‹ Histoire de mon tempsChapitre 27 sur 223 · RUPTURE DE L'EMPEREUR AVEC LE PAPE · texte numérisé non relu

RUPTURE DE L'EMPEREUR AVEC LE PAPE

« remords et le plus vif repentir avaient déchiré son âme ; « que sa seule consolation avait été de penser que le mal « fait à l'Église par ce consentement pouvait être réparé « dans l'acte postérieur de Farrangement définitif; mais sa « douleur s'était accrue excessivement lorsque, à sa grande « surprise et contre ce qui avait été formellement convenu « entre Sa Majesté et lui, il avait vu publier, sous le titre de « Concordat, des articles qu'il n'avait signés que comme « devant fournir les bases d'un arrangement futur. Il décla- « rait donc que sa conscience opposait des obstacles insur- « montables à l'exécution de ces articles, et qu'il reconnais- « sait, à sa grande confusion et douleur,- qu'il se serait « servi de son pouvoir, non pour l'édification, mais pour la « destruction, s'il exécutait ce qu'il avait inconsidérément a promis par ces articles. » Le reste de la lettre contenait quelques développements sur plusieurs des articles imprimés, dont les uns, y était-il dit, avaient besoin de modifications, tandis que les autres étaient radicalement mauvais et devaient être détruits, comme contraires à la justice et aux canons de l'Église.

Tous ces débats intérieurs durèrent, sans trop d'éclat, jusqu'au 23 mars. La veille au soir, la lettre du Pape avait été remise à l'Empereur. Il y répondit par un décret rendant obligatoire pour les archevêques, évêques et chapitres, le traité du 25 janvier, publié comme loi de l'État. Il statuait que les Cours impériales connaîtraient désormais de toutes les affaires comprises autrefois sous la dénomination d'appel comme d'abm, ainsi que de toutes celles qui résulteraient de la non-exécution du Concordat. Cette innovation dans les formes de procéder avait évidemment pour but de retirer au clergé la protection qui lui avait été accordée jusqu'alors, en ne le rendant justiciable que du Conseil d'État.

Les mesures de rigueur contre le Pape se renouvelèrent, on le priva de toutes communications avec les personnes

du dehors; les membres du Sacré Collège, encore admis auprès de lui, eurent défense de lui parler d'affaires, et le cardinal di Pietro , désigné comme le chef de l'opposition, fut enlevé de nouveau et transféré à Auxonne.

La paix ne fut donc, en aucune façon, rendue à l'Église, et ce dernier effort de Napoléon pour imposer sa loi au Souverain Pontife tourna entièrement contre lui. Il fut évident pour tout le monde qu'il avait agi avec mauvaise foi en prétendant attribuer un caractère définitif à un acte arraché à la faiblesse d'un vieillard et qui n'avait jamais été accepté qu'à titre provisoire.

L'évèque de Nantes, qui avait montré dans ces pénibles négociations tant de modération , mourut dans le mois de juillet; il voulut, avant de rendre le dernier soupir, faire entendre la vérité au Souverain qu'il avait servi dans la sincérité de son cœur, uniquement préoccupé des intérêts de la religion. Il lui écrivait peu d'heures avant sa mort : « Je vous supplie de rendre la liberté au Sain1>-Père; sa « captivité trouble encore les derniers instants de ma vie. « J'ai eu l'honneur de vous dire plusieurs fois combien « cette captivité affligeait toute la chrétienté , combien il y « avait d'inconvénients à la prolonger. Le retour de Sa a Sainteté à Rome serait, je crois, nécessaire à votre a bonheur, b

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