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NOUVELLES DÉSASTREUSES DE L'ARMÉE

Le 25 décembre, tous ces avis furent imprimes dans le Moniteur^ qui contint en même temps un décret par lequel M. Frochot fut destitué de ses fonctions de conseiller d'État et de préfet de la Seine. Il fut remplacé par M. do Chabrol.

Les nouvelles de l'armée arrivaient chaque jour plus désolantes. On apprit dans la première quinzaine do janvier, le sort des débris de l'armée, depuis le jour où l'Empereur s'en était éloigné. On sut que les pertes, depuis Wilna jusqu'à la Vistule, avaient encore été plus grandes que de Smolensk à Wilna. La défection du général d'York et des troupes prussiennes qui faisaient partie du corps d'armée, sous le commandement du maréchal Macdonald, ne laissait aucun doute sur la prochaine défection de la Prusse. Bientôt on apprit le départ subit du roi de Naples, auquel Napoléon avait laissé le soin de la retraite, et le découragement absolu qui en était résulté dans les restes d'une armée si misérablement abandonnée. L'alliance de l'Autriche, dans une situation si critique, était la seule chance de salut, mais jusqu'à quel point fallait-il s'y fier?

Napoléon ne pouvait se dissimuler les périls d'une situation qui allait ainsi s'aggravant chaque jour; mais il n'y voyait de remède que dans les nouveaux efforts qu'il allait tenter, dans les nouveaux sacrifices qu'il allait exiger du pays. Le 11 janvier 1813, un sénatus-consulte mit trois cent cinquante mille hommes à la disposition du ministre de la guerre : savoir, cent mille hommes de cohortes, cent mille pris parmi ceux des conscrits de 1809, 1810, 1811 et 1812, qui n'avaient pas encore été appelés, plus de cent cinquante mille sur la conscription de 1814.

La conscription de 1813 tout entière avait été levée dans le courant de 1812. Le dernier appel de cent vingt-sept mille hommes s'était exécuté dans le mois de septembre précédent, sur les ordres envoyés par l'Empereur, au moment ou il avait pris la résolution de s'avancer de Smolensk

sur Moscou. Mais toutes les levées ne fournissaient que de Finfanterie. La cavalerie ne s'improvise pas, et toute celle qui, quatre mois auparavant, avait passé le Niémen, pouvait être considérée comme détruite. Elle s'élevait cependant à plus de quatre-vingt mille hommes montés. Jamais aucune armée française n'en avait possédé une aussi nombreuse ni aussi belle.

L'imagination reste confondue quand on songe à tout le travail qu'il a fallu faire, et aux ressources en tout genre qu'il a fallu trouver, pour lever, habiller, équiper, fournir de munitions, organiser de tous points, dans l'espace de cinq mois, une armée de cinq cent mille hommes; et ce gigantesque résultat avait été précédé, dans le commencement de 1812, d'un effort déjà bien grand.

Ce fut cependant au milieu des soins qui devaient entraîner pour Napoléon l'obligation de donner à son administration militaire une impulsion aussi vigoureuse, qu'il trouva le temps de songer à ses affaires avec le Pape. Il était plus que jamais nécessaire de les terminer, car les moindres dissensions religieuses pouvaient augmenter singulièrement les embarras de la situation politique en Europe. Il paraît môme qu'il avait reçu à cet égard des observations de l'empereur d'Autriche; il lui était impossible de ne pas les prendre en très sérieuse considération. Il chargea l'évèque de Nantes de porter au Pape de nouvelles propositions. La négociation ne marchant pas assez vite au gré de son impatience, il se rendit avec l'Impératrice à Fontainebleau, sous prétexte de partie de chasse, se présenta inopinément à l'appartement de Pie VII, et employa auprès de lui toutes les séductions et toutes les menaces qu'il crut de nature à faire impression sur son esprit; il parvint enfin à arracher au Souverain Pontife son consentement à un arrangement provisoire. Il est connu sous le nom de Concordat de Fontainebleau.

Bien que les articles de cette convention, d'après les

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