‹ Histoire de mon tempsChapitre 168 sur 223 · LES COMMISSIONS PARTICULIÈRES · texte numérisé non relu

LES COMMISSIONS PARTICULIÈRES

lition des droits réunis et de la conscription. Passe pour la seconde promesse ; il n'entrevoyait pas un grand besoin de soldats ; la conscription avait pesé si lourdement sur les peuples, que la politique commandait de leur annoncer à cet égard un grand soulagement ; mais la première était inconsidérée jusqu'à la déraison. Il n'y avait pas de finances possibles sems impôts indirects; apparemment la maison de Bourbon ne comptait pas gouverner avec un trésor vide. Les commissaires extraordinaires, dsms les départements, n'avaient pas manqué d'insister sur ces périlleux engagements, déclarant que l'impôt indirect n'était pas dû, qu'on devait cesser de le payer.

C'était acheter par trop cher un court moment de popularité. M. Louis, en sa qualité de ministre des finances, ne pouvait manquer d'être furieux de toutes ces sottises ; les plaintes qu'il fit entendre, jointes à mes avertissements, nécessitèrent le premier acte qui soit émané de Monsieur : il était contresigné par M. de Vitrolles, en date du 15. Après des témoignages de satisfaction sur la manière dont les personnes auxquelles Monsieur avait, au nom du Roi son frère, donné des commissions particulières plus ou moins étendues, s'étaient acquittées de leurs missions, il était dit que le gouvernement ayemt repris une marche régulière, toutes les affaires devaient être à l'avenir traitées par les magistrats ou les administrateurs dans le ressort desquels elles se rencontraient; que toutes les commissions particulières étaient dès lors révoquées ; que ceux qui en étaient revêtus auraient à s'abstenir désormais d'en faire usage. Le Moniteur du 17, qui contint cette salutaire prescription, causa nécessairement un grand désappointement chez beaucoup de ceux qui se disaient les plus zélés serviteurs : ils n'ignorèrent pas que j'étais de ceux qui l'avaient provoquée.

L'entrée de l'empereur d'Autriche eut lieu le 15 et se fit avec une pompe déplacée ; il eût été de meilleur goût de la

863 ME>(OIRES DU CHANCELIER PÂSQUIER.

part du père de Marie-Louise d'arriver avec moins de fracas. Monsieur, escorté de la garde nationale à cheval, se trouva au boulevard du Temple pour y recevoir les souverains alliés. Tous ensemble vinrent jusqu'à la place Louis XV, où eut lieu une grande revue, après laquelle l'empereur François se rendit au faubourg Saint-Honoré, dans l'hôtel qu'il devait occuper. C'était celui de la princesse Borghèse. Il y fut conduit par Monsieur. En général, l'impression que cette pompe produisit fut pénible dans Paris ; il n'en pouvait ôtre autrement lorsqu'on voyait le prince lieutenant général du royaume dans une position secondaire, effacé par l'appareil de puissance et de force militaires dont les souverains étrangers se montraient environnés. Les sentiments nationaux furent donc manifestement en souffrance.

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