X NOTICE
sumë est un tableao vivant et sincère où les hommea et les partis sont peints avec une sagacité et apprécies avec une justice qu'on chercherait en vain dans les autres écrits du temps, peu t*étre même des temps postérieurs. Quant à la restauration , il n'est pas vrai, comme on l'a dit souvent, qu'elle ait à se plaindre de l'histoire que Bumet nous en a laissée^; il a écrit en Whig sans doute, et c'est son mérite, car les Whigs étaient alors le parti légitime et national \ mais il n'a partagé ni l'absurde crédulité, ni les passions égoïstes ou haineuses de son propre parti. Malgré la rudesse un peu grossière de quelques expressions, il a traité ChariesII, Jacques II, leurs conseillers et leurs amis, avec plus d'équité et de douceur qu'ils n'eu ont obtenu de la postérité. La postérité juge les gouvernemens en gros, d'après leurs principes et leurs résultats , sans y regarder de bien près pour découvrir si tel ou tel roi ou ministre possédait quelques qualités aimables, s'il a eu, dans sa mauvaise conduite , quelques lueurs de justice et de bon sens , s'il pourrait alléguer quelque expuse pour atténuer quelques uns de ses torts ^ elle a porté soo^ arrêt sur les deux derniers Stuart et condamné leur mémoire avec mépris. C'est aussi le résultat auquel Burnet conduit ses lecteurs y mais en même temps il leur fait voir tout ce qui peut en tempérer la rigueur. Il a vécu avec les hommes dont il parle, quelqaps uns l'ont traité avec bienveillance , d'autres l'ont amusé par les agréraens de leur esprit^ il comprend leurs erreurs , leurs torts , leurs vices mêmes ; et , quoi qu'il en pense ou qu'il en dise, il reste toujours dans