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tyrannique tout l'odieux de la dernière rébellion. Le projet était de les faire accuser par Turner; mais, celui-ci n'avait plus d'instructions ik produire. On crut quelque temps que leur disparition était un tour d'adresse de lord Rothes^ Mais , pendant que rajETaire pouvait encore être entamée avec succès , elles furent renvoyées bien cachetées au général , dans sa demeure. Ce fut alors lui qui ne voulut pas en faire usage. Piqué contre le gouvernement qui venait de le casser , il s^en vengea en homme d'esprit ^ refusant de montrer ses instructions et d'expc^ser ainsi des gens qui, dans le fait^ étaient ses véritables amis. Les poursuites en restèrent donc là. On cria beaucoup contre l'insuffisance de la réparation. On disait qu'après une rébellion amenée par les iniquités de quelques hommes puissans , une rébellion marquée par tant de sang répandu» c'était bien peu que de casser un ou deux officiers, et d'humilier quelque peu un grand sei« gneur , sans faire d'ailleurs quelqu'un de ces exemples publics capables d'être un sujet d'effroi pour les ministres pervers. Sir Robert Murray entreprit d'aller visiter par lui-même les pro* vinces occidentales de l'Ecosse. A son retour» il me dit qu'il y avait trouvé le clergé si ignorant et si corrompu , qu'il serait impossible de soutenir l'Eglise épiscopale» à moins de chasser de leurs chaires la plupart des ministres» et de
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les remplacer par d'autres plus dignes de leurs fonctions. Mais la chose n'était pas aisée. Burnet les avait tous placés , et il se croyait engagé d'honneur à les faire maintenir. Us se tenaient tellement les uns aux autres , qu'il n'y avait pas à espérer qu'aucun d'entre eux consentît à rendre témoignage en justice contre ses confrères. Et 3 quant aux habitans , des scrupules de conscience leur interdisaient ce rôle. Us prétendaient qu'accuser un ministre devant un évêque, c'était reconnaître la juridiction de l'évéque sur son clergé ; c'était , pour me servir d'un mot barbais fort usité parmi eux^ honîologuer son pouvoir. Murray, pour sortir de cette double difficulté^ proposa l'établissement^ par commission spéciale du. Roi^ d^une cour composée de laïques et d'ecclésiastiques > pour' examiner les bruits qui équipaient au d<^vantâge du clérgév II écrivit ce projet à Sheldon^ qui Tapprouva. Sharp parut l'approuver aussi , quoiqu'il lé dé* testât au fond du cœur , comme au pur érastia-f nisme , et le trouvât subversif de toute autorité ëpiscopale. Burnet^ disait que c'était le chasser de son évêché^ et le déclarer ou incapable dé juger son clergé ^ ou indigne de ce saint ministère. Son clergé se montrait encore plus indigné, A l'entendre , on allait le livrer à la rage de ses enoeinis , qui ne haïssaient en lui que les fonc4
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lions qu'il avait à remplir et sa constante sou*^ mission slux lois de l'Etat ^ et qui ne feraient ibute, si on les encourageait ainsi , & témoigner contre lui dans des tribunaux irrëgullers^ d'affirmer soûs sermentd'ëpouYantabfescalomnies.Tant d'qppositions firent avorter le projet di sir Roherl Murray. Les funestes effets de l'aversion que lady Dysert avait inspirée à Lauderdale contre Murray , commençaient i se faire sentir dans le coosèil d'Ecosse 9 dont elle avait détruit l'ac- <0rd4 Lord Tweedale continuait d'ailleurs d'en «treràme^èt lord Kincardin y jouissait après lui de la principale influence.
Les presbytériens 9 qui voyaient l'exécution d^s lois tempérée , et observaient la méfiance que lord Tiff eedale inspirait aux deux archevêques , ;s'imaglMrent qu'au fond de l'âme il était des leurs. Cette idée leur donna de l'insolence. Dans pluaieurs cantons ils maltraitèrent le clet'gé. Celui-ci; de son cotéf se figura qu'il n^avait plus de proteotion à attendre du gouvernement , qui songejBilt au enntraire & se. défaire de lui. Là -dessus , qiiautité de ministres entendant dire qu'ils trou-» y^aJebt de grands avantages en Irlande^ se lais^ sèi^tit gagner^ et désertèrent leurs cures. Le peupi^ ne> doutant pas que ceux-ci une fois partis , pn nû lui rendit. ses anciens pasteurs, se mon-^ trait partout très-disposé à favoHser. ces sot-tes*
de marelles; et Ton yit dé la sorte ^ eo trèi-peit de temps, beattcoiip d'ëgUses Tacantes dans les comtes de Tonest.
Lord Tweedale n'oublia rien pour engager Leigkton à le seconder dans ses pkn$. Il l^ayait fert Tante au Roi , et le hii aVait représente comme le prem'ier homme de FEgtise d'Ecosse»
Lïdee favorite de lord Tweedale était de jnemet-' tre entre ses mains la direction des afiaires ec*-' clésîastiqties, et il m'a dit souvent que plus des deux tiers dés affaires dà gonTernement d'Ecosse étaient de cette nature. Aussi eAt-il cru avoir beaucoup fait s'il était parvenu à régénérer le clergé ëpiscopal , et à lui donner powr chef un homme conime Leighton. Il tâcha aussi de ga*^ gner M. Charteris. Mais ce dernier avait de si tristes idées sur le genre humain et de si mo*^ destessur lui-même , qu'il ne> voyait que peu de bien à faire , et que ce peu de bien ^ dont il ac-^ cordait la possibilité ^ il se croyait incapable de l'opérer. Léighton consentit à £iire UU' voyage à Londres , où il eut > à ce qu'il m'a dit , déu^K ait-* diences du Roi. Après l'avoir entretenu de ce qu'il y avait d'insensé dans la manière dont on avait administré jusqu'ici les affaires de l'Eglise ^ et de là nécessité de rev^iir à des voies de modération , il lui proposa de ramener le parti prèsbytérien en faisant de légers changemens h la ré-> daction dés lois et par des concessions de peu
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d'importance, à l'aidé desquelles on pourrait tout gagner pour l'avenir., en feignant de se relâcher un peu dans le présent. Il n'entra d'ailleurs dans aucun détail , se bornant & affermir le Roi dans la direction que le cours des événemens l'a* Tait forcé de donner à son gouvernement , bien qu'elle fût contraire à ses inclinations, tant en Angleterre qu'en Ecosse. Mais , pour plus de clarté , je dois changer le lieu de la scène.
Les malheurs de la guerre de Hollande avaient jeté tant de défaveur publique sur la cour, que le Roi sentit la nécessité de regagner lestime et l'affection de ses sujets. Il savait que des adoucissemens apportés à l'exécution des lois contre les non -conformistes seraient fort bien reçus de la cité de Londres^ et en général de toute la portion commerçante du royaume. La chambre des communes toutefois persistait dans son emportement, et donnait tous les jours à ses actes u(i nouveau degré de violence; mais la rigueur pouvait en iêtre tempétée dans la pratique durant les intervalles de session.
Cependant le comte de Clarendon voyait son crédit sensiblement diminué, tous les secrets im^ portans confiés à Bennet, et. son rôle dans le cabinet borné aux fonctions de sa charge. Lady Castlemaine était son ennemie jurée, et agissait eu conséquence. Le duc de Buckingham , admis sans cesse dans la familiarité du Roi , employait
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DE MON TEMPS. 7t
toutes les ressources 'de son esprit et de sa gaité caustique à tourner en ridicule lord Clarendon et ses conseils. Une plaisanterie vive et mordante avait toujours eu une grande puissance sur le Roi. Deux circonstances malheureuses contribuèrent de plus à perdre le chancelier. Charles lui avait fait don d^un terrain considérable près de Saint- James pour y bâtir une maison. Son projet /était d'en faire construire une qui fût simple et commode ; mais n'entendant rien luimême à ces sortes d'affaires, il se remit de ce soin à un architecte , qui l'entraîna dans une dépense de cinquante mille livrés sterling, c'est-àdire du triple de. ce qu'il comptait y mettre. Pendant la guerre, et dans l'année de la peste, il ne cessa d'avoir trois cents ouvriers , dans l'idée que c'était faire plaisir au public que de donner du travail à tant de monde, et de verser ainsi dans la consommation générale des sommes d'argent considérables par un si grand nombre de canaux différent. Mais l'effet ûit contraire; on jeta les hauts cris. liCS uns appelèrent cette maison la maison de Dunkerque , pour insinuer qu'elle était bâtie avec lapart que son propriétaire avait eue dans la vente de Dunkerque» D'autres l'appelèrent là maison de Hollande, parce que le chancelier s'étant toujours opposé à la guerre , on s'imaginait qu'il recevait de l'argent des floU landais. Ce qui frappait tous les regards, c'est
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que dans un temps de calamité publique il faisait élever un palais somplueux. Voici Tantre circonstance fâcheuse pour le chancelier; elle se rattache à la première. Avant la guerre , oh avait projeté la réparation de Saint-Paul » et déjà beaucoup de pierres avaient été amassées. Les préoccupations plus graves de la guerre rendirent ces» préparatifs inutiles. Clarendon acheta les pierres,^ et eh fit usage pour sa nouvelle, maison. Celte parf icutarité 9 si futile qu'elle puisse paraître aujourd'hui 9 fut d'un grand effet entre les main» de, ses ennemis.
Un autre malheur ^ bien autrémervi grave, du^ chancelier, fut de perdre son meilleur ami , celui* en qui il avait toute confiance , et qui était son principal appui, le comte de Southampton. Le» douleurs de la pierre, dont il était attaqué, étaient devenues si violentes qu'il avait pris le parti de se faire opérer, lorsqu'il se présenta une femme quî se vantait de posséder le secret d'un dissolvant infaillible, et qui lui offrit de tels garants de l'efficacité de sa recette, qu'il se remit entre ses mains. L'effet du remède , d'abord hettreu:s , funeste ensuite , ne fut que trop réel. Il sortit en effet une grande quantité de gravier, ressemblant aux débris d'une pierre qui se dissoudrait eh petites écailles. Ce début l'encouragea à continuer le remède de l'étrangère, jusiju'à ce que la douleur devint si forte que Jamais homme n'est
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jnort dans des tourmens comparableik JL^eon^èft^Q mal domiait par fois un tel ëbranAeinciit k tons ses niemlires^ que la coirnsotion se coimniukii** quàit à son Ht. Il supparta ces harribles sou^ ftaoces avec une patience qui tenait du prod^e; Non^séulemènt la nature dé. la maladie ne lui arracha aucune parole qui pût blesser Toreitle la plus délicate 9 mais il ne cessa pas un instant de donner le beau spectacle de la fermeté la pluar kéroïque^ jointe à la résignation la plus ekrétienne; On l'ouvrit après sa mort; et la cause des atroces douleurs qu'il avait éprouvées né fut pliis un myatère. La pierre était recouverte d'une aorte d'envelt>ppe gluante qui rendait moins dou^ loureux son frottement avec les qinscles de \m Tesâie ; mais cette enveloppe une fois enlevée par rèffet dû remède , les parties intérieures et plus |-«Kles de la pierre, rongées encore par «ne disso^ lutîen commencée , réposaient à nu sur le col de la vessie, et occasiofinaient les souffrances inouies qui avaient terminé les jours du comte de Sou-* tbampton. Sa mort délivra la cour d'pn grand homme qu'elle haïssait, et dont elle se Savait noéprisée. La trésorerie fut mise en commission y sans que le conate die Clarendpn y eût aucune part. Ce ministre pbutait voir en outre que la guerre, quoiqu'elle eût été entreprise sans sa participation, allait tourner contre lui et consommer sa ruine , parce qu'on lui en imputait
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tous les. revers. L'affaire de Chatam (ut, Ji la ▼érite% lin coup terrible ^ dont la honte surpassait encore les pertes positives. Après plus de einq millions de livres sterling, que le parlement avait donnés pour la guerre, le Roi s'était trouvé hors d'état , par ses profusions et les rapines de ses courtisans, de mettre une flotte en mer et de défendre nos côtes* A la première nouvelle de Tapparition des Hollandais à Pembou* chure de la rivière, le Roi , au Heu de monter à cheval , et de marcher en personne à la tête de ses troupes dans un danger si pressant , se contenta d'y envoyer le ducd*Albemarle. Pour comble d'infamie, il songeait déjà à se retirer à Windsor; mais c'était afficher si naïvement sa pusillanimité qu'on l'en fit rougir et qu'il resta. Le bruit courut qu'il avait passé une partie de la nuit à se di- *vertir avec ses maîtresses. Cette circonstance^ véritable ou controuvée , lui attira quantité de * libelles ^ écrits avec autant d'esprit que de malice , et qui le livrèrent à un mépris universel. On l'y coQi parait à Néron , chantant pendant l'incéndils de Rome. Un ou deux jours, il parcourut les rues de Londres à cheval , accompagné des personnages les plus populaires de sa cour 5 et assura les citoyens qu'il Voulait vivre et mourir au milieu de son peuple. Quelques acclamations se firent entendre 5 mais isolées et sans entraine* ment. La cité était encore en cendres , et l'idée
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que Tinceiidie avait été le produit de cfuelque macJiiiiatioD était si enracinée dans les esprits , que le Roi lui-^méme n'était pas à Tabri de tout soupçon. Si les Hollandais, dans la première consternation oJi ils nous jetèrent ^ eussent profité de leurs avantages^ ils auraient pu nous faire beaucoup plus de mal , remonter très^haut la Tamise 9 et brûler quantité de .vaisseaux marchands; mais ils crurent en avoir assez fait, et se retirèrent. L'embarras de la cour fut extrême, tant elle regardait, sur l'assurance que les Français lui en avait donnée, la paix .comme faîte. Je ne saurais décider si , comme on l'a cru beaucoup, ce ne furent pas les Français qui conseillèrent et favorisèrent cette expédition , dans la double intention d'affaiblir la flotte anglaise , et d'obliger Charles , pour se venger de- l'affront qu'il venait de recevoir, à rechercher de nouveau leur alliance contre les Hollandais, quand leur politique s'accommoderait de cette combinaison. Le comte d'Essex était vers ce même temps à Paris, où il passait à son retour des eaux de Bourbon. Il m'a conté que la reine-mère d'Angleterre, le connaissant. pour être membre du conseil privé de son fils, voulut lui parler, et lui dit que les Irlandais s'étaient adressés à la cour de France pour en avoir de l'argent, des armes et quelque officiers, qui les aidassent à mettre leur île sous sa puissance. Le comte d'Essex
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ajoutait que les aTis de cette princesse lui avaient paru dictés par uti TérttaUe attachement poqr MB fils; mais ce ne Axt pas mie petite surprise pour }iû de trouver si peu de pénétration et de jugement dans une femme dont Famabilîté duos un salon était un des phénomènes du siècle,' qai charmak tous ceux qui rapprochaient par la grâce et la vivacité de son imagination, et ^t en&i avait conduit tant et de si grandes affaires* Il né s'étonna plus que tous les conseils du f<M rot eussent tourné contre lui , du moment ou il eut connu celte qui les dirigeait. Mais , pour eà revenir à la proposition des Irlandais , les Français avaient alors de bien autres desseins. Le roi d'Espagne était mort; et il se trouvait quV* près s'être conduits durant notre guerre avec la Hollande de telle manière qu'ils n^avaient fait aucune dépense, n'avaient pas risqué un vais* seaU dans un engagement pour secourir leurs alliés, et que l'Angleterre et la Hollande avaient épuisé leur marine comme leurs finances, ils s^arrangeaient, actuellement que le Roi né pouvait plus continuer la guerre, pour qu'il leur eàt toute l'obligation de la paix. Je ne parlerai point de nos négociations avee l'évéque de Munster, ni de la perfidie avec laquelle il rompit ses engagemens, parce que je ne sais, sur cette portion de Phisloire du temps, que ce qui en est imprimé; La paix ne fut pas plutôt conclue , que le Roi >
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effraye des avantages qu'elle donnait à l'oppost*' tien dans le pariement qni allait $e réunir , calcula que la disgrâce d^iln ministte, contre lequel une longue possession des premiers emplois aidait suscité beaucoup d'envieux et d'ennemis , serait noe mesure agréable au peuplé» derrière laquelle lui et sa cour trouveraient un abri. D'autres con«* fiideratig^ns précipitèrent cet événement. Le Roi était très-fatigué de la Reine ^ et , si l'on en croit ce qui se disait alors ^ avait grande envie d'eu êtriB délivré* On accusait lord ClareudoD d'avoir fait ce mariage pour assurer la éouronne aux enfans de sa fille. De plus^ certains membres de la chambre des communes , tels que ClifFord^ Osborn , Ker , Littleton et Seymour, vinrent trouver le Roî> et l'assurèrent qu'à l'époque de la restaurration leur projet était de le rendreet plus absolu et plus riche ^ mais que lord Clarendon les en avait dissuadés , et qu'il avait , par ses amis , semé tant d'ombrage dai^s le parlement contre Sa Majesté^ que celui-ci avait cru prudent de ne point se fier à elle sons restriction. Ces paroles firent une profonde impression sur le Roi, déjà dégoûté du ton doctoral de lord Clarendon , et fort disposé à secouer le joug d'un ministre qui avait quelquefois le tort de ne pas ass62 déguiser son opinion.
