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PRÉPARATIFS DE GUERRE SUR L'ELBE. G

« est-il de travers? — Monsieur le maréchal, lui repara tis-je, vous ne lui ferez plus l'honneur de le regarder, « vous le tiendrez pour un pékin. »

En dernier résultat, cette organisation, qui m'occupa pendant la plus grande partie de l'été, eut un plein succès. La gendarmerie de Paris a rendu depuis de bons services; elle a contribué à garantir la grande ville des désordres qu'auraient probablement entraînés les deux occupations de 1814 et de 1815.

La nouvelle campagne allait s'ouvrir. Les Russes et les Prussiens avaient, dans le courant de l'hiver, poussé leurs marches et leurs opérations avec une activité qu'on ne leur avait pas connue jusqu'alors. Toutes les lignes défensives occupées par les troupes françaises avaient été successivement forcées. Dès les premiers jours d'avril, le prince Eugène, quittant les bords de l'Elbe, était venu se placer sur la Saale, après quelques tentatives infructueuses pour se jeter sur Berlin. L'armée prussienne comptait près de cent trente mille hommes, et la nation entière s'ébranlait; la jeunesse de tous les rangs, de toutes les classes, se formait en bataillons d'infanterie, en régiments de cavalerie ; la ville de Berlin, en un seul jour, avait fourni jusqu'à neuf miQe de ces volontaires. Il n'y avait donc pas un moment à perdre pour arrêter cet élan.

L'Empereur avait besoin d'un grand succès pour imposer à ses ennemis, pour relever le courage de ses soldats, pour leur rendre un peu de confiance. Gomment pouvait-il se flatter de l'obtenir à l'ouverture de la campagne? Malgré l'extrême rapidité avec laquelle toutes ses forces disponibles avaient été poussées en avant, il n'avait pu réunir encore, à la fin d'avril, sur les bords de la Saale, au delà de cent mille combattants, et les quatre cinquièmes de ceux qui se trouvaient rassemblés n'avaient jamais vu le feu.

C'était cependant une assez belle infanterie, dont les

cohortes avaient fourni la meilleure partie, et dont les liommes étaient, par conséquent, un peu moins jeunes que ceux de la conscription courante. Leur formation datait de près d'une année, et ceux-là au moins avaient eu le temps d'apprendre le maniement des armes. Mais la cavalerie, qui aurait dû venir à l'appui de cette infanterie, manquait presque entièrement; celle qu'on travaillait à former en France n'était pas encore en état de rejoindre, bien qu'on eût pris tous les chevaux de la gendarmerie qui se trouvait dans l'intérieur de l'empire; ils étaient généralement bons et en bon état, et on les avait largement payés, en laissant aux gendarmes, dont ils étaient la propriété, le soin de les remplacer et de se remonter le plus tôt possible. En même temps plusieurs corps de la cavalerie qui servait en Espagne avaient été rappelés; mais ces corps ne pouvaient être encore arrivés. Enfin, pour avoir une artillerie suffisante, il avait fallu remplacer les sujets si distingués que cette arme avait perdus, dans la campagne de Moscou, par les artilleurs de la marine. Ils ont admirablement servi pendant tout le reste de la guerre.

Le 15 avril, quand l'Empereur partit pour aller se mettre à la tôte de l'armée, elle pouvait compter environ cent dix mille hommes.

La ville de Dresde, évacuée par le maréchal Davout, avait été occupée par les Russes, et la ligne des opérations combinées des armées russes et prussiennes s'étendait, depuis la frontière de Bohème, sur toute la rive droite de l'Elbe. Les forces françaises étaient concentrées sur la rive gauche de la Saale, depuis Magdebourg jusqu'aux montagnes du Hartz. Le champ de bataille ouvert aux deux armées était donc entre l'Elbe et la Saale. La capitale, ainsi que tous les Ëtats du roi de Saxe, seul allié qui, dans cette partie de l'Allemagne, fût, malgré les instances dont il avait été assailli, resté fidèle à la France, se trouvaient envahis par les troupes ennemies. Le souverain, qui

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