LES MARÉCHAUX SE RENDENT A PARIS
étaient le général Souham et le général Bordesoulle. Je ne puis douter cependant, d'après une lettre qui lui fut écrite le lendemain par le général Bordesoulle, et dont j'ai été dans le cas de prendre lecture, qu'il ne leur eût laissé pour instruction d'attendre ses ordres et de ne rien faire avant son retour et celui des maréchaux avec lesquels il était forcé de s'acheminer. Il paraît qu'en refusant de se joindre à eux, il s'était laissé aller à quelques aveux sur des paroles qui lui étaient venues du prince de Schwarzenberg et qui, pouvant, dit-il, amener d'importants résultats, nécessitaient sa présence à Essonnes.
Ces aveux, qui avaient semblé assez extraordinaires au duc de Vicence et aux deux maréchaux, n'avaient pas suffi pour leur faire pénétrer son secret, malgré quelques particularités étranges dans sa manière d'être, au moment de traverser le quartier général ennemi. Us avaient néanmoins continué leur route avec lui, sans trop de méfiance. Il était entré en passant chez le prince de Schwarzenberg, avec lequel il avait causé quelques minutes. Ce temps fut employé, s'il faut l'en croire, à obtenir que sa parole lui fût rendue. Est-ce vraisemblable, alors que la nouvelle de la convention avait déjà été portée aux souverains? Toutefois, il est juste d'observer que le duc de Raguse avait pu faire valoir, auprès du prince de Schwarzenberg, la considération que la démarche des maréchaux, à laquelle il allait participer, avait pour objet de mettre directement la couronne de France sur la tête du petit-fils de l'empereur d'Autriche.