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OPPOSITION DE LA PRUSSE ET DE L'AUTRICHE

nion» rédigèrent, chacun de son côté, des notes destinées à être mises sous les yeux de l'empereur Alexandre. Enfin, sous le titre de conclusion, M. de Hardenberg, qui en fut chargé, résuma les raisons qui avaient prévalu dans la conférence. Une circonstance particulière m'a mis dans le cas de voir cette pièce en originaJ, ainsi que la note rédigée par lordCastlereagh; je puis donc garantir l'exactitude des faits que je viens de rapporter.

La lettre de M. de Hardenberg, qui accompagnait le résumé, est en date du 13, et déjà il avait connaissance des premiers revers essuyés par Blûcher sur la Marne; il n'avait pas négligé de s'en servir pour renforcer ses arguments. Toujours il revenait sur l'impossibilité d'abandonner des avantages certains pour courir après d'autres avantages tout à fait problématiques. Il serait beau, disait-il, et fort glorieux de rétablir la maison de Bourbon sur son trône, mais l'empereur Alexandre pouvait-il donc vouloir sacrifier le sang de ses braves soldats pour un objet qui n'était pas essentiel? Puis, fallaitril avoir tant de confiance dans la fortune, et quelque grandes qu'eussent été les victoires obtenues, en fallait-il moins craindre les revers? N'était-on pas toujours exposé à de grands dangers?

L'Autriche avait posé la question avec une rare sagacité; il était impossible que la Prusse se hasardât, pour un essai tout à fait problématique. Alexandre, à qui elle devait tant, ne voudrait sûrement pas compromettre les immenses services qu'il lui avait rendus, en courant vers un nouveau but dont la vaine poursuite pourrait tout remettre en question. Dans son impatience de voir les négociations avec Napoléon marcher d'un pas rapide, M. de Hardenberg, s'arrêtant à la supposition que l'armistice aurait lieu, suggérait l'idée que la ville de Paris fût neutralisée, que les souverains s'y rendissent tous avec un détachement de leur garde; ainsi rapprochés, on s'entendrait avec plus de facilité; une fois dans la capitale, on pourrait mieux juger

l'esprit de la nation ; il fallait bien reconnaître qu'elle n'avait pas jusqu'alors manifesté ses vœux pour l'ancienne dynastie.

Il est vraisemblable que cette idée de neutraliser Paris était mise en avant pour flatter le désir qu'on supposait à l'empereur Alexandre de ne pas retourner dans ses États sans être à son tour entré dans la capitale de celui qui avait pénétré à main armée jusque dans la sienne. Voici maintenant quel était le texte presque littéral de la note, sous le titre de cancltision :

!• Le plénipotentiaire russe de Chàtillon recevra l'ordre de continuer les négociations ;

2"" Le ministre des affaires étrangères d'Autriche sera autorisé à répondre au duc de Vicence que les plénipotentiaires alliés sont prêts à écouter et à admettre des pourparlers d'armistice, fondés sur les bases indiquées par le négociateur français, savoir : qu'il sera donné aux alliés des sûretés militaires pour une paix assise sur le principe que la France est prête à rentrer dans ses limites telles qu'elles existaient avant 1792;

3* Que les plénipotentiaires de Chàtillon recevraient Tordre de négocier et de conclure un armistice sur les bases suivantes : suspension d'armes, pour le terme de quinze jours, avec dénonciation de trois jours, remise immédiate des forteresses de Luxembourg, de Berg-op-Zoom, Anvers, Mayence et Mantoue; Huningue et Besançon données en dépôt. Les corps formant la garnison de ces places mis en cantonnement de dépôt. Admission, comme bases de la paix, des limites de la France telles qu'elles étaient avant

Ce qu'il y avait de plus remarquable dans la note particulière de lord Castlereagh, était le soin qu'il prenait d'établir que toutes les convenances seraient violées si l'Angleterre refusait de traiter avec Napoléon, lorsque tant de pas avaient déjà été faits, de son consentement, avec sa parti-

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