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CONFÉRENCES DE FRANCFORT

les premières ouvertures. Quelque faible d'esprit et de caractère que fût le prince, il eut cependant assez de lumière pour ne pas tomber dans un piège aussi grossier. Il demanda qu'il lui fût permis, avant tout, de recevoir une députation de la régence qui, .en son absence, avait pris le gouvernement de son royaume et qui seule pouvait lui en faire connaître la véritable situation.

On permit au duc de San-Carlos, un de ses principaux conseillers, qui depuis cinq années en avait été tenu constamment éloigné, de venir le joindre à Valençay. Nous verrons un peu plus tard ce que son intervention a produit. Tout ce qui se passait de ce côté était tenu dans le plus profond secret, jusqu'à ce point que M. de Laforest avait été envoyé sous un nom supposé.

On en était là, quand l'attention fut appelée d'un autre côté. M. de Saint-Aignan, beau-frère de M. de Caulaincourt et ministre de l'Empereur à Weimar, avait été enlevé dans cette résidence par un parti de troupes étrangères qui le conduisit à Francfort, où se trouvait le quartier général des souverains alliés. Il y fut traité avec beaucoup d'égards, on lui parla de la possibilité de faire la paix, et, dans une conférence qui eut lieu le 9 novembre, entre lui, MM. de Metternich, de NesseLrode, et lord Aberdeen, le prince de Metternich lui dit formellement que les puissances coalisées étaient résolues à ne jamais rompre les liens qui les avaient récemment unies et qui faisaient leur force, qu'il fallait donc un seul traité dans lequel la paix générale serait réglée, et qu'on ne devait penser ni à un armistice ni à une négociation qui n'aurait pas pour premier but la paix générale.

Les souverains coalisés étaient unanimement d'accord sur la puissance et la prépondérance que la France devait conserver, en se renfermant dans ses limites naturelles, qui se trouvaient formées par le Rhin, les Alpes et les Pyrénées; que le principe de l'indépendance de l'Allemagne

était une condition sine quâ non; qu'ainsi la France devait renoncer à toute souveraineté dans ce pays; que l'indépendance de l'Espagne et le rétablissement de l'ancienne dynastie étaient également une condition sine quà non; qu'en Italie, l'Autriche devait avoir une frontière qui serait l'objet d'une négociation; que le Piémont offrait plusieurs lignes qu'on pourrait débattre; qu'on pourrait aussi discuter l'état général de l'Italie, pourvu toutefois qu'elle fût, comme l'Allemagne, gouvernée d'une manière indépendante de la France o\\ de toute autre puissance; que de même la Hollande serait l'objet d'une négociation, en partant du principe qu'elle devait être indépendante.

L'Angleterre, à cette conférence, déclara qu'elle était disposée aux plus grands sacrifices, dans le cas où on parviendrait à s'entendre pour conclure une paix qui serait fondée sur les bases que M. de Metternich venait d'indiquer. Cette hypothèse admise, elle ne demandait pas mieux que de reconnaître la liberté de commerce et de navigation à laquelle la France avait droit de prétendre.

M. de Saint-Aignan fut formellement chargé par M. de Metternich et M. de Nesselrode d'informer au plus tôt l'empereur Napoléon de toutes ces dispositions, et de lui faire connaître que, s'il agréait les principes d'une pacification générale, on pourrait neutraliser sur la rive droite du Rhin tel lieu qu'on jugerait convenable, et où les plénipotentiaires de toutes les puissances belligérantes se rendraient sans que les négociations suspendissent le cours des opérations militaires.

Bien que ces détails aient été rapportés dans une note do M. de Saint-Aignan rendue publique et qui souvent depuis a été réimprimée, j'ai cru devoir les consigner ici de nouveau, parce qu'ils donnent bien nettement le point de vue où il faut se placer pour apprécier sainement les grands événements qui vont suivre. M. de Saint-Aignan arriva à Saint-Cloud avec une grande rapidité, et, dès le 16 no-

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