Cependant l'idée qu'il aurait à s'occuper plus sérieusement de ses affaires, était pour le Roi ua motif si puissant d'incertitude et de crainte^
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qu'il est douteux qii'il se fût jamais séparé de lord Clarendpn , si un mécompte dans ses nombreuses amours n'était venu aigrir son ressentiment et faire taire sa paresse» Les charmes de mistriss Stewart ayaient fait une telle impression sur ce prince 9 et elle opposait à ses empressemens une vertu si ferme que^ dans le désespoir d'en rien obtenir par la séduction^ il songeait aux moyens de l'épouser. Le duc de Richmond, libre par le veuvage , la recherchait en même temps. Le Roi , n'osant s'opposer ouvertement a ce mariage, feignit d'y consentir; mais> sous prétexte du vif intérêt qu'il portait à la jeune personne, il demandait préalablement que le duc de Richmond lui assurât un douaire considérable. Il espérait, par ce détour, avoir rompu décemment la chose, parce qu'il savait que les affaires de ce seigneur étaient fort dérangées. Le Roi chargea lord Clarendon d'examiner sa fortune , et la nature des avantages qu'il proposait de faire à 3a femme. Mais lord Clarendon, suivant ce qui fut rapporté au Roi, à tort ou à raison, je l'ignore, lord Cla-^ rendon, dis-je, fit entendre à mistriss Stewart qu'à la vérité les affaires du duc de Richmond n'étaient pas claires , mais qu'une famille alliée de si près à la famille royale ne pouvait jamais être laissée dans la médiocrité, qu'elle ne devait pas s'attendre à retrouver facilement un aussi beau mariage, et qu'il lui conseillait en conséquence
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d'y regarder à deux fois avant de le rejeter. Ce conseil^ vrai ou faux^ fut représenté comme le résultat du dessein formé par le chancelier de faire monter un jour ses peiifs-enfans sur le trône^ et de la crainte que le Roi^ venant à se débarrasser de la Reine d'une manière ou d'autre ^n'épousât ensuite mistriss Stewart. Lorsque le Roi la vit décidée à accepter la main du duc de Richmond, il lui offrit de la faire duchesse ^ et de joindre à ce titre la donation de terres considériaibtes , mai^ sans obtenir d'autre réponse sinon qu'elle voyait bien qu'il ne lui restait plus d'autre parti à prenr dre que de se marier y pu d'être perdue d'honneur dans l'opinion du monde. Dans cette extrémité, elle consentit à sprtir en secret de WhitehaU avec le duc de Richinond, qui avait pour elle la pas«o sion la plus vive^ et à l'épouser à l'insu du Roi« Le fils du comté de Clarendon , lord Cornbury , à qui elle avait donné rendez-vous dans son appar* tement pour quelques affaires, s'y rendait, lorsqu'il trouva le Roi sur le seuil de la porte V qui sortait de chez elle transporté de rage , et qui y le soupçonnant d'être du complot , lui dit tout ce que l'emportement peut suggérer d'inj.ui:es gros? sières à un homme qui ne se connaît plus, sans Touloir entendre aucune explication; Il Tadmif cependant à se justifier dans l'après-dînet*, et il l'écouta avec assez de sang-froid , à ce que mCd^ conté Cornbury lui-même. Il n'en prit pas moins.
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liés ce moment > la résolution irrévocable d oter les sceaux à soii père« Il dit à lord Lauderdale qu'il avait eotretetiu Skeldon du coup qu'il allait Â^apper , et quHl l'avait couvaincu de la il^cesiàté d^éloigtier-lord Glarendon du poste qu^l oc^ Ctipait* Imiiiédiatetnent après ^ il envoya eherthet Skeldou. En efie^ il lui fit part de ce qui se passait; maiâ lé prdkt ne répondit rien. Le iloi insista pour qu'il s'eïpliquit franchement. Site y lui dit alors Sheldoh ^ je fais des vœux am ciel pùiit que pous i>ous sépàrién de ùette femme que paua enifei^nez. Charles lui répliqua ayeo aigreur : Pourquoi He rn^en apeïs^ons paà parîé plUè tôt ? et pourquoi votté zèle A^4l attendit cette àooasion pour s^éxpli^Uer? Lauderdale m'a assuré qu^il tenait ces particularités du Roi, et qu'il était résulté de cette conversation^ entre ce princ^É et Sheldoni des explications telles qu'à daiet; de ce jour ce prélat avait perdu la con<<> {buée de son nHiitre> sans l'avoir jamais regagnée de(>uî9«
Les sceaux furent donnés à sir Orlando Bridg-^ man > grand juge des plaids commune ; et jouis^ sAât comme tel d'uue grande réputation qu'il M soutint pas long-temps après son élévation •- Duns ses étuded comniie dans sa pratiqué ^ il ne é 'élevait j«km6is. au-dessus de la loi écrite^ et ptffliidsiiit n'avoir aucune idée de ce que c'est que l'équité. U était eU outre aussi peu propre
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DE MON.TE.MPS. 8i
aux sdBTaii^s d'Etat qu'à la cour ^d'ailleurs d'une grande intégrité et d'une religion »ussi sérieuse que profonde. Bien qu'il eût été toujours attaché à l'Eglise épiscopale;^ il ne. laissait pas d'avoir un £3nds de bienveillance pour le» non^^con^ formistes. Cette disposition nC' fut . pas. peu -se** condée chez lui ^ non plus que ckez les autres membres du nouveau ministère^ » par l'attachement que tous les évêques y à la Tcserye d'un, ou deux y témoignèrent au ministre renvoyé* Le duc çle Buckingham , .disgracié avant la chute de lord Clarendon ^ remonta à la plus haute faveur ^ et se porta le patron . de . la liberté de conscience . et le protecteur de toutes les sectes. C'est parluî que. le docteur Wilkins fut élevé au siège de Chester ^ qui se trouva vacant bientôt après. La recommandation d'un homme aussi immoral fit tort . au . nouvel évéque^ qui eut besoin de tout son courage pour résister au torrent ; d'injures dont l'accabla la malice du clergé.» Il déclara qu'appelé par la volonté royale à remplir de hautes fonctions, qu'il. n'avait point recherchées, il tâcherait d'y faire tout, le bien dont il : serait capable, sans s'inquiéter des mauvais : :bruits qu'on se plaisait à faire courir, sur sa promotion. . Le Roi exerçait un tel empire sur luimême que, lorsque son intérêt le lui. conseillait, il feignait un sentiment, une opinion, ou du goût pour quelqu'un dont il avait, besoin , avec ^. 6
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de tels dehan de^^ siocëritë qnMl était capable de TOUS en imposer long-temps. C'est ainsi que Bridgman et Wilkins commencèrent par ne pas douter de sa bonne foi , lorsqu'il leur parlait de modération et de compassion y tant il y mettait «ne apparence de cbaleur; et cependant il n^a- Tait sûrement pas de parti pris plus irréTOCable , d'après les conseils catholiques ^ que celui de ne jamais rien faire qui y tendit réellement. Mais il sentait encore une fois la nécessité de reconquérir Tafiection de son peuple ; et ^ de plus, Toyant qu'il aTait aliéné l'Eglise anglicane par la disgrâce d« chancelier ^ il Toulut faire quelques aTaoces aux sectes pour les ramener , et en second liée ponr forcer les épiscopaux à se re-* mettre sous sa dépmidance par crainte de leurs adversaires^
Il sembla Touloir aussi infertenir dans les affaires de FEurope, et il conclut la paix entre la Cas^ tille et le Portugal^ Ce n'est pas tout: Louis XIV prétendait que , par la loi de Brabant , la Reine sa femme 9 issue du premier mariage de feu le roi d'Espagne , devait hériter de son père y quoique fille ^ de préférence au jeune roi d'És^ pi^ne y né d'un second lien ; et n'ayant aocim égard à la renonciation stipulée par la paix des Pyrénées, il se préparait à envahir les Pays-Bas- Temple fitt envoyé strr le continent pour y conclure une^illtaoce avec les Etats, par laquelle
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quelques parties de la Flaadre étaient cédées à la Fraoce > mais par laquelle aussi était ménagée une barrière pour la sûreté de lai Hollaude* Le roi de Suède , encore enfant^ fut compris dan$ ce traité, connu ^ à cause de l'accession de ce trcHsième souverain ^ sous le nom de triple al-^ liaoce. Je ne m'étendrai pas davantage sur cet événement , dont les détails nous ont été traosii* mis par l'habile négociateur dont il est l'ouvrage» par Templç lui-même. Ce fut certainement le chef^'œpvre du règne de Charles , et c'en eût été la force domme la gloire i si ce prince eut soutenu son ouvrage, L^ triple alliance réconcilia le roi d'Angleterre avec son peuple, qtfi lui rendit sa confiance et consentît à oublier les ré*vcrs de la guerre de Hollande»
Le parlement ne fut pas plutôt assemblé qu'on le mit 0n mouvement pour consommer la ruine de lord Clarendon. teu de jours avant l'ouverture, ce qui lui restait d'amis vinrent le trouver pour Tavertir qu'on était à la recherche de chefs d'accusation contre lui. Ils lui direut en même tençips qu'il savait mieux que personne ce qui pouvait lui être imputé avec quelque apparence (le vérité; car, pour les fausses allégations, elles étaknt infinies , et ce serait peine perdue que de vouloir les deviner. Ils désiraient en consé- <|uence qu'il confiât à quelques uns d'entre eM^ les points par où il supposait pouvorr être att$k-
que avec le plas d'avantage. Rien anssi-bieil né resterait caché pour ses ennemis ^ après les recherches qu'ils faisaient; et cependant^ s'il y avait dans sa vie politique quelque acte moins pur ou moins net que les autres^ ses défenseurs tiendraient une conduite toute différente de celle qu'ils auraient à prendre si une fois il les assurait qu'il défiait l'accusation de rien produire contre lui. Je tiens de lord Burlington et de Tévêque Morley , les deux hommes qui tinrent ce langage au comte de Clarendon , qu^il leur avait répondu que si, en matière de justice ou de négociations, il avait jamais reçu un denier, il leur permettait de le renier pour leur ami ; qu'une fois, il est vrai, le roi de France ayant appris qu'il avait donné ordre de faire acheter tous les ouvrages imprimés au Louvre , les lui avait envoyés et qu'il les avait acceptés comme une bagatelle qu'il y aurait de la mauvaise grâce à refuser, mais que c'était là le seul présent qu'il eût reçu d'un prince étranger; et qu'en ce qui concernait les produits de son office, il ne s'était jamais fait payer que les droits légitimement réclamés par ses prédécesseurs. Cependant ses ennemis soulevaient ciel et terre, pour trouver des charges contre l'ex-chancelier. Quiconque avait entendu de sa bouche quelque expression susceptible d'être mal interprétée était interrogé. Ses ennemis prétendaient avoir en main des faits péremptoires, et si
on letir disaitqu'aucun néanmoins ne constituait la haute trahiison , ils vous demandaient avec confiance en quoi donc il fallait là faire consister.
Le lendemain du jour où l'accusation , qui se composait de vingt-trois articles , eut été portée à la chambre^ Clarendon la fit informer par son second fils^ maintenant comte de Rochester^ qu'ayant eu connaissance par la voix publique <iu grand nombre de charges qui lui étaient intentées , il désirait^ pour abréger, que ceux qui savaient le degré de démonstration dont elles étaient' susceptibles, choisissent celle qui leur paraîtrait la plus évidente, et il s'engageait ^ s'ils la prouvaient , h. passer condamnation sur toutes les autres. Mais ses adversaires , connaissant la faiblesse de leurs mnyéns , résolurent de noyer l'affaire dans un déluge de discussions préliminaires , de manière à suspendre indéfiniment le jugement du fond , et prétexter les lenteurs qu'ils auraient fait naître pour se plaindre d'un déni de justice de la part de la chambre des pairs. Dans <;ette. idée , et se rapportant à un petit nombre de précédens, tous de fraîche date, ils portèrent à la barre des lords une accusation de haute trahison , conçue en termes généraux, sans spéicification des faits particuliers qui l'appuyaient, et demandèrent que sans plus ample information l'ex-chancelier fût mis en prison. Ils avaient raison.de croire que les pairs refuseraient de m
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rendre ii cette requête ; imais c'est ce qir'îU ¥oa«laîent. Ils insistèrent donc , dans l'espoir que le Roiy qui ayait tant d'argent k attendre d'eaz cette mnëe, se déclarerait pour eux* Ce récit peut montrer à quel point les animosités particulières aTeagient les gens de cour et sont capables de ieur faire souhaiter avec fareur les mesures les plus contraires à leur naturel ; car , par exemple, si la chambre des pairs avait consenti à la de^ mande des communes , il en résultait qu'il suffisait, pour perdre un ministre quelconque, d'un acte d'accusatiop porté devant qui de droit et accepte , quels que fussent d'ailleurs le vague et la légèreté des imputations. Le Roi se déclara en effet avec violence pour l'emprisonnement préltminairedesonancienfavori.Onenteodaitdire partout que le soupçon seul dune chambre des coinm unes, et d'une cha mbre surtout telle que ceile*-cî , flétrissait déjà celui qui en était l'objet, et motivait son arrestation ; car probablement tout homme qui s'y verrait exposé profiterait de sa liberté pour se soustraire à la justice par la fuite. Les ennemi de lord Clarendon avaient poussé les choses si loin que désormais ils ne devaient plus le croire en sâreté s'ils ne gisaient tomber sa tête; ils pensaient que, s'il était une fois^en prison, il leur seraitfÎBicile de produire des témoins,'vrais ou faux, pour obtenir sa condamnation. Tous les détails de cette importante affaire sont imprimés. Je me
dispeoaerat donc de les répéter ici. Le àuc d'York étaitaiarsaUeÎDt delà petite ¥éroie>iet c'est ce qui rempêcha de paraître cooime il TeAi fait sans cette circonstance. Les pairs oonstdérèrebt qu'une accusation non spécifiée n'était qu'un vain bruit:, et que leur dignité se réduirait à peu de chose*si un simple bruit les pouvait faire envoyer en prison. Tous les anii« du comte 4e Clanendon ne cessaient de renouveler leurs instances auprès du Roi pour qu'il éloignât ce ministrie sans le perdre, et épargnât du moins la honte d'une condamr nation capitale à "un homme qui avait servi ai lonji^temps avec une fidélité: constante , et ^ouvetU avec tant de succès , son père et lui. Mais ce prince était si aigri contre l'infortuné Clareudon que, sans articuler aucun motif particulier de plainte y il montrait une violence de ressentiment et une impossibilité de réconciliation qui lui firent beaucoup de tort dans l'opinion de tous ceux qui ne disaient point partie de la cabale. On parla beaucoup de son niariage, génératemeiit attribué à Clarend(»i , comnie du.seul motif ex*cusablede tant de haine» Je dois ajouter que Clarendon, ainsi que me l'ont assuré plusieurs de ses amis ^ protestait n'avoir pas contribué à cette alliance y qui passait pour son ouvrage, naîtrement que tout autre membre du conseil. Après maintes discussions , conférences et protestations réciproques ^ d'un bout à l'autre d^quelles la
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CQut*, toujours' aussi aveugle, ne cessa de tra^ vaîWêràcé^uî eût été' la destruction à la fois de la* prérogative et du ministère, la majorifé de la chambra ne fut pas plus ébranle'e que le preniier^jOur, et «Hé persista à refuser rem prisonnement.'Les comniunes étaient sur lé poiiit de se laissenr emporter jusqu'à accuser leurs seigneuries de de'ni de justice. Le Roi, pour prévenir cet éclat > pressa son frère de déterminer le comte de €larendon à quitter FAnglètérre, considérant sïi retraite comnàe le seul moyen d'accommoder la brôuillerie naissante des deux chambres; et en Hiême temps il laissa échapper quelques paroles de bienveillance pour son vieux serviteur, en cas qu'il eût cette complaisance pour lui. Clarendon , toujours fidèle et soumis, fût transporté <l€ jdîé en appi*enanl que tout souvenir tendre ne semblait pas éteint dans le cœur de son maître, et il résolut d*obéir. Ainsi il partit pour servir le Roi et se soustraire, ainsi que sa famille , à la rage dé ses ennemis , mais principalement pour ne pas d^evenir un sujet de division entre le Roi et le duc d'York, qui depuis sa guérison avait chaudement épousé sa causé ; il s'embarqua secrètemerit pour le continent. Arrivé à Calais , il écrivit à la ékàmbre des pairs une lettre dans laquelle il protestait de son innocence sur tous les points de l'âcihisatioft portée contre lui , et déclarait que, s^il âorlaît du royaume^ ce n'était ni par
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crainte ; ni par le sentiment d'aucune faute , mais seulement pour ne pas devenir la malheureuse occasion d'une rupture entre les deux chambres, et ne pas être un obstacle à la bonne intelligence de toutes les parties du gouvernement. La retraite de Taccusé mît un terme aux débats sur les formes de la poursuite. Les ennemis de Clarendon dirent partout que c'était se confesser coupable , et se dérober à' la rigueur des lois ; car c'est toujours ainsi que la malice dénature les actions les plus innocentes.
