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CHAPITRE XII

Le maréchal Marmont communique & M. Pasquier les articles de la capitulation. — Il l'invite à se rendre auprès de l'empereur Alexandre, & la tète de la municipalité, pour faire sa soumission.

— Le général Dejean, aide de camp de l'Empereur, arrive auprès de Mortier. — Le général Girardin, envoyé par Berthier, vient prendre des renseignements au ministère de la guerre. — On l'a accusé faussement, plus tard, d'avoir voulu faire sauter la poudrière de Grenelle. — Manque de sang-froid de M. de Chabrol. — M. Pasquier prend les dispositions nécessaires pour assurer l'approvisionnement de la ville. — Avant de confler le portefeuille de M. de Rovigo à un chef de division, il en vérifie le contenu et y trouve de curieuses lettres de Napoléon relatives aux assiduités de Joseph auprès de Marie-Louise. — Il part au milieu de la nuit, à la tète du corps municipal, pour Bondy. — La députation éprouve beaucoup de peine à se faire ouvrir la barrière. — Affreux spectacle du champ de bataille. — Douloureuse impression éprouvée par M. Pasquier en trouvant Alexandre logé dans le château qu'avait occupé autrefois son grand-père. — En attendant le réveil de l'empereur, M. de Nesselrode communique à M. Pasquier la proclamation du prince de Schwarzenberg. — C'était, en fait, l'œuvre de Pozzo di Borgo, qui amena adroitement le généralissime autrichien à y apposer sa signature. — M. de Nesselrode présente la députation à l'empereur de Russie; celui-ci s'emporte contre Napoléon et sépare nettement sa cause de celle de la France. — Il accorde & M. Pasquier l'autorisation de maintenir la garde nationale sous les armes. — Revenu à Paris sous l'escorte des Cosaques, le préfet de police adresse une proclamation à la population parisienne et exhorte les officiers de la gendarmerie à veiller au maintien de l'ordre. — M. de Vicence fait de vains efforts pour obtenir une entrevue de l'empereur Alexandre.

— M. Pasquier brûle le portefeuille du duc de Rovigo.

Il était sept heures du soir, lorsque je reçus du maréchal Marmont Tavis que la capitulation était à peu près convenue et l'invitation de me rendre à son hôtel, au faubourg Poissonnière. J'y trouvai le maréchal avec un officier russe, un officier autrichien et un officier prussien, stipulant au

nom des alliés. Ils étaient occupés à mettre par écrit ce qui avait été convenu verbalement à la Villette, entre les deux maréchaux et les généraux en chef des alliés. Les articles dont le maréchal me donna connaissance ne concernaient que l'armée. Elle devait avoir évacué la ville le 3i mars, c'est-à-dire le lendemain, à sept heures du matin. Les hostilités ne pouvaient recommencer que deux heures après. Puis, venaient les conventions d'usage pour les arsenaux, les ateliers, les magasins militaires, les hôpitaux et les blessés; quant aux intérêts civils, c'est-àdire à ceux de la ville de Paris, il en était à peine question. La ville était recommandée à la générosité des puissances alliées ; il était seulement dit que la garde, nationale ou urbaine, était totalement à part des troupes de ligne; qu'elle serait désarmée ou licenciée, selon les dispositions des puissances.

Je demandai et obtins avec beaucoup de peine que la gendarmerie municipale fût admise à partager le sort de la garde nationale. Le maréchal me dit, au reste, qu'il était, d'après les usages de la guerre, indispensable que le corps municipal se transportât dans la nuit à Bondy pour faire sa soumission à l'empereur Alexandre, que je serais à la tête de cette députation, qu'ainsi je pourrais traiter avec lui de tout ce qui serait de l'intérêt de la ville de Paris, qu'il ne mettait pas en doute que je ne fusse favorablement écouté. Il me chargea de prévenir le préfet de la Seine de la nécessité de cette démarche, pour laquelle nous devions nous tenir prêts, ainsi que le corps municipal; il supposait que notre départ pourrait avoir lieu vers onze heures du soir. Ce délai était motivé par l'obligation d'attendre que la capitulation fût ratifiée, et il fallait, pour l'accomplissement de cette formalité, aller jusqu'à Bondy, où se trouvait le quartier général des coalisés.

Pendant mon court séjour chez le maréchal Marmont, j'appris que, de bonne heure dans l'après-diner, le général

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