MISE EN LIBERTÉ DES PRISONNIERS
huit cents paysans espagnols, faits prisonniers lors de la reddition du fort de Figuières, étaient depuis 18il dans les bagnes de Brest et de Rochefort, où des différences de couleur dans le vêtement les distinguaient seules des maliaiteurs dont ils peirtageaient les travaux. C'était de la part de Napoléon une flagrante violation du droit de la guerre et des gens. Il fut ordonné de les mettre sur-lechamp en liberté et de les reconduire jusqu'aux premiers postes espagnols.
On eut lieu de croire que le Saint-Père éprouvait quelques difficultés pour continuer sa route et rentrer dans ses États. Un arrête fut pris pour lever tout empêchement à son voyage et lui faire rendre les honneurs qui lui étaient dus. Il en fut de même pour Tinfant Don Carlos, retenu en otage à Perpignan, lorsque son frère Ferdinand avait eu la permission de franchir la frontière et de rentrer dans ses États.
A l'intérieur, j'ai dit qu'on avait renvoyé dans leurs foyers les conscrits appelés parles dernières levées. Beaucoup de parents, surtout les militaires, étaient inquiets sur le sort de l'Université, sur la continuation de l'éducation gratuite qu'elle idisait donner à leurs enfants. Le gouvernement provisoire arrêta que le séàateur comte de Fontanes, grand maître de l'Université de France, était invité à continuer ses fonctions, que tous les jeunes élèves des lycées et des collèges qui y jouissaient de bourses accordées par le gouvernement ou la commune, continueraient à jouir de ce bienfait. Napoléon avait forcé des parents dont il suspectait les sentiments à mettre leurs enfants dans les collèges, dans les lycées, surtout dans les écoles militaires de la Flèche, Saînt-Cyr et Saint-Germain. Là, il était assuré que la jeunesse recevrait une éducation conforme à ses vues, que rien ne serait négligé pour leur inculquer des idées de respect et de dévouement à sa personne.
Comme Rome et riUyrie faisaient partie de l'Empire, il n'avait pas craint de faire prendre, même dans ces lieux si éloignés, des enfants qui appartenaient aux meilleures familles et de les faire conduire à l'école militaire de la Flèche. On avait vu des parents réduits à se transporter eux-mêmes des bords de la mer Adriatique jusque dans cette ville, pour ne pas perdre de vue des êtres qui étaient l'objet de leurs affections les plus chères. Cet abus de la toute -puissance était cruel, il méconnaissait les droits sacrés qu'ont les pères de veiller sur l'éducation de leurs enfants, de les faire élever par ceux-là seuls qui leur inspirent confiance. Le gouvernement provisoire pouvait donc compter sur un assentiment universel lorsqu'il ordonnait que la direction de l'éducation des enfants et le choix des formes de cette éducation seraient rendus à l'autorité des pères, mères, tuteurs; que tous les enfants qui avaient été placés dans les écoles, lycées, institutions et autres établissements publics, contrairement à la volonté de leurs parents, leur seraient rendus sur-le-champ.
Les châteaux de Bouillon, de Ham et de Pierre-Châtel renfermaient un bon nombre de prêtres belges retenus depuis plusieurs années pour la part qu'ils avaient prise aux discussions élevées entre le Pape et Napoléon. A la demande de M. de Pradt, archevêque de Malines, des ordres furent donnés pour qu'ils fussent mis en liberté. On en fit autant pour les séminaristes du diocèse de Gand, qui au nombre de deux cent trente-six, dont quarante diacres et sous-diacres, avaient été conduits à Wesel au mois d'août 1813 avec ordre de les placer dans l'artillerie; pour les membres du chapitre de Tournay qui étaient détenus à Alais , pour plusieurs autres membres du Sacré Collège retenus dans différentes villes de France, et enfin pour les gardes d'honneur de Hollande, détenus dans les prisons de Bourges, Metz et Grenoble.
On appela le général Marescot aux fonctions de premier