On proposa ensuite un bîU qui le bannissait des. états du Roi ^ sous peine de haute trahison s'il y rentrait jamais, et condamnait à la même peine quiconque cori^spondrait avec lui sans la permission du Roi. Ce bill rencontra beaucoup d'opposition. On objectait que la lot avait prévu et réglé la manière >de procéder contre les accusés qui se dérobaient à l'action de la justice , mais que dans aucun cas elle n'autorisait à déclarer crime de haute trahison toute correspondance avec un homme qui n'en était pas lui-même convaincu; que du reste il ne pouvait être juste de prononcer le bannissemenidel'ex-chancelîeravantde lui avoir assigné un jour pour comparaître ; et qu'après celte formalité seulement, s'il ne comparaissait pas , on serait en droit de le condamner par contumace. Le duc, dont le Roi s'était servi pour obtenir de Clarendon de se retirer, crut de son
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honneur de ne rien négliger pour convaincre son frère de la légitimité de ces objecliona , et il mit tant de chaleur dans les siennes qu'il en résulta entre eux un refroidissement très-visible qui dura quelque temps. Lorsque le rôle que Charles joua dans toute cette affaire fut connu , .il fut généralement blâmé , et avec raisons La violence que ce prince y avait portée fut atlri* J)uée par les différens partis à difierens mo^ tifs. Les gens qui le connaissaient le mieux ^ mais qui aussi l'estimaient le moins , il est vrai , m'ont assuré que toute cette indignation passionnée^ dont il avait donné le spectacle , n'a^ vait d'autre fondement que la facilité ou plutôt l'indolence misérable de son caractère > qui en faisait le jouet et l'écho des personnes qui avaient sur lui le crédit du moment. Sa maîtresse et toute la chambre l'étourdissaient perpétuellement de leurs déclamations contre lord Clarendon^ et il s'en laissait prévenir en esprit paresseux ^ qui ne se donne pas la peine de réfléchir , et qui adopte sans examen toutes les impressions qu'on veut lui donner , parce que , pour le quart-d'heurc , c'est le plus facile et le plus court , sans s'in* quiéter de ce qui en arrivera plus tard.
La destinée et la chute de lord Clarendon furent celles de tous les grands ministres que leur puissance expose à l'envie et au ressentiment de tous ceux dont ils n'ont pu satisfaire les prétentions
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jjeur$ amis montrent d'ordinaire qu'ils n'étaient que les amis de leur fortune , et non-seulement ils les abandonnent , mais dès que la faveur du |H*ijico ae retiré d'eux y et pour ne pas partager leur disgrâce ^ ils redierclient la protection du successeur, et rachètent par les lâches outrage» dont ils les abreuvent les flatteries serviles qu'ils leur prodiguaient. Les Rois sont encors pis que les amis. Le mérite les touche si peu^ et leur reconnaissance pour de grands services 6st si légère , qu'ils sont toujours prêts à sacrifier leurs meilleurs sei*viteurs » non^seulement à des apparences de bien public, mais au capriced'une maîtresse, ou à la passion d'un favori qui s'élève. Je terminerai ce récit de la chute de lord Clarendon par quelques détails sur ses deux fils. L'ainé^ maintenant conite de Clarendon, est naturellement sincère, doux et obligeant. Il tient un journal exact de tout ce qui se passe sous ses yeuk, et il est, dans ses relations, d'une ponctualité qui va jusqu'à l'ennui. Il fut initié de très-bonne heure au secret des affaires; car son père, sentant de quelte importance il était pour le Roi que ses lettres ne fussent point livrées par d'infidèles se^ crétaires, l'employa, dès sa première jeunesse , à écrire en chiffras la correspondance qu'il entretenait avec l'Angleterre. Il passait souvent la moitié du jour livré à ce travail fastidieux, qui consistait aussi à déchiffrer les dépêches qu'on
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recevait , et sa discrétion fut toujours au^si exacte que sa fidélité inébranlable. Il resta le plus avant dans la confiance de son père^ comme il était le plus aimé du reste, de la famille , à cause de sa modestie et.de son obligeance, bien que parfois il se montrât fantasque. Il avait un jugement peu sûr, et trop accessible aux idées fausses et. aux préjugés vulgaires. Il jouissait d'une grande faveur auprès de la Reine qui Teut long*temps pour chambellan. Elle pensait que les reproches amers que son mariage avait attirés sur le père lui fai-* saient un devoir de protéger le fils. Irrité de Tinjustice avec laquelle la cour avait traité son père, il se jeta violemment dans le parti de l'opposition, et le Roi ne parlait jamais de lui qu'avec beaucoup d'aigreur et de mépris^
Son frère, aujourd'hui comte de Rochester, est plus éminent par l'esprit. Il est bon écrivain et orateur agréable. Il a passé long- temps pour l'homme le plus souple de la cour, et lors de la chute de son père et des démêlés qui en furent la suite , il se ménagea avec tant d'adresse que son crédit n'en reçut aucune atteinte. Entré dans les affaires et dans les postes élevés qu'il occupa, il perdit ce renom de souplesse et de modération , mais il y gagna celui d'homme incorruptible. Ses principes politiques ne sont rien moins que populaires, et il tient que la sévérité est l'âme de .10 ut bon gouvernement. Il fait sans peine à son
parti le Sacrifice de ses opinions personnelles, poui*v^u qu'il paisse le conduire. Il passe pour sincère , et peut-être en effet a-t-il trop d'emportement pour être faux.
Morley , depuis long-temps doyen de la chapelle, et celui des amis de Clarendon qui lui était resté le plus' fortement attache après sa disgrâce , fut renvoyé dans son diocèse. Crofts, évêque de Herefort, fut nommé doyen à sa place; Grofts avait une piété zélée et chaleureuse, mais point de inesure; aussi se fit-il promptement mettre de côté. Il usait avec le Roi d'une franchise louable , mais prenait mal son temps, puisque c'était en pleine chaire, plutôt que dans de secrets entretiens , qu'il lui adressait ses représejotations.
Lé Roi fut très^offensé de la conduite de la plupart des évêques, et profita de la première occasion pour manifester son mécontentement en plein conseil. Un jour, à propos de je ne sais quels désordres , et entre autres de quelques conventicules dont il était porté plainte , il dit que c'était au clergé qu'il serait juste de reprocher l'existence de ces désordres ; car s'il vivait régulièrement et si les ecclésiastiques s'occupaient de leurs paroisses, ou se donnaient quelque peinepour l'instruction des non-conformistes, le royaume serait tranquille depuis long-temps; mais que ces messieurs ne songeaient qu'à acquérir de gros bénéfices et à tenir une bonne table. J'ai lu cette
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anecdote dans une lettre que sir Robert Mutray écrivît en Ecosse ; et elle s'aecorde parfaiteîneut aTèc une conversation quele Roi daigna airoir avec uioî dans son cabinet, où nous étions tète à tète. En parlant de la situation affligeante de l'Eglise , je fus étonné d'entendre un prince d'une yie aussi dissolue que l'était la sienne , montrer tant de dégoût de l'ambition^ de la cupidité et des mau* Taises moeurs du clergé. Il me dit que , si les ec^ clésiastiques avaient eu une conduite conforme i leur caractère 9 on serait facilement venu à bout des non-conformistes ; mais qu^ls ne voulaient rien £aiire et voulaient qu'il fît tout; et que même la plupart faisaient pis que s'ils nie faisaient rien. « J'avais , ajouta^^t^il , un chapelain très^ honnête homme, mais sans aucun esprit. Je lui donnai une cure dans le comté de SuiToik, rem^ plie de dissidens , comme le reste du comté. £b bien, mon lourdaut les visitait, «liait de maison en maison, A la vérité,]^ ne puis imaginer ce qu'il trouvait à leur dire , tant. encore une fois W était bête; mais il faut croire que sa bêtise correa^ pondait à la leur^ car il a fini par les raniener tous dans le sein de l'Eglise. En récompense de son zèle , je lui ai donné un évêché en Irlande*^»
Au commencement de cette année, Bridgiaan et Wilkins eurent l'idée d'un traité de compré-^ hension pour réunira l'Ëgliseles nonH:0nformûsles qni le voudraient, et de tolémnce pour le reste.
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Haie 9 le grand juge, Tillotson, Stitlingfleet er BurlOQ se joignireut à eux et les aidèrent de teurs lumièi^eiâ. Bats , Mantofi et Baxter, du côté des presbytériens, furent consultés. Le projet préparé n'eût été en grande partie que la réalisation des promesses faites par le Roi dans sa déclaration de 1660. Seulement on y ayait joint un tempérament touchant la réordination, savoir que ceux qui avaient reçu Tordination presbyte*^ rienne seraient admis au service de l'Eglise , en vertu d'une simple imposition des mains, accom^ pagnée de quelques paroles qui portaient en sub&« tance que la personne ainsi ordonnée était auto-» risM à exercer les fonctions de ministre dans l'Eglise anglicatte. Dès que le projet de traité fut connu, il devint le sujet de tous les entretiens. Tous les amis de lord Clarendon crièrent que l'Eglise était trahie, et courait risque d'une prochaine destruction. lU disaient que c'était lâche-» ment abandonner sa cause que de céder aucun de ces points capitaux , sur lesquels on avait tant contesté; que si les sectaires étaient humbles et modestes et s'expliquaient franchement sur l'é* tendue de leurs prétentions, ce serait peut-être alors un m6tif de leur faire des concessions; mais qu'il était indigne de l'Eglise de rechercher, de courtiser ses ennemis, et d'entrer en négociation avec eux; surtoat lorsqu'il n'existait aucune raison de croire qu'après nous être relâchés de la
rigueur de nos principes ^ et aYoir ainsi reconnit que l'erreur arait été jusqu'ici de notre côté , nous tirerions de tant de condescendance un autre avantage que celui de nous exposer au dédain et au mépris de nos adversaires. Les partisans da projet répondaient que les non-conformistes ne pouvaient s'assembler légalement, pour présenter un plan de réunion au nom de leur parti; que les points de dissidence étaient connus de tout le monde^ ainsi que les concessions qui ramèneraient probablement la plupart des presbytériens; que ces concessions^ de peu d'importance en ellesmêmes, ne seraient point la honte, mais la gloire de FEglise ; que plus en effet elle était supérieure par la raison et la puissance, plus elle ferait preuve de charité et d'amour de la paix, en allant ellemême au devant d'un arrangement qu elle n'achetait du reste par aucun sacrifice réel de doctrine ; que les apôtres s'étaient prêtés à plusieurs des observances juives, et que l'Ëgltse d'Afrique n'avait pas dédaigné de faire aux donatistes des ofTreâ d'accommodé nn^nt; que cependant les progrès du papisme et de l'athéisme, qui alarmaient les gens de bien , devaient tous les réunir ; et qu'il était temps enfin de mettre un terme à nos divisions intérieures, et de faire, dans ce but, tout ce qui pouvait être fait sans crime.
Cette controverse donna lieu à quantité d'ouvrages, oii les presbytériens étaient représentés
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comme des hommes à idées religieuses fausses j jusqu'à être infectés d'antinomianisrae y et à proToquer la 'dissolution morale par les conséquences du principe de la justification par la foi seulement ,< indépendamment des œifvres. Les trois Yolumes de la Discussion amicale > bien qu'écrits par un excellent homme, et à bonnes intentions, eurent le fâcheux résultat de trop aigrir les. esprits contre cette secte. Mais elle ne fut attaquée par personne avec une virulence comparable à celle de Parker, nommé dans la suite à l'évêché d'Oxford , par le roi Jacques. Plein de verve satirique et d'ui^e rare érudition , il avait d'ailleurs aussi peu de jugement que de vertu : et quant à ses sentimens religieux, on peut, sans lui. faire. tort , dire qu'il était impie; Après avoir été durant quelques années en posse^iôn d'égayer la nation, par diverses publications toutes plus mordantes les unes que les autres, il fut à: son toiifr pris à partie par l'esprit le plus plaisant et le plus vif du siècle, André Marvell, dont le style burlesque , mais en même temps d'une gaîté fine et piquai} te par les allusions, le faisait lire par tout le royaume, depuis le Roi jusqu'au dernier marchand. Ce terrible adversaire humilia nonrseulemeht Parker , mais tout le parti épiscopal , car l'auteur de la Répétition mise en p/bse (rehearsal transposed ) eut tous les gens d'esprit , au, comme dirait un Français, tous les rieurs 2. 7
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de son côte- Mais quelque avantage que les partisans du traité de compréhenaion pussent avoir par leurs écrits^ la majorité de la chambre des communes était si prévenue contre eux que y dans la session suivante ^ le bruit s'accréditant qu'ils se préparaient àpraposer le bill qui renfermait leurs projets^ elle prit la résolution très -extraordinaire de ne mettre en discussion aucun bill pareil.
