CHAPITRE XVII
Monsieur est invité à se rendi'e à Paris. — Son entrée dans la capitale; attitude de la garde nationale et de la population. — Disgrâce du cardinal Maury. -— Monsieur aura-t-il la lieutenance générale du rojaume? — Les mésintelligences se font jour dans le conseil, aux travaux duquel M. Fouché prend part. — Scène très vive entre le maréchal Marmont et M. Louis. — Attitude réservée de M. Pasquier. — Le Sénat défère la lieutenance générale au comte d'Artois. — Sa réponse. — Le Conseil d'État provisoire. — Les délégués aux fonctions ministérielles. — Illusions de Monsieur. — Ambition du marquis de Vitrolles. — Les favoris du comte d'Artois. — Hostilité du parti ro^^aliste contre M. Pasquier. — Préventions de Monsieur ti son égard. — Fautes commises par le gouvernement provisoire. — Révocation des commissions particulières. — Entrée de l'empereur d'Autriche à Paris.
Monsieur, comte d'Artois, était depuis longtemps à une distance trop rapprochée de Paris pour qu'on n'eût pas pensé à l'y faire arriver, aussitôt que sa présence n'offrirait plus aucun inconvénient. Il fallait surtout qu'aucune opposition n'eût de prétexte pour éclater au moment où le prince paraîtrait. La déchéance était prononcée, le rappel de la maison de Bourbon décrété dans l'acte constitutionnel; l'abdication de Napoléon pouvait être considérée comme certaine, attendu le retour de ses plénipotentiaires et les négociations qui se suivaient avec eux. On jugea qu'il était temps de prendre un parti; Monsieur fut invité à quitter sa résidence de Nancy et à s'acheminer vers la capitale. M. de Vitrolles, qui était resté à Paris, à la suite du grand état-major des alliés, fut expédié par M. de Talleyrand et le duc de Dalberg pour lui donner tous les renseignements qu'il importait de lui faire parvenir.