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CHAPITRE XI

L& nouyelle des combats d'Arcis- sur -Aube parvient à Paris. — Les communications avec l'armée impériale sont interceptées. — Mortier et Marmont, battus à la Fére-Ghampenoise, découvrent la capitale. — Une dépèche très compromettante du prince royal de Suède au général Maison tombe aux mains des alliés. — Le lieutenant général Joseph s'apprête à défendre Paris. — On met en question le séjour de l'Impératrice dans la capitale; consulté à ce sujet par le duc de Rovigo, M. Pasquier signale les inconvénients que présenterait le départ de la souveraine. — Après un long débat, le lieutenant général produit une lettre de l'Empereur qui enjoint à Marie- Louise de sortir de Paris. — Vive discussion entre MM. Pasquier et de Talleyrand sur l'opportunité de cette mesure. — Propos significatif tenu peu après par M. de Talleyrand sur M. Pasquier. — Mauvaise impression produite par la fuite de l'Impératrice. — Napoléon découvre la ruse des alliés; il hésite sur le choix d'un plan de campagne; une lettre de M. de La Valette fait cesser ses incertitudes; il marche au secours de Paris. — Dernière tentative du duc de Vicence pour reprendre les négociations. — M. de Wessenberg, fait prisonnier, est envoyé par l'Empereur auprès de son beau-père, avec un message confidentiel. — Les alliés attaquent Paris. — Physionomie de la ville durant la bataille. — Joseph, éclairé tardivement sur les véritables forces des coalisés, donne aux deux maréchaux l'autorisation de capituler et va rejoindre l'Impératrice h Rambouillet. — Sur son ordre, tous les ministres s'y rendent pai-eil- Icment. — M. de Rovigo confie sa correspondance avec l'Empereur & M. Pasquier. — Celui-ci reçoit la visite de Mme de Rémusat et de M. de Talleyrand, qui cherche un moyen de rester dans Paris. — Stratagème qu'il emploie pour arriver & ses fins.

Les deux combats d'Arcis-sur-Aube ne furent d'abord que très imparfaitement connus; aucun bulletin officiel n'en a jamais été publié. Le 21, on avait lu dans le J/on/teur un court résumé des nouvelles reçues par l'Impératrice. Le 24, dans la matinée, on fut informé assez vaguement des combats du 20 et du 21. On sut même qu'à la suite de

celui du 21, TEmpereur avait pris la direction de Vîtry, mais y avait-il été forcé ? était-ce une détermination de son choix? Pour moi, je ne pouvais douter que la journée du 21 ne nous eût été fort contraire, et le mouvement sur Vitry me semblait au moins très hasardé. C'était aussi l'opinion de M. de La Valette.

Le soir, je rencontrai l'archevêque de Malines, qui me tint un tout autre langage. « Quelle grande nouvelle I me « dit-il ; les ennemis ont enfin fait la faute que je prévoyais (c depuis longtemps » ; — il avait de grandes prétentions à juger les manœuvres militaires ; — a ils ont laissé passer « l'Empereur sur leurs derrières, et, avant trois semaines, « vous les verrez dans une dislocation complète et obligés « de repasser le Rhin en fuyant. Heureux ceux qui pour- « ront regagner l'autre rive I » Le pensait-il sérieusement? J'incline à le croire; mais il pouvait aussi avoir à cœur de réparer, auprès d'un homme appartenant au gouvernement, l'éclat d'une scène qu'il avait eue peu de jours auparavant chez le ministre de la police avec le général Sébastian!, venu de l'armée passer vingt-quatre heures à Paris, et auquel il avait voulu persuader que tout était perdu. Sa conversation avec moi n'en est pas moins fort piquante, surtout lorsqu'on la rapproche de ce qu'il a écrit bientôt après et de l'assurance avec laquelle il s'est vanté d'avoir tout prévu avec la dernière précision.

Nous ne fûmes pas longtemps sans nous apercevoir que toutes les communications avec l'armée de l'Empereur étaient interceptées, rien n'arrivant plus, et aucune réponse n'étant faite aux dépêches. Les estafettes qu'on avait expédiées dans les journées du 25, du 26 et du 27 ne laissèrent aucun doute sur la résolution qu'avaient prise les ennemis, sur la réunion de tous leurs corps, et sur la direction dans laquelle ils s'avançaient; c'était évidemment celle de Paris. Ajoutez que le succès qu'ils avaient obtenu le 25, dans les environs de la Fère-Champenoise, sur les maréchaux Mor-

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