Un des résultats remarquables de cette session fut un acte pour la reconstruction de la cité de Londres. Il fît le plus grand honneur au grand juge Haie ; car il était rédigé avec tant de jugement et de prévoyance , que la ville entière sortit de ses cendres sans un seul procès^ autre fléau qui , si le bill dont nous parlons ne l'eût prévenu^ eût été pour les habitans une cause de ruine aussi puissante que le feu et ses ravages. Au grand étonnement de toute l'Europe , Londres fut rebâtie en quatre années de temps y et avec tant de grandeur et de magnificence que imns qui l'avions vue dans les deux états^ avant et après l'incendie^ nous ne pouvions comprendre ni assez admirer, et la prospérité qui avait fait supporter d'aussi énormes pertes, et la richesse qui subvenait aux frais prodigieux de la reconstruction. Bien ne pouvait mieux montrer en effet de quelles impenses ressources l'Angleterre était le foyer.
Je reviens aux intrigues de la cour. Les ennemis de lord Clarendon ne se croyant pas en sûreté
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tant que le doc (TYork conserverait tant d'ascendant sur le Roi> et qu'il serait lui-même si sou-^ mis aux influences de sa femme ^ et désespérant de diviser leis deux époux > songèrent à ruiner leur crédit , et formèrent pour cela d'étranges projets. Le duc de Buckingham eonseilla au Roi de déclarer l'existence d'un mariage avec la mère du duc de Monmouth^ se faisant fort de trouver des témoins qui rattesteraienti J'ai ouï dire au duc 9 en termes généraux , que cette proposition fut très-débattue , mais j'en ignore les particula^trités. J'ai su seulement que le Comte de Carlisle s'était offert pour entaiiier l'affaire dans la cham* bre des pairs* Le Roi refusa son consentement^ mais de manière à laisser voir qu'il eût souhaité que la chose pût se faire ^ et qu'il n'y renonçait qu'en raison de la difficulté du succès* Le duc de Monmouth fut instruit de toutes ces menées , qu'il paya plus tard de sa tête. En i6j5 , un jour que le duc d'York en causait avec moi^ je lui demandai s'il croyait que le Roi éprouvât les mêmes regrets : il me répondit qu^il ne le croyait pas. Quant au duc de Monmouth ^ il ne le considérait pas comme un esprit assez résolu pour rien tenter par lui-même ; et il faisait un tel cas de la femme de ce prince qu^il ine dit en propres termes que lespoir même d'une couronne n'était pas capable de lui faire donner les mains à une chose injuste en ^oi. Je lui fis observer
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qu'il contribuait pent-êt^e lui-même à donner quelque consistance aux prétentions du duc de Monmouth y en l'appelant son neveu , et il me répliqua qu'il le faisait par complaisance pour le Roi. .
Lorsqu'on vit qu'il n'y avait rien à faire du côté du duc de Monmouth , on avisa aux moyens de se défaire de la Reine, afin que Charles pût se remarier; car il avait tant d'enfans de ses nombreuses maîtresses qu'il était plus que probable qu'av6c une femme qui né fût point stérile , il en aurait encore. Il y avait des gens qui pensaient que le Roi et la Reine n'avaient pas été Iégale«> ment mariés ; comme si le consentement et la cohabitation pendant plusieurs années ne suppléaient pas à ce qu'il pouvait y avoir de défectueux dans la forme. D'autres prétendaient que la stérilité de ^ Reine provenait d'une cause naturelle , et pouvait par cela même être assimilée à l'impuissance chez les hommes ; mais le Roi avait souvent assuré qu'elle avait fait une fausse couche. D'ailleurs cette allégation , en supposant qu'elle n'eût pas été démentie par Charles lui^ même > était de nature à ne pas être prouvée , à moins que du seul fait de n'avoir point d'enfans on conclût la stérilité j et dès lors le divorce n'était admissible ni en droit, ni en conscience. On faisait courir sur le compte de la Reine mille autres bruits ridicules et faux. J'ai vu dans une
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lettre de la propre main du Roi que le mariage avait été consomnié. Il n'y eut pas jusqu'à la polygamie dont il fut question, et l'on vit des esprits officieux prêts à se faire un mérite de soutenir cet abominable moyen, tant l'ambi-r tion a d'impudence. Lord Lauderdale et sir. Robert Murray me demandèrent mon opinion sur ces divers partis. Je leur répondis que je n'ignorais pas qu'il y avait en pure spéculation beaucoup à dire en faveur du divorce , et même de la polygamie ; que cependant ces institutions étaient si décriées que toutes les sociétés chrétiennes les avaient rejetées; de sorte qu'il me paraissait impossible d'en faire l'essai pour rompre le mariage du Roi sans s'exposer à jeter le royaume dans de grandes convulsions , et à laisser en substitution la guerre civile à nos descendans , s'il venait des enfans d'une nouvelle union.
Un accident qui survint vers cette même épo-* que y loin de détourner les esprits de ces questions, en fît le sujet de toutes les conversations. Lord Ross, ensuite comté de Rutland, fournit des preuves d'adultère contre sa femme, et obtint de la cour spirituelle une çeotence de divorce. Mais comme ce divorce n'était dans le fait qu'une réparation de lit et de table , et qu'il en voulait un complet , il demanda au parlement de rompre son mariage par un bill qui l'autoHsàt ÇA menie temps à épouser une seconde femme^
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Le duc d'York et son parti ^ craignant les coùséquences d'un divorce prononce par le parlement, s'y opposèrent avec une chaleur extrême. Presque tous les évêques se rangèrent de leur côté, sauf Cosins et Wilkins, ëvêques deDurham et de Chester, qui appuyèrent le bîll. Le Roi mit autant d'ardeur à le foire adopter que le duc à le faire repousser. Les deux frères se montrèrent si animés et si actifs, qu'il fut évident pour tout lé monde qu'ils étaient mus chacun par un intérêt personnel. Lebill passa. Quelques personnes conseillèrent au Roi de se prévaloir de ce précédent et de foire porter au parlement un biil de divorce entre lui et la Reine. Cet avis fut si bien accueilli que le jour était pris pour faire la proposition de la chambre des comtnunes. Je tiens cette particularité de M. May, trésorier de la cassette, que le Roi fit appeler, trois jours seulement avant le jour convenu , pour lui dire que la chose ne se ferait point, et qu'il ne fallait plus y penser : ce qui l'embarrassa beaucoup, car il craignait de s'être trop mis en avant, soit en approuvant vivement le projet, soit en agissant auprès de ceux qui devaient entamer la discussion et la soutenir. Ce M. May possédait plus que personne la confiance du Roi, et la posséda plus long-temps qu'aucun autre;son crédit ne fut jamais détruit, bien qu'ébranlé souvent par le peu de conformité qui existait entre ses idées et celles du Roi , car il n'aimait
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ni la France ^ ni le papisme ^ ni le pouvoir absolu; mais une sympathie particulièt^e de caractère f et la complaisance avec laquelle il serrait les vices de son maître , le rendaient si agréable à Charles que tous les efforts de l'envie n'aboutirent jamais à mettre enti*e eux plus qu'un refroidissement passager.
• Pendant l'hiver de cette année , la cour fit ses plaisirs des plus extravagantes mascarades. Le Roi , la Reine , tous ceux qui étaient admis aux honneurs de leur intimité y parcouraient la ville sous le masque , entraient dans des maisons in*^ connues ^ et y exécutaient des danses grotesques. Le déguisement était si complet et si soigné^ qu'à moins d'être du secret il était impossible de reconnaître aucun des acteurs de ces scènes de carnaval. Ils se faisaient transporter d'un lieu à l'autre dans des chaises de louage. Un jour les porteurs de la Reine > ne sachant qui elle était ^ la quittèrent. Se trouvant seule et dans un extrême embarras , elle fut obligée de rentrer à Vhitehall dans un fiacre , d'autres disent dans une charrette. La malice inventive du due de Bucking-ham fut éveillée par 4ett6 aventure. Il proposa au Roi de l'autoriser à s'emparer secrètement de la Reine, à la suite d^un acci^lent pareil^ qu'il serait facile de faire naître , et à l'envoyer dans une colonie ^ ou elle serait traitée avec les égards et les soins dus à son rang/^ mais d'où on n'en-
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tendrait plus parler d'elle. On publierait ensuite quelle s'était enfuie; et prenant avantage de cette prétendue fuite volontaire , on persuaderait facilement à la majorité du parlement d'y pi^iser un motif suffisant de prononcer le divorce. Sir Robert Murray m'a dit que le Roi lui-même avait repoussé cette proposition avec horreur. Il dit qu'il serait affreux de faire le malheur d'une pauvre femnie , seulement parce qu'elle l'avait épousé et n'en avait point eu d'enfant y ce qui n'était pas sa faute. L'honnête projet du duc de Buckingham y qui ne savait rien cacher ^ vint à transpirer. Le comte de Manchester^ alors lordchambetlan de la Reine ^ en prit occasion pour représenter à cette princesse qu'il n'y avait ni convenance ni sûreté pour elle à s'aventurer seule par la ville comme elle venait de le faire. Frappée de la sagesse du conseil j elle renonça a cet amusement périlleux.
. Enfin tous ces plans aboutirent à un dernier projet qui fut goûté du Roi. C'était de gagoer le confesseur de la Reine , et de lui faire persuader par lui de se retirer du monde et de se faire religieuse. On ne doutait pas que Le parlement n'accordât ensuite facilement un bill de divorce. Cette intrigue s'ébruita; mais jusqu'à quel point elle fut poussée^ et par quel moyen elle fut paralysée^ le public ne l'a jamais su. Quelques personnes ont cru que la duchesse d'York n'en avait
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pas été plutôt informée^ qu'elle airait envoyé uti courrier à Jtpme pour y faire connaître sa conversion y et qu'aussitôt il étaitparti de cette ville des ordres adressés à tous les catholiques qui entouraient la Reine pour qu'ils eussent à la prémunir contre l'idée de prendre le voile , si jamais elle lui était suggérée. Du reste elle y était' aussi peu portée d'inclination y que la duchesse souhaitait peu devoir une nouvelle reine. La mai* tresse du Roi, créée vers ce même temps duchesse de Cleveland y persuadée d'avance qu'elle serait la première victime immolée à une jeune reine qui serait aimée , se réconcilia avec le parti d'York pour parer le coup. Il n'en fallut ,pas davantage pour la brouiller avec le duc de Buckingham y qui /dès ce moment > s'efforça d en détacher le Roi par de nouvelles amours; et, connaissant l'empire qu'aurait sur lui une humeur facile et enjouée , il l'engagea à entretenir deux actrices , l'une après l'autre, Da vies et Gwyn. La première ne se maintint pas long-temps, mais la Gwyn, la plus îiiLliscr^te et la plus étourdie créature qu'il y ait janiaisçuda^s unecour, conserva le$ bonnes grâces de Charles tant qu'il vécut , et en tirait des soin mes énormes. Le duc de Buckingham m'a conté que lorscju'il la présenta au Roi , elle ne lui demanda que 5oo liv. sterL par an, et que ce prince les lui avait refusées : a Mais au moment où je vous parle (c'était quatre ans après),, ajoutait -il >
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elle a da Roi plus de 6000 livres. » Douée du talent de contrefaire tout le monde , elle mettait dans ce badinage tant d'esprit et de yariétë qu'elle e'tait un sujet dé distraction toujours nou- Teau pour son royal amant , qui ne songea jamais à lui donner une rivale. Cependant , après tout^ il ne la traita jamais avec les égards d'une maîtresse en titre. Le Roi en eut une, fille d'un eccle'siastique nommé Roberts , que lui avait procurée lord Shafiesbury. Sa première éducation, tonte religieuse, avait jeté en elle de si profondes racines, qu'au milieu des désordres scandaleux de sa vie, mêlée des plus horribles aventures, ies principes n'en furent jamais complètement étouffés dans son cœur. Us n'étaient pas suffisans pour l'arrêter sur la pente du yice , mais ils la maintinrent toujours dans une secrète horreur du péché , qui l'empêcha d^en goûter paisiblement les délices empoisonnés à aucune époque de sa yie, et elle mourut dans les sentimens de piété qu'on lui avait inspirés dans son enfance. Je l'ai vue souvent dans les trois derniers mots qui précédèrent sa fin. Quant à la duchesse de Cleveland , voyant qu'elle avait perdu sans retour le cœur du Roi , elle s'abandonna à d'incroyables désordres. Charles , conduit par le malin et artificieux duc de Buckingham , put, dans une occasion , s'assurer par ses propres yeux d'une de ses galanteries , et voir. le mortel favorisé sauter par
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une fenêtre. Du reste elle parlait de ce prince à tout le monde avec si peu de mënageinent qu'elie contribua au mépris qu'il inspirait généraleavent; mais il s'y montrait insensible ^ aussi bien qu'aux fiombreux libelles qui paraissaient contre lui, sous tontes les formes, et avec une pleine liberté* Les trois beaux esprits remarquables du temps^ auxquels étaient attribués généralement les plus piquans de ces libelles, étaient les comtes de Dorset et de Rochester , et sir Charles Sidley» Le premier avait de la gâiérosité et de la bonté na-* turelle. Il était habituellement comme abi*uti par son tempéramrat flegmatique , et s'il n'était échauflSe par ieTin,on ne pouvait en tirer une pa-* rôle ; mais une fois en train ^ il était d'une viva^ cité charmante. Jamais on ne vit une plume aussi mordante et un caractère aussi doux. Cette dou^ ceur était même poussée trop loin , car elle l'arait conduit à désapprouver tout châtiment , même, pourles malfaiteurs. Pour rendre serviee,il se met« tait souvent dans rembarras,et il était charitable à l'excès , puisqu'il donnait tout ce qu'il avait sur lui s^il rencmitrait quelque objet qui le touchât. Il était si indolent que, malgré les avances marquées que lui fit le Roi comme pour l'inviter à devenir un d« ses favoris , il dédaigna toujours ce poste , tant il était effrayé des assiduités qui y sont atta-p chées. D'atikurs il haïssait la cour et méprisait le Roi, dont l'égoïsnle et la dureté le révoltaient
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Wilmat, comte de Rochester» était né avec une certaine réserve. C'est, la cour qui le corrompit. H avait dans Tésprit un éclat particulier que personne ne pouviàit atteindre. 11 s'abandonna à toutes les extravagances , à toutes les folies , à tous les écarts que peut suggérer une imagination déréglée et folâtre. Il lui arrivait de parcourir les rues déguisé en mendiant ^ et de faire Famour en crocheteur. D'autres fois il paraissait sur quelque méchant théâtre de la £içon d'un bateleur italien. Il passa des années entières dans une ivresse contiauelle> et profitant de son ivresse pour commettre mille désordres. Le Roi aimait sa société^ à cause du divertissement qu'il y trouvait, plus que sa personne. Du reste il n'y avait pas plus de frais d'affection d'uû côté que de l'autre. Rochéster se vengeait du dédain de son maître par des libelles satiriques. Il avait un laquais qui connaissait toute la cour. U l'affublait d'une casaque rouge > lui d0iinait un mousquet , et le plaçait durant tout l'hiver, en guise de sentinelle, à la porte des femmes qu'il soupçonnait. de galanterie. A la cour, oa ne fait point attention. à un sentinelle qu'où suppose posté par un capitaine des gardes pour prévenir quelque duel; de sorte que notre homme a'inspirait aucune méfiance, et voyait qui allait et venait , qui faisait et recevait des visites à des heures indues. Lord Rochéster décauvrait par ce
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rao3ren les intrigues lès plus secrètes. Lorsqu'il était assez pourvu de matériaux, il avait rhabitude de se retirer à' là campagne un ou deux mois^ et d'y écrire ses satires. Un jour qu'il étah ivre, croyant en montrer une au Roi qu'il avait composée contre je ne sais quelle dame de là cour ^ il lui en donna une dirigée contre Sa Majesté elle-même. Sa santé devint très-mauvaise^ Dans diveiises maladies oii il faillit succomber^ son double libertinage d'esprit et de moeurs, car il était aussi impie que corrompu^ lui donna de profonds remords. Mais à peine était-il guéri , qu'il les oubliait et reprenait son train de vie ordinaire. Les dernières années de sa vie, j'ai vécu familièrement avec lui, et j'ai même écrit un récit des relations que nous eûmes ensemble. Je c^ois fermement qu'il était alors entièrement changé , et que s'il eût guéri > il aurait tenu ses bonnes résolutions.
