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LE TRAITE DU 30 MAI

stipulations dont se compose ce traité, qui, attendu les conséquences qu'elles ont eues et auront encore pendant de longues années, mériteraient une étude particulière. Je ne note que celles qui touchent directement aux intérêts les plus précieux de la France. Ainsi Tile de Malte et ses dépendances furent accordées en toute propriété et souveraineté à TAngleterre. G'éisii le plus rude coup porté à la puissance et au commerce de la France dans la Méditerranée. On avait promis de lui rendre ses colonies, cependant l'île de France et celle de Sainte-Lucie furent encore exceptées au profit de l'Angleterre. La restitution de quelques établissements sur le continent de l'Inde fut aussi subordonnée à des conditions qui la rendaient presque illusoire.

Quant aux vaisseaux, artillerie navale et munitions, dont le sort avait été laissé indécis lors de la convention du 23 avril, il fut dit que tout serait partagé dans la proportion des deux tiers pour la France, d'un tiers pour les nouveaux possesseurs; cette stipulation fut accompagnée d'une restriction qui en atténua beaucoup l'effet favorable à la France. On excepta de ce partage les vaisseaux et arsenaux existant dans les places maritimes tombées au pouvoir des alliés avant le 23 avril. Or, les vaisseaux, les arsenaux de la Hollande, notamment la flotte du Texol, tombaient dans cette exception. Le port d'Anvers devint port de commerce.

Restaient à régler les indemnités pécuniaires. Sur ce point, il faut reconnaître que les alliés se conduisirent avec modération. Après tant de contributions de guerre levées par Napoléon dans tous les États de l'Europe, ils n'en exigèrent aucune, car on ne peut parler d'une indemnité de vingt-cinq millions dont le payement fut stipulé dans une convention du 28 mai ; elle était motivée par la nécessite de régler, au moment de l'évacuation, tout ce qui tenait aux subsistances, à la marche des troupes, aux

dépôts des malades, aux services des hôpitaux, au trans port des prisonniers. Les alliés se firent donner cette somme comme équivalent de ce qu'ils laissaient dans les magasins militaires français, de ce qui aurait pu être considéré par leurs troupes comme butin légitime. Renonçant à toute réclamation pour avances et fournitures, ils se bornèrent à exiger que le gouvernement français prît l'engagement de faire liquider et payer les sommes qu'il se trouverait devoir hors de son territoire, « en vertu de contrats ou engagements formels passés entre des individus ou des établissements particuliers et les autorités françaises, tant pour fournitures qu'à raison d'obligations légales ». Je rapporte cet article littéralement, parce que personne n'en comprit bien alors la portée, et le peu de soin qui fut pris pour son exécution dans les mois suivants, jusqu'à mars de l'année d'après, a eu les plus graves conséquences.

D'autres stipulations qui ne manquaient pas d'équité furent encore comprises dans le traité au sujet des dettes des pays cédés par la France et qui se trouvaient portées sur le grand-livre de sa dette publique. Il fut dit qu'on lui en tiendrait compte; de son côté, elle s'engagea à la restitution des dépôts et des consignations.

Des commissaires devaient être nommés par les parties contractantes pour régler dans leur ensemble et dans leurs détails l'exécution de ces différentes dispositions. Les facilités apportées à tout ce qui avait trait aux intérêts pécuniaires furent entièrement dues à l'empereur Alexandre, (jui se considérait toujours comme lié par ses premières paroles prononcées en entrant dans la capitale. Ce fut encore à lui qu'on dut la conservation de tous les objets d'art ou de science qui étaient dans les galeries, les musées et les bibliothèques.

Les Autrichiens se firent rendre quelques livres et quelques manuscrits enlevés à la Bibliothèque de Vienne; la

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