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ADHÉSIONS DES GÉNÉRAUX

tion du gouvernement; je conjurais qu'on fil effort pour donner un peu d'ouvrage. Il était facile de trouver des entrepreneurs qui avec qjaelques garanties feraient des avances; si on voyait le travail reprendre sur quelques points, cela suffirait pour ramener la confiance. J'obtins que M. Bruyère, ingénieur des ponts et chaussées, homme habile et estimé, fût remis à la tète de l'administration des travaux publics. M. de Bourrienne vint à mon secours en employant à la reprise des travaux commencés rue de Rivoli, pour le nouvel hôtel des postes, une somme assez forte en billon qui se trouvait dans les caves de l'ancien hôtel. Mais quoi que j'aie pu dire et faire, la situation malheureuse des ouvriers a été la grande difficulté do mon administration pendant le peu de temps qu'elle a encore duré.

Les adhésions des généraux les plus marquants arrivaient de tous côtés. On reçut celles des maréchaux Soult, Suchet, Augereau, Masséna, puis celle de Carnot, qui commandait dans Anvers; cette dernière était remarquable par la franchise qui semblait l'avoir dictée, par le personnage dont elle émanait; elle l'est devenue encore davantage par le rôle qu'il a joué peu de temps après. Mais dans la bourgeoisie, dans la masse populaire, dans l'armée, la haine, le mépris de l'étranger qui aujourd'hui dictait les lois, jetaient sur l'ordre de choses nouveau une défaveur dont il était fort difficile de triompher.

Les conversations, recueillies sur les points les plus divers, faisaient foi de cette triste vérité. La cocarde blanche n'était portée par la troupe qu'à regret, le moins ostensiblement possible. A Rouen, le corps d'armée sous les ordres du maréchal Jourdan l'avait arborée avant les autres; c'était cependant un des cantonnements oii elle était vue avec le plus do déplaisir, où les couleurs nationales étaient le plus regrettées. La garnison de Lille n'était pas mieux disposée; il avait fallu la fermeté du général

Maison pour empêcher une désertion presque générale des soldats. C'était toujours parmi eux que se rencontraient les plus vifs mécontentements. Ce qu'on en obtenait n'allait guère au delà de l'obéissance; la discipline entrait pour presque tout dans les marques extérieures de l'assentiment qu'on leur arrachait.

A mesure qu'augmentait le nombre des militaires entrés dans Paris, l'esprit du peuple devenait plus hostile contre les troupes étrangères, môme contre leurs souverains. On leur prétait mille projets odieux. Ces mauvaises dispositions étaient fort accrues par la connaissance qu'il fallut bien donner au public de la convention conclue le 23 entre les puissances alliées et Monsieur. Les conditions étaient bien dures. Il avait fallu consentir à évacuer dans des délais déterminés les places fortes occupées dans les provinces situées au delà des limites de la France, telles qu'elles existaient au !•' janvier 1792, et qui comprenaient toutes celles au delà et sur le Rhin, en Espagne, en Piémont, en Italie et enfin dans la Méditerranée, en tout cinquante-trois places, parmi lesquelles Mayence, Anvers, Mantoue, Alexandrie, toutes quatre de haute importance.

Il fallut remettre aux alliés les dépôts d'artillerie, les munitions, ce qui formait un matériel de guerre immense; douze mille bouches à feu, dont onze mille de bronze. Les troupes françaises ne pouvaient emmener avec elles que l'artillerie de campagne dans la proportion de trois pièces par chaque millier d'hommes. Les malades, les blessés, enfin les corps français qui faisaient partie de l'armée d'Italie devaient être rappelés sur-le-champ par le lieutenant général du royaume. Sous ces conditions, le blocus des places fortes en France serait immédiatement levé par les troupes alliées; il faut remarquer qu'elles n'en occupaient pas une seule. Toutes ces stipulations étaient applicables aux places maritimes. Les puissances contractantes se réservaient de régler, dans le traité de paix définitif, le

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