Sidley avait un esprit à la fois plus prompt et plus abondant, joint à une conversation qui ne tarissait jamais; mais il ne possédait ni la correction de lord Dorset, ni l'éclat de lord Rochester. Le duc de Buckingham se plaisait dans la compagnie de ces trois libertins , et il se livrait lui-même à des raffinemens monstrueux de débauche, dont la seule pensée fait frémir. Ce seigneur, tout infiltré de mercure, ne pouvait se fixer longtemps, ni dans une amitié, ni dans un dessein.
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Aussi B^net; mainteoant comte d'Ârlington; 6t lui y se brouillèrent-ils bieçitot* Daps le fait, Bennet qui n'était que ru$e et artifice^ ne pouvait conserver de longues liaisons avec un homme si ouvert qu'il ne savait rien cacher* Quant wxi intimes d'Arlington ^ c'étaient Clifford, Littleton et Duncomb. J'ai déjà fait connaître les deux pre-> miers. Duncomb était judicieux , mais hautain et très^propre à se faire beaucoup d'ennemis. Il ne manquait pas d'habileté parlementaire , mais il n^était point apologiste né de tous les projeta de la cour y car il avait de la religion et du zèle pour la liberté de son pays. Les comtes de Shaftesbury et de Lauderdale , mais surtout Thomas Osborn^ élevé dans la suite à la dignité de lord-^trésorier et de comte de Damby ^ puis fait duc de Leeds par le roi Guillaume y étaient les.principaux ^mis du duc de Buckingham*
Sir "William Coventry passa du service du duc au service du Roi y qui le plaça à la trésorerie. Il était en beau chemin pour devenir premier mi-^ nistre^r et certes il était plus digne de ce poste que tous le» autres qui y prétendaient. Mais il était trop honnête homme pour entrer dans les projets que la eonr était décidée à poursuivre ^ dè& qu'elle aurait regagné quelque peu de la aïusi^dération que lui avaient fait perdre la guerre de Hollande et la dilapidation des subsides. C'était le caractère le plus beau et le plus facile de la
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cour. Il y eut entre le duc de Buckioghàm et lui , je ne sais pouf quel motif ^ une querelle assez "vive pour amener un cartel qui lui valut à son tour l'ordre de ne plus paraître à la cour. Lord Coyentrj s'éloigna sans regret à ce qvCiï semble* Quand je l'ai connu , il était devenu très-reli-* gieux. Plus d'une fois^ depuis^ les plus beaux postes de la cour lui furent offerts , et il les refusa tonjours'. Il connaissait le néant des jouissances de l'ambition , et ^ résolu de ne plus se laisser séduire par elles ^ il préféra continuer jusqu'à sa mort un genre de vie paisible et solitaire. * Le duc d^Ormond conservait encore le gouver* Dément d'Irlande, malgré les divers partis qui s'étaient ligués pour le perdre; savoir, d'une part , celui du comte d'Orrery et de Ranelagh , et de l'autre celui de Talbot. Lord Orrery aimait que son nom fût mêlé aux grandes affaires; mais il s'en occupait d'ailleurs si peu que son influence était nulle d'un côté comme de l'autre. Lord Ranelagh , jeune seigneur que de grands talens disputaient à d'aussi grands vices ^ se faisait remarquer au contraire par autant d'activité que de dextérité; et, de plus , il convenait parfaitement au Roi par une convei^ation pleine d'enjouement. On portait secrètement au Roi quantité de plaintes contre le duc d'Ormond^ Le Roi l'aimait , parce que personne ne savait mieux s'accordera son humeur. Cependant, bien
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qu'à gratid regret, il finit par se décider à lui re-^ tirer le gouvernement de l'Irlande et à lui donner pour successeur lord Roberts, crée plus tard comte de Radnor, homme moral qui passait pour juste jusqu'à la sévérité, et pour aussi sage qu'on peut Têtre avec un tour d'esprit aussi cynique que le sien.
La manière dont le duc d'Ormond fut éloigné mérite d'être racontée, en ce qu'elle fait merveilleusement ressortir le caractère dû Roi. Ce prince envoya lord. Arlington. demander au duc d'Ormond sa commission. Celui-ci répondit qu'il l'avait reçue des propres mains du Roi , et pré-^ tendait ne la rendre qu'à lui-même. Il la porta donc à Charles qui nia qu'il eût jamais pensé à la lui ôter. Deux jours après , Arlington , par les ordres du Roi , renouvelle son message, le. duc d'Ormond sa réplique , et le Roi son désaveu. Cependant^ Charles déclare en plein conseil qu'il a changé le gouverneur d'Irlande, et nommé lord Roberts lieutenant. Aussitôt cette importante nouvelle se répand au dehors. Elle n'a pas plutôt frappé les oreilles du duc d'Ormond , que tout furieux il court chez le Roi, pour lui en demander l'explication. Le prince l'assure derechef qu'il n'y a rien de fait et le renvoie. Mais, cette fois, il charge FitZTPatrick, qui avait épousé une sueur du duc, de qui je tiens cette anecdote, de suivre chez lui son beau-frère, pour lui dire
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qu'il était vrai que le gouyernement dlriandle lui était ôté, et que si le Roi avait jugé à propos de nier qu'il eût pris cette mesure , c'est qu'il Favait vu si échauffé qu'il avait craint pour lili les suites de son emportement ; car il était résolu de ne pas se brouiller avec lui , et si le bien de .ses .affaires avait nécessité ce changement^ il ne voulait. pas pour cela lui retirer sa faveur; pour premier gage de cette assurance ,. il lui laissait la charge de lord grand-maitre de sa maison.
Lord Radnorne resta pas long- temps à la téie du gouvernement d'Irlande; Toute son administn^tion se ressentait du cynisme de son caractère. ;Son humeur inquiète et capricieuse le rendait particulièrement incommode au Roi. Dans une de ses boutades ^ il écrivit à ce prince qu'il n'a-* vait qu'une grâce à lui demander, grâce qui serait la dernière , si Sa Majesté daignait la lui accorder^ et qui se bornait à le délivrer de son .emploie II eut pour successeur le lord Berkley , frère de lord Fitzhafding, et parti de la plus .mince fortune pour parvenir au poste te plus élevé que puisse occuper un sujet. Pendant la guerre civile, il avait été gouverneur d'Exeter pour Charles I*^, et un de ses généraux. Il fut ensuite nommé par ce même prince gouverneur du duc d'York.- Le voilà ftiaintenant créé lorrfliputenant du royaume d'Irlande. Plus fard nous le verrons partir pour la France en qualité d^am-
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Ji4 NISTOXIB
Jia3$adeur et ËiffsuadF au ceagrès lie NîmegM, comme notre plenipateotuiine. Il n'y eiit jaiuM é^ pUis frappant exemple dn (leu de jugemiMirt que les cour3 apportent dans Ja idisirièutimi de leurs faveurs et des »plii6 ibaMites ^géités. Ber^ kley axe manquait mi d'audaee^ ni de décbion , quand le icas y (échëait.; Jiià4s il ^élak d'ailleQ» aussi pauvre esprit «q^e iCpour comampu.
Le vice régnait .ef&ontemefit à b cour*; «t lu chambre des communes lavait perdu tofele«oonsidéraliion dans le ptiysj par :sa facililé à (livrer Uargent du peuple* Cependant il'«ippiisition )fit un grand p^s. Elle obtint qu'un eomiië'scfrait cHairgé d'examimer les comptei» des sommes .aoabrdëes pour la jguene .de .Hollwde* Tokis lesicomnû»saires durent i&tre^pristdaAsietsein de la cbaaabve. LordBrei?eton^|e principal d'ierrtiieieugL ftfut président ^C'était um esprit ispQ0uWif»i<|iiifiQn6aGr» une ^grande partie deisa vj^ à larepjhêrohBidedaipienie pbilosqphale, au -grand détriiMnA denses aiSaîms , mais homme intègre et inat^c^essiUie nuK £kiUeries 9 9Ln:f. promesses ou aw imenaees délia cour. ; Sir William Tui:ner éta.it un i^u^ne imembire ;âu CQmité. Lprd-rmaire de Lopdirea , .l'année tpnéaédenj^ 9 ce iut.aaiis,spaadmipi^tratfon3Eaiisfii baibile .qu'%uitable.^ gu/e la i<econati^cJÀon d^ jla »eiAë av.aQQa Avec tant de ^rapidité ,qnl%l eftt été 0eél« Tannée d'j^pfiès ^s'il .p'f 4jt iiU#*méine toepiutasé i edt honneur. JPierpoint éimi »égs|ein0nt.nn (desioamr-
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mis^ires, ainsi que $ir J^iBes iiaogbcun ^ esprit borne et jFaifaile , fimiifittz seulement par la facililë a^ec i^qactlle jU s'exprimait en beau lattn , genre d!e^^;rcice oii 11 n'était égale par pensonoe.de son siècle;, encore que son ^tyle fût ^trop |KMstiq«e et trap chargé <4'épithète$ et de figares*
Je nonc^njie sir George Saville le. dernier , f>aree qu'il ^mérite qu'on parie de lui avec plus d'élen* due« Il ,fut €onpu «dans ia suite s<»ns les titres «uc*cessifs de yicomte, comte .et marquis d'Halifax. C'é^it un homme d'un génie puifisant «t lacUe» ipilein de v4e et de ^îté > natoreUement enclin >à l^ satLr{E;« Il dpnigiaîit liboe carrière à son ^esprit «ur les mati^r^ religieuses ; ce .qui le fit'passer pour un franc et audacieux athée , <|uoîqu^il m'ak j>rotesté à moi-iTiem.e qu'il ne Fêtait pas y et qu'il ne croyait pas qu'il f ^eo tùi wï aeul dans ie monde. Mais, il aTOuait, être hors ^dfétet.d'admet^tr£ tput ce que les* théalogieps. imposent à lacré^ duHtédugenre humain : il était chrétien paria spun^i^siony et croyait jEiuf:^ut qu'il pouviait croire^ et il espérait que DieUfUe lui ferait point un iCrinif de pp po^Yfiir digérer le ifer , comme une autru-* che, ,f^i charger sa ;foi de qhpses qiuietsa raisoa repoussait .: s'il avait des doives, en xtn mot ^ c'était jsaus ^s a^voir cherchés ^ (ni sans les cul-» tiyer^ ç^r ^,ue lisait jam^ïis de livres d'athée. Je l'ai T^9 dansmie^maUdie grave pendant laquelle je l'ai beaucoup fréquenté, ouvrir son âme à 4^
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çentimens de piété. Mais ayec le danger se dissi- |>aieDt ses bonnes résolutions. Il parlait sans cesse d'amitié et de morale. Il était exact à payer ses dettes 9 et plein d'équité dans toutes les relations de la yie privée ; mais sa conduite politique fut si contradictoire et si variable , il changea si souvent de parti qu'il finit par ne plus inspirer de confiance à aucun. On Teût dit, à l'entendre , rempli d'idées républicaines , et il eut part cependant aux plus mauvais temps du règne de Charles II. La vivacité de son imagination corrompait sans cesse son jugement. Il préférait une raillerie mordante aux meilleurs argumens. II était impossible de rien conclure avec lui ; car si 9 après de mûres et longues délibérations^ on s'était eptendu sur un point , et qu'une plaisanterie, nouvelle se présentât à sa pensée , il la lâchait, dût-elle tourner en ridicule ce qu'il avait lui-même conseillé , content de faire briller son esprit en faisant douter de son jugement. Une fois qu'il me parlait en philosophe de son mépris pour le monde, je lui demandai à quoi donc il avait songé en se faisant donner tant de titres que je me permis de comparer à une rangée de clochettes mêlées de clinquant, et suspendues au— tour de lui. Il me dit, pour toute excuse^ que ipuisque le monde était assez fou pour estimer de pareilles futilités , il fallait être fou par compagnie : ce n'était sans doutç que de purs hochets ^
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mais les hochets charment les enfans , et les siens pourraient bien s'arranger de ceux-ci. L'élévation de sa famille en effet lui tenait fort au coeur. Mais malgré tous les soins qu'il se donna pour elle , il enterra deux de ses fils et presque tous ses petitsfils. Celui de ses fils qui lui survécut était un hon-t nête homme , mais très*inférieur à son père. Je ne me rappelle pas quels étaient les autres membres du comité , qu'on appela comité de Brôoh-kouae, du nom de la maison où il se rassemblait.
