ALEXANDRE REÇOIT LES MARÉCHAUX
-a vëraît parfaitement assure. Au dehors, plus de motifs « d'inquiétude du rnoment où Thomme qui inspire toutes « les méfiances serait éloigné. Les meilleurs rapports avec « tout le monde s'établiraient sans aucune difficulté, a Ajoutez que le très vif intérêt que l'Autriche ne pouvî it a s'empêcher de prendre à la dynastie impériale offrait <c une garantie assurée que nulle autre puissance n'essaye- « rait de se prévaloir contre la France de la situation poli- « tique un peu faible qui résulte quelquefois d'une minoa rite; enfin, et cela paraissait être à ses yeux la raison a décisive, en entrant dans cette voie , on était sûr de « l'assentiment de l'armée, on écartait la seule véritable (( difficulté de la situation. Plus de combats, plus d'oppoa sition possible, la paix était véritablement établie, à « l'instant même et partout. »
La réplique ne pouvait être aussi serrée, ni aussi clairement déduite, précisément parce que nous avions plus de choses à dire. M. de Talleyrand, auquel il appartenait de prendre la parole le premier, traita les principaux points ; puis le duc de Dalberg et M. DessoUe dirent quelques paroles. Il fut bien démontré que cette conclusion si prompte, si rapide, dont on voulait se flatter en acceptant la régence, ne présentait aucune solidité; qu'avec le caractère do Napoléon, avec les ressources que lui fournirait toujours son génie entreprenant, il n'y aurait aucun moyen de l'empêcher, au bout d'une année, peut-être avant, do ressaisir les rênes du gouvernement. On ne pensait pas sans doute à le tenir en prison. Une telle mesure serait incompatible avec la négociation directe qu'on acceptait avec lui; si on voulait y recourir, elle soulèverait tous les esprits en sa faveur.
Que prétendait-on faire de sa famille? Quel rôle jouerait-elle? Beaucoup de ses membres étaient ambitieux, turbulents. La plus grande difficulté résulterait des droits clairement ranimés de la maison de Bourbon. Oubliée pen-
dant plusieurs années, elle avait trouvé, dans les 'événements récents, une vie, une force qui ne pouvaient être niées. Quoiqu'on n'eût encore prononcé le nom de cette maison dans aucun acte, personne n'ignorait cependant ce qui avait été fait pour préparer son retour. Le Sénat tout entier était rallié à cette idée ; il devait au premier jour, peut-être avant deux fois vingt-quatre heures, se prononcer en sa faveur. Pouvait-on prétendre que des faits aussi patents, aussi considérables devaient être regardés comme non avenus? Une des plus grandes villes de France, Bordeaux, était rangée sous l'autorité de l'ancienne dynastie. De semblables dispositions régnaient dans plusieurs villes du Midi; dans la capitale, un grand nombre de personnes avaient laissé éclater leurs sentiments sans que la population en eût été soulevée. Que si on manquait cette occasion de ramener la maison de Bourbon, en lui faisant accepter des conditions dans lesquelles tout le monde trouverait ses avantages, nul ne pouvait répondre de ce qu'elle ferait plus tard si elle venait à triompher. Pendant combien d'années n'avait-on pas vu ses partisans agiter l'intérieur de la France et, dans plusieurs occasions, avec d'assez grandes chances de succès? Alors, cependant, ils avaient à lutter contre l'esprit républicain qui avait produit la Révolution, qui s'y était développé, et qui subsistait dans toute son énergie. Cet esprit avait été étouffé depuis par l'ascendant d'un homme de génie qui avait su ranimer îi son profit les sentiments monarchiques, et qui, pour fonder l'Empire, avait mis tous ses soins à détruire, à déraciner les habitudes, les idées en opposition avec cette forme de gouvernement. Y avait-il dans l'histoire un seul exemple que le fondateur d'une race souveraine eût pu léguer à sa descendance ce qu'il n'avait pas eu le moyen de garder pour lui-même ?
On avait évité, dans cette première discussion, de rappeler l'engagement qui avait été si solennellement pris par