LE PORTEFEUILLE DE SAVARY BRÛLÉ
ments, je puis me dire que j'ai rendu, bien que ce soit sans y avoir précisément songé, un fort grand service à bon nombre de mes contemporains. Si j'avais été guidé par une préoccupation personnelle, j'aurais pensé que, dans le cas où on prendrait tel parti qui me brouillerait irrémissiblement avec Napoléon et qui m'exposerait, s'il restait vainqueur, à ses plus rudes vengeances, il serait prudent de garder entre mes mains un gage dont la restitution pourrait n'être pas payée trop cher par la garantie de ma tranquillité. Un tel abus de confiance effaroucha ma délicatesse, et je restai fidèle à la promesse que j'avais faite au duc de Rovigo.