L'existence du comité et l'enquête dont il était chargé inquiétèrent vivement la cour. On y disait que c'était traiter le Roi avec le dernier mépris que de prétendre à examiner toutes 6es dépenses. L'opposition répondait que le parlement n'avait point la prétention d'examiner l'emploi de la liste civile de ce prince^ mais seulement des subsides qui lui avaient été accordée pour subvenir aux frais de la guerre. Il paiisa pour constant alors qu'après tous les honteux remplissages dont on grossissait la liste, il y avait encore près de 800,000 liv. sterling dont il était impossible de justifier. Mais comme je n'étais point alors en Angleterre , je ne suis que très-imparfaitement informé de ce qui s'y passait. La cour parvint à détacher les principaux partisans de l'établissement du comité : détacher était le mot à la mode pour signifier corrompre. Du reste, elle pratiqiiait cette méthode de se débarrasse]^
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de FopfAmtiea avec tant de succès qu'on n« pv^ëvoyait pas' qiie le Roi se décidât jamais à sesépaMr d'tt» parlenlent si ûMlrtiable'^ et! donl^ ékâ^^ ^e miembre a-Tatt son prhi connu d'avance;^ ea# il est bien entendu que pluâ on aTait d'iiiftueMd^ plus haut On s'estimait^ et plus eher on se tendait. Cependant le' Fësultat de Ténquète n'en ftft pM moins d'appeler l'attention de tout h royaiâilié sur le désordre et la prodigalité de, la <io«i^. Le blâme <|iii e» rejaillit sur le Roi le blessa tihrie-' meut. La (laiterie ne perdit pas une si beMe eC" casion d'ei^altèr les gouyerneniens étranges ^ dont les souteraios étaient absolus , celui de ki Franfce en particulier. On disait de tows côtés à Charles^ avec la certitude de lui plaire , que ce serait chose facile cfue de secouer les contrainte ^ue lui imposait la loi anglaise , si une fois il le- vou-* Uit sérieusement' : le Danemarck n'était^il pas une couronne élective y soumise de plus avt Mti-trèle d'un iénat? et cependant n'était-elle pas devenue héréditaire et absolue, en un seul jotir^ San» a'ppareil visible de forces militaires, et surtout Sans que cette révolution amenât ni révolte ni troubles dans l'État ? Le Roi ne geùtàk qttd trop lin pareil dessein, mâi« il craignait ^è' se donneir l'embarras de le condiirre et dfe l'exë^tftet*^ En attendant donc de voir plus clair dan^ ses aiTaires^ eh d'avoir mieui mûri sei projets de despotiâuiéy il résollitt de les renfermer en hiU
u^éme. Il s'en tint, pour le nHTBieBt^ & ta maiiiDC comiBuat àt iMilvncer vm parti patr Fanrtre , sûr d'ailkun de tànr àe l'»if eat de sKm parlement, ei» prenant de tenvps » «aire qvelqnes mesures populèiffes^ et sons rëlemel prétexte de soutenir la triple i^iance. Et en effet la chambre des Gommmoes vota sans diffieul«é les| fonds qui Inr furent demanda par le mioîâlère. ¥slt un étrange changement de ràh, ce fat à la chambre des pairs que les btlk bursarux éprevrèrait quelque opposittoa. Ones'y plaignît qu'ils se survaîent avec une telle rapidité qu'il deTeaait ini'possible de leur assigner «aejSn. Le' Biat fia 5 en anglais (en^), s^rnifiant le but dfuiie cbose en même temps que son teria»e]^ œ mau^Tais catembourg passa d^ns le temps poor an» bon mot plein de sel et de malice. Su* John CoTentry alla plu« loin , et se permii sur les amour» du Rai une allusion des plus iasakntea. Il était on de cent qui s^opposaient anec kl plus de chaleur à f actroi de^ sommes deasaiodëes. D'ordinaire y lorsque Toppositien n'a pas réusai à faire rejeter ces sortes de bills , dans la ddibération principale , elle clierche à feire faire les fonds d'une manière qui rende la m^ sure à la fois plus odieuse et moins productive. Cest ainsi qu'elle proposa y dans cette occasion ^, de mettre une taxe sur les théâtres , qui dana un temps ansai carrompu étaient devenus des nids de prostitution^ La lieenee de la scène elte^méaM-
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allait au-delà de tout ce qui peut s'imaginer ^ sous Tinfluence de Dryden , le premier poëte dramatique de l'époque y mais en même temps un monstre de dissolution et de débauche. Les par-r tisans de la co\ir combattirent cette proposition , sous prétexte que les acteurs étaient serritêurs du Roi , et faisaient partie de ses plaisirs. A ce propos^ Coventry demanda si c'était sur les acteurs ou sur les actrices que reposaient les plaisirs du Roi? Ces paroles, rapportées à la cour, y excitèrent la plus vive indignation, « C'est la pre-^ mière fois , y disait-on, que le Roi est personnel-» lement attaqué ; si cette insolence demeure impunie , elle se répétera , et bientôt deviendra une habitude, une mode; il est donc urgent de la châtier de telle façon que personne ne soit tenté de la renouveler, » Le duc d'York ne' négligea rien pour détourner le Roi de la résolution, à laquelle il s'arrêta, d'envoyer quelques uns de ses gardes- se placer aux aguets dans la rue où logeait Coventry , avec ordre de se saisir de lui à son passage , et de laisser sur sa personne quelque marque ineffaçable de sa vengeance. Sands , Obrian , et quelques autres , attendirent en effet Coventry dans les environs de sa maison , et se jetèrent sur lui, comme il rentrait. Celui-ci s'adossa contre le mur , et saisit le flambeau que portait son laquais ; tenant cette arme nouvelle d'aune main, et son épée de l'autre, il se dér->
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fendît avec tant de fH*é6ence d'esprit et de courage, que cette aventure lui fit plus d'honneur que toutes les autres actions de sa vie. Il blessa même quelques uns des assaiilans. Cependant il fallut bientôt céder au nombre, et se voir désarmé par cette canaille , qui lui fendit le nez jusqu^à l'os , pour lui apprendre, disaient-ils , à se ressouvenir une autre fois du respect qu'il devait au Roi ; les assassins se retirèrent ensuite chez le duc de Monmouth , oii le bras d'Obrian fut pansé. C'est du duc de Monmouth que les assassins avaient reçu immédiatement leurs ordres. On le blâma beaucoup pour avoir trempé dans ce vilain guet-* à^pens; car si d'une part il pouvait apporter pour e;(cuse la soumission qu'il devait aux volontés de son père, de l'autre il faisait profession d'amitié pour Coventry , et il aurait dû au moins le faire avertir de ce qui le menaçait* Du reste , les chairs du nez cle l'infortuné patient furent si bien recousues que la cicatrice paraissait à peine. Cet attentat excita dans la chambre des communes , un soulèvement général qui tenait de la fureur» On rendit un bill qui en condamnait les auteurs au bannissement, et stipulait, par une clause expresse , que le Roi ne serait pas libre de leur faire grâce. Cet événement donna de grands avantages à l'opposition , et devint une des armes journalières des mécontens, qui ne cessaient de le rappeler et de le commenter. C'est alors qu'on
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»" M'ISTOIKÏ
Yit reparaître ess iiom#^ depmis si kmg-temps ouv Uiés j 4ie partr de lia cour et de parti naf ional ( court and oountiy party )*
Lorsque la ci«té fut à peu près rebfttie, on se mit à s'occuper des-ëgHses'^ qtii étaient restées en ceiulres* depuis riocend'ie. Pend'ant cet t nterralle de temp», la« cité s*éta4t remplie de conTentî- €ules« On avait pensé qu'il serait par trop dur d^emipécher que chacun adorât Dieu à sa maftièrc^ brsqu'il n'y avait pas d^églises ni de mr- MÎsferesf pour les desservir. Les nouvelles églises ne lurent d'abord qu'en planches, en attendant qu'il y eût un crédit ouvert pour les reconstruire comme elles devaient Têtre. Ces temples pnmsoires furent appelé» tabernacles, ffs renfermaient d'ailleurs des bancs et des galeries y comme de véritabfes églises. On ne les etft pas plutôt ouverts au public, qu^un bill fut proposé pour remettre en vigueur celui qui existait déjà centre les conventîeules. Seulement quelque?
claases d'une invention récente furent ajoutées ans anciennes , une entre autres très-extrat)rdinaîre. Elle stipulait que, s'il s'élevait quelt[ue doute s»r la signification de quelque passage d'e ce bîH , ta chambre enjoignait d'avance de l'interpréter dans le sens le plus contraire aux conventicules, attendu que sou intention était de les réprimer de la façon la plus efficace possible. Par un autre article , tout juge de paix qui ne met-
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trmit pes i^e prc^enfi bil'làt6]|é€utio&, ctir moteent ou na doûveniticole l«t était dëtioiieë , était passibte d'une amendé. Plfusifeur^deces magistrats sédé- BiYrent èe lear charge plutèt que d'être tes ïnstrmBens des nies«ire9 de rigueur dont on^ les chargeahv Ce ïbiU inq^nisilloyiâl fut eiécuté à^ Londres aviec (a dernière ^vierifë pendant k mairie de StârKng« W y c»ftsa un tel' désordre que quantité de ■ëgo«îâPfts> de la cité pa^rlaient âéjk de passer en Hollande avec leurs Capitaux: , lorsque te- Roi jugea à propos de mettre un terme aux poursuites qu^l occasionnait. Fkisieurs dect^^ discontinuérent leurs assemblées , ou les tinrent en secret avec un petit membre d'assi^tans , eH en évitant de se rëmnir petidaiït les heures de serrice public; mais 9 qtfeliqties précautions que pussent ptenidl-e tesi ncm^conformisfes 5 its) n'échappaient que bien diiScilement àM recherches des dénoncraleur^à gages, dont le zèle était sans cesse tenu en haleine par t^appât du gaiti ou d'e ta fiatteur. Les quakers se distinguèrent par plus de fermeté e( de coarage. ils ne changèrent ni le tiéu, ni l'heure de leur rétinion. Venait-on pour les arrêter, aucun d'eui ne cherchait k s^échappér; il* se lafssÀieni tous conduire en prison» , et ils y res^ taieni jusqu'à ce qu'on les renvoyât , car ils ne voulaient ni demander à être mis en liberté , ni payer les amendes qw'on leur imposait , ndn plu^ qiiie les droits du giôplier, qix'ils appelaient le;^
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gages ile V iniquité. A peine sortis ^ ils coaraient de nouveau aux maisons où ils avaient l'habitude de se réunir y et s'ils les trouvaient fermées par ordre supérieur ^ ils tenaient leurs assemblées, dans la rue , devant la porte de la maison. Ils disaient que rien au monde ne les ferait renoncer à leur culte , ni rougir de leurs assemblées religieuses ; et qu'au contraire , à l'imitation de Daniel ^ ils adoreraient le Seigneur à leur manière, d'autant plus publiquement qu'on prétendait les en empêcher. Quelques personnes traitèrent cette conduited'entêtement^etd'autres l'appelèrent fer* meté. Quoi qu'il en soit, elle réussit, car legouvernement^fatigué dé ses démêlés avec des esprits si opiniâtres, prit le parti de les laisser en repos. Cependant le Roi était venu à bout, à force d'intrigues et de séductions, d'obtenir tout l'ar-* gent qu'il attendait du parlement. Une des tac^ tiques de l'opposition avait été de semer entre les deux chambres des sujets de division , dans l'espoir de tirer parti de leurs querelles pour faire échouer les bills bursaux. Pour mieux déjouer cette ruse , le Roi s'était décidé à assister en personne aux débats de la chambre des pairs , où , comme je l'ai déjà dit , était cette année le foyer le plus ardent de la résistance. Lord Xjauderdale s'est vanté à moi-même d'avoir le premier conseillé au Roi d'user de ce moyen d'influence. Au commencement Charles se tenait dignement assis
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sur son trône. Sa seule présence devait gérïer ta .liberté de la discussion ; et tel fut en- effet pendant quelque temps l'effet qu'elle produisit. Il arriva cependant bientôt que plusieurs pairs piarlèrent avec d'autant plus de hardiesse que c'était -pour eux le seul moyen de faire parvenir leurs sentimens auxoreillçs du priiice, et ils donnèrent à leur pensée une carrière d'autant plus libre que du moins ils n'avaient pas à craindre qu'oti dénaturât leurs paroles en les lui rapportant* Du reste^ comme le temps lui pesait souvent , et qu'il ne savait à quoi employer la journée y il trouvait à la chambre une distraction très-agréable : aussi était-il très-exact à s'y rendre. Mais il quitta promptement son trône ^ vint se placer auprès du feu, et y attirait constamment autour de lui une foule de membres y ce qui était toute digâité à rassemblée. Avant cette époque chaque pair restait régulièrement assis à sa place ; mais la présence du Roi troubla cet ordre, et jeta dans ces séances une confusion incompatible avec cet aspect grave qui convient à un sénat. Ce n^étaît là toutefois que le moindre inconvénient de cette nouvelle habitude du Roi. Il devint le solliciteur banal de la chambre des pairs , non-seulement pour les affaires publiques , mais même pour les particulières. En un rien de temps j il avait fait le tour de la chambre, et parlé à tous ceux qui en valaient la peine. C'était ordinairement à là re-
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conunanduiUoii de fiptelqiie fa^roaike , oude quelqu(3 sQÎfpieji^r 4e ses amis, il fecmnaissait trèsîbîen Jes, gens 9«r «qui il ayait .de rkifineace. ^Un jour ^u'iMi le pria de paider , pour .nn procès , att | comte <l'Es$ex ,et A l^ird Jlollis , il répondii: qae | c'ëbtit des |;eo$ rojbdes et hocgneux , dont il n'y a^aït rioa à faire* «Oin (hii ^. nomma ini«médiate^ ment depz auti^es : « fionceiuL-flà , dh*-il ; ils n-ont « pas ^ conscience , et je me ckarge d^ leur en R doftner iWie à.ma fantaisie. i) li est jmste^^ajoater queiorsqu'un .pair lui dédarart netiement qtt'^il i»e ponTaitim promettre son suffrage, Charles ne le trouivait point mauvais. Lors de la discussion >de Tacte. contre lesconyenticiiles dans la chambre "^ xles pairs, Wilkins se prononça vivement potrir^ son adoption. Le Rni qui metf avt beaucoup d^im^ portaoce:à le voir passer, non qu'il songeât «é**riei^sement à le faire exécuter , mais afin d'avoir tous les sectaires à sa merci , et de les «farcer à concourir à son projet «favori d'une tolécaooe^^^ iierale, pria doue ^ilkins de œ .point s'y ep* j |>oser. Celui-ci lui répondit qu^il désapprouvait ' l'aeteenconscieiice et en politique; de sorte tqu'en qualité d'Anglais et d'évéque , il ne pouivait s'ampêcher.de le combattre. Le Jloî alors lui.de- «UPKandaaiLimQiosde ne point «veair ii la ohambre pendant qu'on le • discuterait : « Jm ioj, répliqua- « t-il , .notre ,coi;istitatiQn , Ja .fa)vettr -de iVoti^ «t Majeaté^ime donnent île droit d'opin«r e% 4a
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« votcxdftosJa cimmbra hautes et^u'aifii crainte (r ni honte de dire mon avis et d'agir enconséif quepce. ;» J[l alla donc so» train ^ et le Rai ne fut poinl.offenae de sa £rap<ikî$e* Mais s'il savait aupporter xin «refii^ f»et de condescendre à ses désirs , il.nfa.Yait pas la même indulgence pour ceux qui ^ j»ar h ton Tag¥ie ^t gënéml de leurs réponses , i'<av»iQnit înduiit.à compter surikur concours > et jpmSfh J'qpi^uiKene faisaient pas (Ce .qù^ âlttendaît d'eujT. IlQwUfîaU urne conduite fitfi«iUe dtdjîhu^ *terie^^i il.|i'Qfi ménageaii peÂnt les.auteuTsdans «a copjirefi^pitiop.
.iïetprinçe.ne^vitipfts plâktôt son toëser {largement j¥>uryu 9 ^^ flotte çemise en bon ordre et ses nsa^ ^a^ns l>ien remplis y qn'il se mit itiiimëdiatement à négocier avec ;la France > idcins le dessein de juiner Ja^HpUande^t de changer ie ^uyerneinent ^Qglais.JUe comité de iBro&i-JElouse et la mésayeu" ttuvedcCbatam lui. pesaient ^sur le cœur plus que qupiiqAie oe^oit ^u mondel ,11 ^ip^it résolu de se •veci{];er de irincendie. denses 17 aisseaux, et de s!afr irancbir^po}»:* iL'a^enir de Insolente jpeétentiom de (SQu p^rilomenjt àe^aminertses compta. iU s'était^ iUst bi.Qn ^yrai., tant vemué dansila-cbambrede^ <XMDftmjiM2^^ que ie rappont .du oomitpnfatvalt p^a^ iH^Àim^ €^ que .to^t .annonçait ) qu'il wu'en serait fllus^qjii^ipn; vmis il firémissaitià la iseule idée der)étj|blisteqim)td'un:|>nécmbat èi mdQutoble»
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t 28 HISTOIRE
et des révélations sur la cour qui en étaient résultées.
Le prince d'Orange fit un Voyage en Angleterre pendant cet hiver de 1669. Il était alors dans la vingtième année de son âge , c'est-à-dire majeur; et il venait en conséquence tant pour savoir du Roi quand et comment il comptait s'acquitter de la dette considérablecontractée par Charles I". envers sa famille, que pour le sonder en même temps sur le plus ou* moins de zèle qu'il mettrait à favoriser ses prétentions au stathoudérat. Le Roi le traita civilement , et l'assura qu'il serait payé de ce qui lui était dû ; mais comme il ne dit rien touchant l'époque et le mode du paiement > ce n'étaient là que de bonnes paroles^ Charles entreprit ensuite le prince d'Orange 5 qui lui-même m'a conté cette conversation ^ sur les matières religieuses ; il parla de tous les protesttans odmm^ d'un corps de factieux^ dont les divisions étaient \e résultat nécessaire de leur première séparation du corps de l'Eglise , et finit par lui conseiller de prendre plus de peine qu'il n^en avait pris pour examiner ces questions , et de ne pas. s'en rapporter à ses imbéciles de HoUandars.' Le prince rendit compte de cette conversation à son oncle paternel Zuylesteyn» Ils ne pouvaient assez s en étonner^ et ils ne comprenaient pas surtout la légèreté du Roi qui allait confier à un jeune
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DÉ MON TEMPS. lig
hoiDBic^ un aussi g^aûd secret que cèltti dé toa papisiiie. Le prince d'Orange m'a assuré qu'il n'en ayait rien dit à d'autres ^ jusqu'à la hiort du Rôî^ mài^ que le sourenir né l'en avait jamais quitte > et qu'il né pouvait s'empécber dans la suite de ju-f gerdes intentions de Charles d'après ce qu'il avait découvert danscéttè occasion de ses véritables sen-^ timens. D'ailleurs^ eotnme il se montra peti disposé à prêter l'oreille aux insinuations insidieuses du Roi 5 il conclut qu'il n'avait aucun secours^ réel à s'en promettre ^ sauf peut-être quelcjue. intervention générale sans valeui* : et c'est en effet tout ce qu'il en obtint.
