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M. DE VITROLLES A CHATILLON

de Dalberg, qui l'adressa à M. de Nesseirode et à M. de Stadionsurtout,avecrecommandationd'éviterM.deMettermch et de ne s'ouvrir de rien avec lui. Le moyen de se faire reconnaître était d'abord un cachet appartenant au duc de Dalberg et que, dans ses nombreux séjours à Vienne, il avait eu souvent occasion de montrer à M. de Stadion, plus une lettre dans laquelle se trouvaient écrits en encre sympathique deux noms de femmes qui devaient lui rappeler des liaisons connues du duc de Dalberg seul, enfin les renseignements secrets dont M. de YitroUes était porteur, qui devaient prouver à quel point il était initié dans les complots des ennemis de Napoléon.

Fort aventureux par caractère, le duc de Dalberg s'était probablement, dans ses instructions particulières, plus avancé en faveur de la maison de Bourbon qu'il ne convenait à M. de Talleyrand de le faire. En cela il n'avait pas manqué de perspicacité; il avait prévu, comme Napoléon lui-même, le seul dénouement qui fût possible, du moment qu'on voulait la fin du régime impérial.

Le départ de M. de VitroUes eut lieu le 6 mars; il arriva sans encombre à Chàtillon, se présenta sur-le-champ chez M. de Stadion, qui lui montra les meilleures dispositions, lui donna les renseignements qui pouvaient lui être utiles, mais ne lui dissimula pas que rien ne se ferait par sa cour sans l'intervention de M. de Metternich, que c'était folie de vouloir se cacher de lui.

L'arrivée de M. de VitroUes à Chàtillon eut cela d'important qu'elle ne laissa aucun doute sur ce fait que, dans Paris, il y avait des hommes sérieux qui paraissaient décidés à contribuer de tout leur pouvoir à la chute de l'Empereur. En voyant à leur tête le nom de M. de Talleyrand, on dut aussi les croire plus nombreux et plus puissants qu'ils ne Tétaient en réalité. Gomment supposer qu'un homme habile risquât de compromettre une existence comme la sienne sans avoir derrière lui un parti fort considérable? Je ne fais

donc aucun doute que bien qu'il ait été d'abord accueilli très froidement, excepté par M. de Stadion,M. de VitroUes n'ait beaucoup contribué à affermir les résolutions des membres du Congrès dont le but secret était la ruine de Napoléon.

M. de Stadion envoya M. de VitroUes au quartier général des souverains; là il rencontra l'opposition très nette de l'Autriche* M. de Metternich déclara que si Napoléon se résignait aux conditions qui lui étaient proposées, la paix se conclurait certainement avec lui. Il fut plus heureux auprès de l'empereur Alexandre qu'il trouva moyen d'aborder, secondé, parait-il, par M. de Nesselrode; il lui exposa, tel est du moins son récit, que le seul moyen d'en finir avec Napoléon était d'adopter enfin une cause française qui pût rallier les esprits en leur offrant une solution honorable. Si les alliés avaient rencontré tant d'obstacles depuis leur entrée en France, s'ils avaient déjà perdu près de quarante mille hommes, c'était faute d'avoir suivi la seule marche qui pût autoriser le pays à se déclarer en leur faveur. Il en était encore temps, on ne devait pas hésiter à prendre un parti qui lèverait toutes les difficultés, a Qu'on ose donc, « dit-il, proclamer la maison de Bourbon, puis qu'on marche a immédiatement sur Paris, tout sera bientôt terminé. »

L'empereur Alexandre, suivant M. de VitroUes, fut teUement frappé de cette manière de poser la question, qu'il lui donna peu après l'assurance que la résolution qu'il proposait était prise, que son conseil serait suivi, ajoutant même, en terminant la conversation, ces remarquables paroles : a Si nous venions d'ailleurs à échouer sous les « murs de Paris, la retraite ne serait pas plus difficile par « la Flandre que par l'Alsace et la Lorraine. »

Ce qui pourrait cependant faire naitre des doutes sur l'importance que ce prince attachait à la mission de M. de VitroUes, c'est qu'il ne le mit point en rapport avec le général de Pozzo, qui possédait dès cette époque toute sa confiance

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