÉRANT LA RÉGENCE A l'IMPÉRATRICE.