J'ai suivi le fil des afiaires d'Angleterre depuii la paix de Bt*eda jusqu'à l'année 1670^ où le gouvernement commença ses négociations avec la. cour de France. Je n'oserais garantir que j'aie mis dans mon récit chaque cbôseexàetement à sa place^ parce que , peiidaiit tout cet intervalle de temps , je vécus très'^retiré du monde et de la slociété. Je crois néâmnoins avoir présenté les évéïlemen» souA leuk* véritable point dé vue ^ et j'en ai pout* garants les personnes dont je tiens la plupart dea faits dont se Qom|Kisè mon kistotrey toutes bien informées 5 toutes incapables d'avoir tôulu me^, tromper* -~ Je reviens maintenanl; aux affaires > de mon pays , de l'Ecosse.
L'administration de ce royaume se ressentait» de l'esprit de modération et de tolérante dont 2- 9
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iSo Histoire^
le Roi faisait actuellement la base de son gouver* nement. Entre les évêques ^ Leighton était le seul qni approuvât cette nouyeiie marche y et il n'avait pas une idée, ne faisait pas une démarche qu'il ne me les communiquât. Un grand nombre d'églises étaient déjà vacantes. Le peuple échappait entièi:*ement au clergé épiscopal dans les comtés de l'ouest > et quelques jeunes prédicateurs 5 pleins d'une ardeur fanatique ^ y parcouraient les campagnes, soufflant de plus en plus le feu dans les esprits^ Rien n'était donc plus urgent que de trouver un remède à tant de désordres. Leighton , dans cette extrémité , était d'avis qu'on s'occupât d'un traité qui mit un terme à nos divisions religieuses , et tempérât les lois qui avaient porté l'autorité épiscopale si haut qu'aucun évêque ne l'employait toute entière. Il voyait l'Eglise et l'Etat déchirés , la religion à la veille d'être perdue sans retour , le papisme ou plutôt la barbarie près de fondre sur nous, et té-» moin de toutes ces calamités , il souhaitait l'adoption d'un plan qui pût ramener les hommes modérés du parti presbytérien , certain que si le schisme avait une fois cessé et que l'ordre fût rétabli , il serait facile de s'arranger pour que les concessions faites, sans danger pour le présent , expirassent avec notre génération. A l'appui de ce système , Leighton rappelait les ménagemens txtraord inaires de l'Église d'Afrique pour les
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DE MON tEMPS- i5i
âonatîstés^ sectaii^s au moins aussi extra vagaii^ et aussi obstinée que les nôtres. Frappé de ces considérations^ il poussa très-loin^ il fdut en convenir , Fidéé d'atténuer l'autorité épiiicopale ; mais hâtons-nous d'ajouter qu'il Croyait qUe ce. serait chose facile de regagner pluâ tard ce qil'on aurait cru devoir céder pour le moments
Leighton proposait que l'Eglise fût gouvernée par les évêques et leur clergé y réunis eh cours ecclésiastiques > où lesévéques n'auraient d'autre prérogative que celle de la présidence, obligés d'ailleurs de se soumettre aux décisions de la . majorité^ tant en matière de juridiction que dé discipline; que tout presbytérien , la «première fois qu'il siégerait dans une de ces cours ^ fût au-^ torisé à déclarer que, s'il consent ait à faire partie d'une assemblée présidée par un évêque, c'était par pur amour de la paix, et sans préjudice de -son opinion plersonnelle sur ce reste de suprématie épiscopale; que lesévéques ne prétendraient point à l'avantage de la voix négative ; qu'ils se trans-^ porteraient sur les lieux oii une chaire vacante demanderait une ordination nouvelle , y entendraient et discuteraient toutes les objections ap* portées contre les candidats et les ordonneraient avec le concours des ecclésiastiques présens ; que les ministres ainsi ordonnés auraient eu préala-blement la permission de déclarer leur opinion , s'ils pensaient que 1 evêque n'était seulement qu«
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r52 HISTOIRE
le chef do clergé de son diocèse. Leigfaten |iro« posait eo outrie qu'il y eût des synodes proinmciaux^ se ra$s,embl9nt de droit tous les trois ans^ ou plus souvent si le Roi les convoquait^ et qui recevraient les plaintes qui seraient portées contre les evéques 9 et les censureraient s'il y avait lieu. Les lois qui établissaient l'episcopat et rautorîtë du synode national devaient être changées en ce qu'elles avaient de contraire i ce nouveau plan.
Four justifier, ou plutôt pourexcuserces concessions , qui 9 des évéques^ ne laissaient guère que le nom, le vénérable prélat qui les conseillait présentait les considérations suivantes. La £iculté de protester accordée aux ministres presbytériens, vaine formule sans résultats effectifs, tomberait bientôt dans l'oubli*. Le monde verrait l'union réta« blie dans l'Eglise de la Grande Bretagne, tandis que les protestations de quelques non-conformistes obstinés seraient enfermées dans de volu* mineur registres et mourraient avec leursauteursi Quant à la voix négative , l'expérience prouvait qu'en général lesévêques prenaient leurs mesures pour éviter de se prévaloir de ce droit ; que si cependant on prévoyait quelques cas où l'usage en fût indispensable^ il n'y avait qu'à le remettre entre le^ mains d'un magistrat séculier quiinterw viendrait, au nom du Roi, toutes les fois qu'il en serait vequis par l'évêque. Le seul point im-portant était que la génération présente descendu
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DE MON TEMPS. l3T
€« paix au tbmbeaa; on verrait ensuite toutes nos querelles s'amortir y sinon s'ëteindre cùvat^ plëtemieiit d'elleis-inéines. D'ailleurs dans le plan, proposé tout ne méritait pas le nom de conceêsions^;^ il renfertttail aussi de vérilables réformes ^ véela- ]pée& avec justice. N'éCaifr-ilpkas plus conrenable^ par exemple^ que les évêqu^es se transportassent dans les paroisses que devaient desservir les aspirans au saint ministère , pour les y ordonner a]M*ès des jïeïlbQes et des prières solennelles , que d'eatasser dans leur cathédrale ordination sur or-* dioation^ sans préparatifs reli^iieux, et presque sans décence? Ne paraissait-il pas jusie aussi ^e las évéques passent être consacrés comme le reste du clergé; et par qui. pottvaienl-iliSr l'être laîeux que paor une cour légalement constituée , et composée d'évèciuea^ de doyens; et dé deux députés pav presbytère? La liberté accordée àchaque nouveau ninÂstre , an motn^at de son ordinatâon , de déclarer soB sentiment sur l'ordre épiseopal^ était le point le plus difficile àfskire adoiettre , car elle semUait tendre à perpétuer Tesppit de faction etiéedés^rdve. Mais il eni serait peu fait d'usage^ ear Imites^ les églises 9 aor mmns celle» q«ir étaient » lâneminatient du Roi <ra diesévêquies , seraient données^ à des gens que cette déclaration ne pouvait regarder; ert puis enfin l'avantage d'extirper le sebîsaie 5 de ranieneir lai paix dans la uatiom^ ne^valait^l pas. 1b peine d/être acheté par queU
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ques concessions même pénibles et dures? ne ba^ lançait-il pas rinconvënient de diminuer ràutorite ëpiscopale, qui portée trop haut par les lois? actuelles , devait être momentanément trop res^. freinte, afin que l'équilibre put être rétabli? Ce-? tait là un résultat assez désirable pour faire , fût-il le seul , une chose utile de cet accommo^. dément. C'est le mot dont on se servit dans le sens de compréhefision en Angleterre.
Ce n'est pas tout. Pour faire goûter son système des presbytériens , Leighton proposait d'entamer un traité avec eux. Le comte de Kincardin repoussait toute tentative de ce genre, se fondant sur ce que les presbytériens, naturellement minutieux et disputeur$ , répondraient aux propositions les plus modérées par des difficultés et des clabauderies à l'infini , puis bientôt infailliblement se diviseraient entre eux , et qu'alors on en^ tendrait les plus jeunes et les plus ignorans, accoutumés aux déclamations populaires y crier de tous côtés qu'on mettait aux enchères le royaume de Jésus-Christ et ses droits. Il était d'avis, par ces motifs, que, connaissant leurs principes etleuv humeur, on calculât en conséquence l'étendue des concessions qu'il était ou raisonnable où utile de leur faire , et auxquelles on donnerait sans bé-: siter le sceau de la loi : nul doute qu'ils se sou-» mettraient plus facilement à un ordre de choses arrêté satjs eux et irrévocable, qu'ils ne conseo-t
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tirai^it d'avance à des stipulations plus ou moins contraires à ce qu'ils appelaient la liberté de l'Eglise. Leighton se prêta volontiers à cefte façon d^agir^ mais lord Lauderdale ne voulut jamais y consentir. Il disait qu'une loi qui changeait si complètement la constitution de TEglise passerait en Angleterre , quand on y connaîtrait son existence y pour Tabolition de Fe'piscopat» à moins qu'il ne pût dire, pour s'excuser, que les presbytériens avaient consenti à entrer à ce prix dans la communion de l'État. Il ajouta que la responsabilité de tout ce qui se ferait en Ecosse devant surtout porter sur lui , il ne pouvait s'ex*poser à faire sanctionner un tel acte par le parlement sans savoir au moins quels effets il produirait. Il fallut donc aviser aux moyens de traiter avec les presbytériens.
Je fus chargé de faire part du plan de Leighton h celui d'entre eux qui passait pour le plus instruit, Hutchfeson; mais je ne devais le lui présen-p ter que comme une idée qui m'était personnelle, et seulement pour sonder ses dispositions. Hutcbeson avait épousé ma cousine-germaine , et nous étions liés d'ancienne date. Il ne vit dans tout ce que je lui dis qu'un projet chimérique, sans chance probable de succès , et dès lors ne voulut point s'expliquer sur ce qu'il en pensait. « Si ces concessions, dit-il, viennent jamais & être sanctionnées législativement , je saurai exprimer
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m^Oi ^fwÏQA comme tees co-rèligionsaires eipri-^ me^roat H kur ; miiiaje ^uîs membre d'«n grand ooirp^ 9 %< je/dçîsL e« cette qualité éviter toute Bk9r pî^^Uaniaolée^deiseQtifiàeBa et deprincipç». >i Après les diffieultés du traité Tenait rembarras xim moÂJi$ gr^iod du uornbre teiUjours craiçsaat d'une pEirt des^ chaires^ vacantes > et de Tàutredes çooveqticule». Qui nommer aux premières^ et coiament mettre ua terme aux seconda ? Leigkton spttbs^iilf^U qu'oA ne s^ôcoapat point de remplir le^ places, vides tant qu'mtra,iterail avec lea prèsliytériepsi^ pour l^r montrer )i^ réalité dûdé&ir qu'^Qi^ 9(¥9Ât de le^ voir s^ (îOAsacrer a« service ^ l'Église ;i par la quantité de ebiaivesqui lesiatteQc^içnt et pour aînsÂ.dire leur tendaient les bras. \ifi comte de Tweedale peusant que la négocia -r tton 9 traversée par mille, petits iaçidenst». traifr i^içr^i^ ç|i liQi^^uP^ et peut-être ênalem^ent m'al^Utirait 9 r^ > proposa d'autoriser , par un acte r^^yi^l ^'i^du^eme, certains des ministres çjfçlm à vepreQK^redans leurs an^ieuoes paroisses r€|:^flrçice> dekiwa fonctieiM pastorales. Cette me^ iW^% du n^m d]9 l'acte sotiAveiraiin quii s'étabUs-r f^i(^ prit celui de VMdalgeme. Leigb.too ne Vaip-r Pff4UX£^itj f^* Sui^v^mt lui > rieui a'était plus oarr p£^^ 4'^gag^ir If^ pvesbytéi^iena à traiter que Viçspoii- df^ reiftlrçr ^n pQ^s/çsisi/9n de, leurs béncK Ôç» isit iwA iÇoift ils ç^'y voyaient rél.aWw> Hs^mn wifl»ttgB6Bi^ l« pcjiç^ impop'teAt çWir eui /et Us
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DE MONTEltPS. «S?
se montreraient pliia dilBoîlea s!ir 1^ risX^. Jefu» cbÂrgé d'aller pw nvoi-^niêma f^aminor letot réel des esprits dans les comtés de l'ouest ^ ponr ensQÎt^ en rendre compte. Je partis ^ prétextant iine visite au duc de Hamilton. Sa femme étaili une per&ouue d'unf^ gra^^e piété ^ de, facultés! éiéiueiite^. {lUe aidait l^oauçaup de crédit parmi les presby térieus ^ dont elle passait paw avoir eml>rassé lea Qpiuiopa 9v.ec cWlfur* J^ dois dire quelle m% prqt^té aouvçnt ne ^'être jamais méhée 4(^ la disçus$i^ des potuta de çQAtrQYerse> et uaême n'avoir poîut d-opiui<^n fixe sur ^a forme du ga^vememeut ecc)^asti^Q; misi^ ^Ue trouyait ^»i géiiéral lesi n^inistrea prçsbytérieiiSr doué& de plua d^ yertus > et maintenant dans leurs pa-» rc^^ea plus d'ordre et de paix queles-épi^copaux. « Ils sou t> disait-telJle», réguliers dau& leurs moeurs^ pleins de ferv^r davu» leiur piétés el; aqtiff dans Te^iercke cU lecira fwctionsu ¥ La ducbeçse de liamUtec^ me dit «^çore ^ et qeci répoudait plus 4ireetjew!9nt. au bu^t 4o mQû voyage , que FexaU tatio^ dui peiUiple était exçiessive^ et qi^e jamais «UiOm^flt. u'f^vait. ^é pW mal cboi$i p^ur parlei^ de tfait^^ La raisou^eu élait sÀiupIe : les. plus ^ni^ pefftés du parti se servaient des çonite^ttiQules ^ oi^ ib d^TOii^aiecit pai>ku]r% déci^wsiftious», p<^u» eu-^ &awm#9 lea espi^Ua ço«lre t wte idé« d'accpm.laddem^t. Mav% «^1# ajpi^taît que H. d^ prc^bylérteeiftplus m<^déi>é$. veçaî^tt o4cu|)«K lisfii ^lises
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i38 HISTOIRE
vacantes, le peuple serait bientôt moins exaspe'ré , et secouerait peu à peu l'ascendant des prédicateurs incendiaires qui avaient maintenant toute la vogue ; que de plus cette sage mesure ramènerait la confiance chez les dissidens qui , pour l'instant , ne voyaient dans toutes les propositions qui leur étaient faites qu'un artifice pour les diviser entre eux , et les perdre ensuite plus facilement. Ces considérations me parurent la raison et la vérité même. Je vis chez la duchesse plusieurs des plus modérés du parti 3 je m'entretins avec eux et ils me tinrent tous le même langage. Au mois de juillet 1668, il était arrivé une singulière aventure à Sharp. Il montait dans son carrosse , en plein jour , lorsqu'un homme s*approcha au moment où l'évêque des Orcades se préparait à le suivre. Comptant l'atteindre à travers le manteau de celui-ci, il lui tire un coup de pis* tolet chargé à plusieurs balles; mais le coup porta tout entier dans le bras de l'évêque des Orcades, et le fracassa tellement que durant le nombre d'années assez considérable encore que vécut ce prélat après cet accident, il n'en passa aucune sans être obligé de faire rouvrir son bras pour y faire des exfoliations. Sharp était si universellement haï que, bien que ceci se passât en plein jour et dans la rue la plus fréquentée, per-. sonne ne se mit en devoir d'arrêter l'assassin, qui se retira tranquillement, rentra chez lui^ôta une
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vieille perruque qu'il n'avait pas l'habitude de porter 9 ressortit et se promena immédiatement dans la ville. Mais Sharp l'avait regardé en face et de si près qu'il le découvrit dans la suite^ comme nous le raconterons en son lieu. Quoique je vécusse alors fort peu dans le monde , je me crus obligé d'aller témoigner à l'archevêque de Saintr At|dré^ la part que je prenais à ce qui lui était arrivé. H me parut très-ému de son aventure, et dit en ma présence , avec une sorte de piété : tf Meis jours sont en tes mains , ô Dieu de ma vie ! » Ce sont les seules paroles pieuses que j'aie entendu sortir de sa bouche, dans toutes les conversations que j'ai eues avec lui. On ne né-^ gligea, pour découvrir l'auteur du meurtre , ni recherches, ni promesses de récompenses au délateur ; mais tout fut inutile. La cour jugea à propos de choisir cette occasion pour appeler Sharp à Londres, et lui donner, en dédomma-^ gement du danger qu'il avait couru , quelques marques de bienveillance. Il promit en partant de faire au Roi quantité de propositions sages et utiles. Qui l'eût entendu , à cette époque , n'eût pu s'empêcher de le croire sincèrement changé; il se détourna de sa route pour venir me visiter dans ma paroisse , et tout son langage annonçait la résolution de se montrer h l'avenir tout diifé-r rent de ce qu'il avait été. Le Roi , qui savait mieux que personne , quand il le voulait , fein-r
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dre et fiatter^ le rèçot' avec les apparences lef pioa marquées de (âreur et de i^ipect. L'archevêque se garda bien de mettre en avaftt^ comme si ft'y était engagé > quelque noiivea« projet , se contentant d'approuver^ en termes généraux ^ le système de douceur et de modération actuellement en vogue.
