CHAPITRE XIII
Entrée des souyerains alliés à Paris. — Manifestations royalistes. — Sentiments de la population. — Entrevue de M. de Nesselrode avec M. de Talleyrand. — Les souverains tiennent conseil chez ce dernier. — M. de Talleyrand se prononce pour les Bourbons; les princes coalisés déclarent qu'ils ne traiteront plus avec Napoléon ni avec aucun membre de sa famille. — Entretien de M. Pasquier et de M. de Nesselrode. — La joie trop bruyante des royalistes fait craindre une collision entre eux et le reste de la population; ils s'attaquent à la colonne Vendôme. — Difûcultcs que présente la distribution des vivres aux troupes d'occupation. — Réception bienveillante ménagée par l'empereur Alexandre à M. Pasquier. — L'antichambre de M. de Talleyrand. — Alexandre refuse définitivement de traiter avec Napoléon. — Un groupe de royalistes, parmi lesquels M. de Chateaubriand et M. Ferrand, supplie les souverains de rendre la France aux Bourbons. — Une déclaration de l'empereur de Russie rassure les officiers qui se cachaient dans Paris. — Dure réplique de M. de Vicence à l'abbé de Pradt. — Franche explication entre lui et M. Pasquier. — Le Sénat s'assemble le !• avril, sous la présidence de M. de Talleyrand. — Organisation d'un gouvernement provisoire. — Manifeste lancé par la municipalité. — M. Pasquier refuse d'y apposer sa signature. — Apparition du pamphlet de M. de Chateaubriand, Bonaparte et les Bourbons. — La gendarmerie de Paris murmure. — Les Cosaques pillent les environs de la capitale. — Entente entre M. Pasquier et le général de Sacken relativement à l'administration de la ville. — Mise en liberté des détenus politiques.
L'empereur Alexandre arriva à dix heures, avec le roi de Prusse, aux portes de Paris; entre onze heures et midi, commença sur le boulevard, de la porte Saint-Denis, l'interminable défilé de troupes de toutes armes qui précédaient ou suivaient les deux souverains.
Une masse énorme de population s'était portée, dès le matin, sur tous les points où les étrangers devaient passer. Le faubourg Saint-Denis et les boulevards en étaient cou-