‹ Histoire de mon tempsChapitre 15 sur 42 · Né à Paris le 7 décembre · texte numérisé non relu

Né à Paris le 7 décembre

par les journaux furent l'objet d'une amnistie générale et il n'y eut pas jusqu'aux condamnés par les conseils de discipline de la garde nationale qui n'éprouvassent les faveurs du nouveau souverain à propos de son élection.

Restait la question délicate de la reconnaissance de Napoléon 111 , comme empereur des Français, par les puissances signataires des traités de 1814 et de 1815 qui avaient détruit le premier empire et déclaré à jamais déchus du trône tous les membres de la famille Bonaparte. Des intrigues , avons-nous dit plus haut ^ tendaient à retarder la réalisation de cet acte dans certaines cours et le personnage qui tenait les fils de ces intrigues diverses n'était autre^ comme nous l'avons déjà fait pressentir, que l'empereur de Russie, Nicolas.

On a vu que le tzar, très-satisfait d'abord de la victoire militaire remportée sur la démagogie ^ s'était, à la réflexion et lorsqu'il avait pensé que Louis-Napoléon restaurerait facilement en France le trône de Napoléon V\ montré moins bienveillant pour l'élu de la nation française. Il aurait, comme nous l'avons dit, accepté très-volontiers le président ou le consul à vie d'une république, mais l'idée de cette restauration de la dynastie des Bonaparte avec le titre impérial lui était antipathique, et c'est sous l'impression d'un sentiment hostile qu'il fit dans le courant de 1852, les deux visites

aux cours de Vienne et de Berlin que nous avons déjà mentionnées. Il voulait dès lors établir une action commune entre l'Autriche, la Prusse et la Russie en prévision du rétablissement probable de l'empire en France.

Pour traiter cette question délicate^ le nouvel empereur avait^ comme ministre des affaires étrangères, un homme parfaitement rompu de longue date aux négociations diplomatiques et dont l'habileté pleine de finesse, énergique au besoin, ne pouvait être un seul instant contestée. Cet homme était M. Drouyn de l'Huys ' .

M. Drouyn de l'Huys avait remplacé, dans les derniers jours de juillet 1852, M. Turgot qui avait reçu au 2 décembre le portefeuille des relations extérieures. Ce dernier, ancien officier de la garde royale sous la Restauration, démissionnaire pendant les journées de juillet, nommé pair de France par le roi Louis-Philippe s'était , au commencement de 1851, mêlé au mouvement conservateur qui tendait à prolonger les pouvoirs présidentiels du prince Louis-Napoléon et avait fait partie, en qualité de vice-président, du comité pour la révision de la Constitution^ dont le pétitionnement fut,

Page 1