PROPOSITIONS DES COALISÉS
a directe hors de ses limites futures, et renoncer à tous les « titres qui ressortaient des apports de la souveraineté et « du protectorat sur Tltalie» l'Allemagne ou la Suisse. »
La teneur d'une telle proposition devait donner lieu, en apparence, aux débats les plus vifs et aux pourparlers les plus délicats, le duc de Vicence se trouvant rejeté si loin de la base sur laquelle il avait espéré s'établir. Cependant sa volonté était tellement arrêtée de négocier et de terminer à tout prix, qu'il se borna, dans le premier moment, à demander quelques heures pour préparer sa réponse. La séance fut donc suspendue pour être reprise à sept heures du soir. Il apporta une déclaration dont voici la substance :
Il renouvelait d'abord l'engagement pris par sa Cour do faire, pour la paix, les plus grands sacrifices. Quelque éloignée que fût la demande faite en ce jour, au nom des puissances alliées, des bases proposées par elles à Francfort, bases fondées sur ce que les alliés avaient appelé euxmêmes les limites naturelles de la France, malgré ce prodigieux changement et nonobstant les objections dont il était susceptible, il n'hésiterait pas cependant à s'expliquer de la manière la plus nette sur cette demande.
Mais toutes les questions étaient tellement liées et subordonnées entre elles, qu'on ne pouvait prendre de parti sur aucune avant de les connaître toutes. Il ne pouvait aussi être indifférent à celui à qui on demandait d'énormes sacrifices, de savoir au profit de qui il les consentirait, et quel emploi on en voulait faire; si, enfin, on pouvait, en s'y résignant, espérer de mettre un terme aux maux de la guerre. Un projet qui développerait les vues des alliés dans leur ensemble pourrait donc seul remplir le but qu'on se devait proposer. M. le duc de Vicence demandait avec msistance que les plénipotentiaires des cours alliées voulussent bien s'expliquer clairement sur les points qu'il venait d'indiquer.
On ne pouvait certainement se tenir dans une mesure qui fît mieux comprendre le désir de s'entendre, et, hormis d'accepter purement et simplement, il était difficile d'aller plus loin, et de s'avancer plus franchement. Les plénipotentiaires alliés déclarèrent qu'ils prenaient la réponse ad référendum; mais quel ne fut pas l'étonnement du duc de Vicence lorsqu'il reçut, le 9, une lettre de ces plénipotentiaires qui l'informait que l'empereur de Russie ayant jugé à propos de se concerter avec les souverains ses alliés, sur l'objet des conférences de Ghàtillon, Sa Majesté avait donné l'ordre à son plénipotentiaire de déclarer qu'Ëlle désirait que les conférences fussent suspendues jusqu'à ce qu'EUe lui eût fait parvenir des instructions ultérieures! M. le plénipotentiaire français était donc informé que les conférences devaient être interrompues, et qu'on s'empresserait de le prévenir du moment où il serait possible d'en reprendre le cours. En vain le duc de Vicence répondit par une note, dans laquelle il s'efforçait de faire sentir l'inconvenance d'un pareil procédé; le parti était pris, il ne fut pas possible de le faire changer.
Le duc de Vicence, qui avait gardé l'habitude de correspondre confidentiellement avec M. de Mettemich, s'était adressé à lui, dans cette journée du 9, pour lui faire part de l'intention où il était de demander aux plénipotentiaires alliés si la France, en consentant à rentrer dans ses anciennes limites, obtiendrait immédiatement un armistice; que si, par un tel sacrifice, un armistice pouvait être sur-lechamp obtenu, il était prêt à le faire, et même, dans cette supposition, à remettre à l'instant une paitie des places que la France devait perdre.
Comment expliquer la résolution qui avait si brusquement suspendu les conférences? Elle était née dans l'esprit de l'empereur Alexandre, et lui avait été inspirée par le général Pozzo. Les succès remportés au début de la campagne par les armées coalisées offraient enfin une occasion