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CHAPITRE XV

M. de Saint-Simon prévient le gouvernement provisoire de l'arrivée des maréchaux. — Alexandre les reçoit au milieu de la nuit. — Les envoyés de Napoléon et les membres du gouvernement provisoire font valoir tour à tour auprès de lui leurs arguments pour et contre la régence. — Le Czar les congédie sans prendre de détermination.

— Il apprend le lendemain matin la défection de Marmont. — Celui-ci calme ses troupes mutinées à Versailles et les conduit & Mantes. — Les maréchaux retournent auprès de Napoléon. — Préparation de la Constitution. — Habile tactique de M. de Talleyrand.

— Conseil tenu chez lui le 3 avril : M. Lebrun ne trouve rien de mieux à proposer que la Constitution de 1791 ; M. de Talleyrand remet la question au point ; il fait Téloge du nouveau souvei'ain.-^ Composition de la commission chargée par le Sénat d'étudier le projet. — Le Corps législatif adhère à la Charte constiiutionnelle. — l^rincipes et garanties insérés dans celle-ci. — Les sénateurs se réservent de nombreux avantages.

Quelles dispositions cette solennelle députation allaitelle trouver à Paris? On avait su dans la matinée le succès de la négociation avec le duc de Raguse, mais nous n'avions aucun renseignement sur ce qui se passait à Fontmnebleau et sur les résolutions de Napoléon.

Les membres du gouvernement provisoire s'étaient, suivant leur usage, réunis chez M. de Talleyrand entre huit et neuf heures du soir. On n'y avait été occupé que de l'événement qui devait s'accomplir dans la nuit et dont on espérait avoir des nouvelles le lendemain matin par l'arrivée des troupes du maréchal à Versailles. Cette pensée absorbant toutes les autres, la séance avait été courte; entre dix et onze heures plusieurs des assistants s'étaient retirés. J'en faisais autant; j'avais déjà atteint le bas de l'escalier, lorsque j'aperçus M. de Saint-Simon qui des-

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