‹ Histoire de mon tempsChapitre 94 sur 223 · CONSEIL DE GUERRE DE SOMMEPUIS. S^OO · texte numérisé non relu

CONSEIL DE GUERRE DE SOMMEPUIS. S^OO

qui, poursuivant avec passion le but qu'il voulait atteindre, démontra la nécessité d'une nouvelle délibération; c'est lui qui contribua le plus à la résolution qui fut prise. Appuyé par plusieurs généraux russes et entre autres par le général Diebitch, qui remplissait, je crois, les fonctions de major général dans Tarmée russe, il pamnt à convaincre son maître que l'occasion était admirable pour marcher sur Paris et pour s'emparer de cette ville. Sa conquête enlèverait non seulement à Napoléon ses plus grandes ressources, mais donnerait encore à l'opinion publique une occasion d'éclater; sa chute était certaine.

L'empereur Alexandre n'hésita pas à faire connaître au prince généralissime que sa résolution était irrévocablement prise de marcher sur Paris avec les armées réunies, et qu'il se faisait fort du consentement de ses alliés. Le roi de Prusse se trouvait à quelque distance en arrière, l'empereur d'Autriche était encore h Chaumont. Le prince de Schwarzenberg accéda d'autant plus facilement à cette résolution qu'il venait d'apprendre que le maréchal Blucher, à la tête des Prussiens et des Russes, avait déjà vigoureusement poussé devant lui les maréchaux Marmont et Mortier, qu'il occupait Reims, Château-Thierry, et était au moment d'entrer à Châlons.

Il n'y eut plus dès lors d'incertitude, tout fut disposé pour opérer la complète réunion des forces coalisées et les porter sur la capitale de la France. On prit en môme temps les précautions nécessaires pour dérober cette marche à Napoléon et pour qu'il se crût au contraire suivi par la grande armée. Un gros corps de cavalerie, soutenu d'un peu d'infanterie, et pouvant aisément être pris pour l' avantgarde de cette armée, fut mis à sa poursuite; au même moment une nuée de troupes légères fut jetée sur ses flancs de manière à intercepter ses communications avec le pays qu'il laissait derrière lui. C'est ainsi que furent enlevés courriers et ordonnances qui ne purent gagner le quartier

général et qu'il fut pendant plusieurs jours sans nouveUes de Paris. Rien ne s'opposait à sa marche, elle fut rapide. Dès le 24, il avait passé Saînt-Dizier; le soir de ce jour son quartier général était établi à Doulevent; ce même jour les opérations des alliés sur Paris avaient commencé , elles durèrent jusques et y compris le 30. Il ne fallut donc pas plus de sept jours pour les rendre maîtres de la capitale.

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