A son retour en Ecosse^ Tarehevêque de Saîpt- André' proposa dans le conseil d'accorder une indulgence à quelques résolutionnaires sous cer* laines réservés ^ telles que de ne point parler ni préclier contre Fépiscopat^ de n'administrer les» sacremens k persoone des paroisses voi* dines sans le consentement dn pasteur, enfin die s'en^ger à observer fidèlement ces oondi^ tiens. Le rusé prélat savait que sa prefKwttsoci, toute modérée qu'ellie parut d'abord , n'aurait feint de suite ; Attendu que lee résolufiiormaires «t les protestaires avaient renoncé à lenrs aoH «iennesi divisions pour se réunir franckenaei^ •eontrei l'enneiai commun^ et les premiers nr'élaie«t pas plnst disposés que les seconds i ptf e»* ^dfre aueun engagement qui génàt ou limitât les fènctâons. pastorales, lis disaient , les uns et les •autres 5 que le gouvernement pouvait leur im* |HBev telles restrictions» qu'il lu4 plairaLl ^ et les psunir sfils transgressaient; mais qu'ils voulaient reste» liilpres. de s'y soufmîettre ou non», à leurs risiftes) et périls« Ife tenaient pomr maxinae i^ï\%
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aTaient reçu du Christ la plënittide du ministère , et que les cours ecclésiastiques avaient seules le droit d'en régler rezercice; que si le Roi jugeait à propos de les limiter dans cet exercice^ c'était à eux de se conduire seloa les conseils de lent prudence j mais qu'ils ne pouvaient dans aucun cas se lier par auoune promesse positif^ et persoii4 Belle.
Bomet^ dont le diocèse^ celui de Glasgow ^ comprend euTiron le quart de l'Ecosse ^ se reb-^ dit à Edimbourg avec son clergé , pour s'y plain*'dre que la presque totalité des paroisses de sou ressort étaient désertes ^ et que les conventicules y pullulaient de tous côtés. A jbou instigation ftat publié un édit reproduisant Pacte du parlement anglais qui condamnait ai une amende de ein^ quante livres sterling tout propriétaire de fief sur kss terres de qui se tiendrait un conteh-^ ticttle; permis à lui ensuite de se faire rem-» bourser ^ comme il le pourrait, par les vérita-^ blés auteurs de ces- rassemblemens religieux; Cette mesure était évidemment illégale^ le con-^ seil n'ayant pas le droit d'imposer ainsi des amendes de sa seule autorité. On prétendait , il est vrai , que l'acte du parlement qui avait ré^ tabli l'épiscopat renfermait une clause par ley quelle il était enjoint au conseil privé de prendre y pour en assurer l'exéeutio» , toutes les voie« qu'il croirait les plus e(ficace$c Mais les jurisr^
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consultés même du conseil répondaient que son pouvoir^ en matière de propriété^ n'avait certainement d'autre régulateur que la loi méme^ que la clause citée ne devait s'entendre que des moyens secondaires d'exécution , et que l'extension qu'elle recevait par l'édit n'était en aucune manière admissible. La vérité est qu'il n'eut point d'autre suite que d'être envoyé à Londres et d'y servir d'argument au comte de Lauderdale pour repousser le reproche qui s'élevait contre lui et ses amis , de travailler à l'abolition de Tépiscopat en Ecosse.
. On venait en même temps de mettre enfin k exécution le projet tant ajourné d'organiser la milice. Deux mille chevaux environ et seize mille fantassins armés ^ équipés, et formés en régimens réguliers de cavalerie et d'infanterie, devaient être aux ordres du conseil. Toute cette organisa-» tion était contraire aux lois. Le parlement avait bien donné au Roi le pouvoir de lever, dans un cas pressant, et de faire marcher tel corps de troupes qu'il trouverait à propos , en ks soldant s'entend ; mais s'en prévaloir pour établir une milice permanente , entraînant pour le royaume la permanence de frais considérables, n'était-ce pas excéder sa prérogative? La chose n'en fut pas moins décidée , nonobstant les objections puissantes des jurisconsultes, entre autres de sir John Nisbit, avocat du Roi, homme d'une vaste ins-^
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zeribyCCOgle
traction^ tant en droit que dans toute autre science^ celle du grec en particulier^ mais plus remarquable encore par une inte'grite' exemplaire et un inébranlable attachement aux lois du pays. Le secret mobile de cet arrangement n'était autre que le désir yiolent du comte de Lauderdale d'entrer dans la direction des affaires d'Angleterre. Il voyait le but que se proposait la cour y et il voulut y accroître son importance ^ en ayant sous sa main une armée considérable y des magasins^ et de grosses sommes d'argent^ dont on pourrait disposer au premier accident. Tous ses amis en conséquence y et plus qu'eux tous lady Dysert, allaient répétant partout qu'au-^ cun ministre de Sa Majesté n'avait songé jusqu'ici à faire dé l'Ecosse une partie importante de ses domaines , mais qu'on allait voir maintenant quelles ressources on pouvait tirer de ce royaume. Une armée, des magasins, un trésor, étaient, il est yrai , des mots d'un prodigieux effet , surtout dans un temps où la chambre des communes commençait à se montrer moins traitable, et oii , désespérant d'en avoir bon marché , comme par le passé , le duc de Buckingham proposait de dissoudre le parlement pour en convoquer un nouveau. Il pensait que les choix se porteraient sur des hommes moins zélés pour l'Église, dont tous les chauds partisans étaient ses ennemis; mais le Rçi ne goûta pas le conseil de son favori.
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Sachant qvue , de tous les membres de la chaïubre des ooDimuoeà actuelle ^ il d'en était aucun qui ne lui fût dévoué de cœur et de principes ^ ou ne put facilement être a<îhete > il ne vouhit pas courir les risques d'une nouvelle élection* Il tenait bien les noû-^onformistes sous sa dépen-dance par les lois rigoureuses qu'il laissait comme suspendues sur leurs têtes ^ mais il ne pouvait guères douter néanmoins que leur influence et leur vote ne lui fussent contraires 9 tant aux élections qtie dans le parlement, si jamais ils y pénétraient/ Il savait qu^adVersàires irréconciliables de la prérogative 5 ils ne seraient ps plutôt délivrés des lois qui |)esaient sui^ eux et les mettaient à la mei^ci de sa clémence , qu'ils se livreraient de nouveau à leurs sentimec^ Naturels d'indépendance et d opposition.
Lord Tweedale, qui était à Londres vet*s ce même telups, y mit en av^nt uâe proposition qui n'aboutit à rien ^ mais qui fît tant de bruit et était si importante de sa stature qu'elle mérite de fixer l'attention du lecteur. Elle était relative à l'union des deux royaumes. Cette union souriait assea^ au Roi f qui espérait qu'au nioins sa vie durant tous tes députés de l'Ecosse au parlement seraient des gei» à lui» Le duc de Buckingham accueillait toujours volontiers une nouveauté. Le k>rd garde des sceaux Bridgmàn était convaincu de son utilité. Lauderdàle l'àp^
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DE MON TEMPS. l45
payait de tout son crédit ^ parce qu'elle obligeait à convoquer un parlement en Ecosse , dont il voulait être le commissaire. Le comte de Tweedale désirait aussi cette convocation ; mais , plus désintéressé dans ses motifs ^ il la désirait pour voir sanctionner législativement l'établissement de la milice, pour faire apporter quelques modifications aux lois ecclésiastiques 9 et surtout parce qu'il songeait sérieusement à faire réussir son projet d'union y qu'il regardait comme trèspraticable, ce L'Ecosse^ disait-il , est maintenant dans une situation qui n'est rien moins que prospère y bien que le Roi connaisse par lui-même ce malheureu^ royaume ; mais quand un autre roi viendra à régner, qui ne connaîtra point Joseph ( c'était son expression ), le pays sera livré à des favoris et dévoré par eux. De riches provinces, comme celles qui appartiennent à l'Espagne^ peuvent supporter long-temps un gouvernement oppressif; mais de pauvres pays , comme les comtés d'Ecosse , seront bientôt ruinés et dépeuplés pour, peu qu'on les opprime. De plus, s'il survient un roi d'Angleterre qui, conspirant contre la liberté publique, caresse les Ecossais, il les engagera facilement à seconder ses desseins; car il est à supposer que les habitans d'un pays pauvre sont toujours disposés à le quitter pour entrer dans un autre plus riche et plus florissant. Rien de pareil, il est vrai,
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n'est à craiodre à présent que l'extrême attachement de la nation au presbytérianisme d^une part , et Topiniâtreté avec laquelle le gouvernement protège réptscopat de l'autre , rangent la nation et le gouvernement sous deux bannières trop opposées pour qu^il puisse exister entre eux ni lien ni intérêts communs. Mais qu'un roi ait Tadresse de mettre de côté cette cause de défiance entre lui et ses sujets d'Ecosse , et il les conduira partout où il voudra. » Lord Tweedale trouvait que sir Francis Bacon avait eu grand tort de compter l'Ecosse pour le tiers de l'île de la Grande-Bretagne , et de vouloir qu'elle fût traitée en conséquence de cette base , tandis qu'elle n'en faisait pas y à son compte, plus de la dixième partie pour la population , et de la quarantième pour la richesse.
Le projet d'union resta sur le tapis, jusqu'à ce que la convocation d'un nouveau parlement en Ecosse eût été résolue. Lord Lauderdale , rappelant alors au Roi l'ancien plan qu'il lui avait exposé à l'époque de la restauration , se fit fort de conduire les opérations du parlement de manière à le faire réussir, et , eo général , à servir les intérêts de Sa Majesté plus efficacement que tous ses prédécesseurs. Satisfait dé cette assurance , Charles ne songea plus à l'union. Ceci se passait dans l'été de 1669, pendant que j'étais à Hamiiton. Après avoir recueilli les meilleurs
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retiseîgnemenâ qu'ii me fut possible de me procurer snr la situation de ces contrées deTouest , j'en écrivis au comte de Tweedale une longue çelation 9 et je lui conseillai , en résumé^ de mettre qiielcjiies ministres presbytériens des plus modérés dans les églises vacantes. Sir Robert m'a dit depuis que cette lettre avait été fort goûtée €t lue au Roi. Elle n'eût été d'aucun poids du reste si elle n'en avait reçu de la conformité des seatimens qu'elle exprimait avec ceux de lord Tweedale , qui s'en servit comme pièce à l'appui de sa propre opinion , et qui , pour donner plus de consistance à mon avis, vanta mes principes, mon zèle pour l'Eglise , et je ne sais encore quels aatres mérites qui me distinguaient. Je fus re-r présenté surtout comme l'homme qui partageait le plus entièrement les maximes de Leighton. C'est ainsi que ma lettre , assez indiscrètement écrite, et quej'avais envoyée sans la communiquer à Leighton , porta le coup décisif. On croira facilement qu'elle m'attira la haine de tous les épiscopaux qui en eurent connaissance , ou seulement le soupçonnèrent.
Le Roi écrivit au conseil privé , lui prescrivant d'autoriser les ministres presbytériens , connus pour gens paisibles et fidèles, à desservir les églises vacantes , sans exiger d'eux qu'ils se soumissent au gouvernement épiscopal ; de leur imposer néanmoins tels réglemens à suivre qu'il
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jugerait les plus propres à maintenir l'ordre et la paix; de tenir la main à ce que ces rëglemens fussent exécutés; et de payer vingt livres sterling par an à chacun de ceux qui^ bien que tranquilles et modérés 9 ne pourraient être pour le moment pourvus de cures, faute d'en avoir à leur donner. La seconde partie du message n'eut point de suite, attendu que les presbytériens, voyant dans la pension qui leur était offerte le salaire destiné à acheter leur silence et à les empêcher de faire leur devoir , la refusèrent unanimement. Il n'en fut pas de même de la première partie. Le premier jour de conseil qui suivit U lecture de la lettre du Roi , douze ministres furent admis au bénéfice de Vindulgence ^ et on leur assigna des églises; quelque temps après on en plaça trente autres , et on s'en tint là pour cette année. En leur remettant leur nomination et les titres qui la validaient , le conseil leur re^ mettait encore des instructions sur les réglemens qu'ils avaient à observer. Hutcheson, au nom d'eux tous, fît une harangue au conseil, dans la-** quelle, après avoir remercié en termes convenables le Roi et leurs seigneuries, il disait qu'en tout temps ils auraient, pour les lois de l'Etat et les ordres de l'administration , toute la soumission compatible avec leur conscience. Ils se rendirent ensuite dans leurs paroisses respectives. L'installation de ceux d'entre eux qui étaient renvoyç's
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dans celles qu'ils avaient précédemment desservies^ ne souffrit aucune difficulté. Mais ceux qui n€ furent pas nommés à leurs anciennes cures, ne voulurent pas entrer en fonctions avant que le consistoire et les habitans des paroisses ne les eussent choisis pour leurs pasteurs, et appelés ^ comme ils disaient, à exercer parmi eux le saint ministère : encore cette formalité ne leva-t-elle pas les scrupules de tous les nouveaux desservans. Quelques uns disaient que les choix du peuple devaient être libres pour être valables, et qu'ils ne Tétaient point dans ce cas-ci , puisqu'il n'y avait de candidat que la personne nommée par le conseil; ce qui ressemblait fort à une élection par congé d'élire j c'est-à-dire dans laquelle Véligible est désigné d'avance dans une lettre du Roi : espèce d'élection dont les presbytériens s'étaient souvent divertis. Mais les scrupules ne sont réellement puissans qu'autant qu'ils sont d'accord avec l'inclination ou l'intérêt : s'il en est autrement, on a bientôt inventé quelque heureuse distinction qui vous en débarrasse. C'est ce qui arriva : d'*abord effarouchée, la conscience des plus méticuleux s'apaisa peu à peu , et finalement il ne s'en trouva pas un seul qui ne prit possession de la cure que le conseil lui avait assignée. Le peuple les accueillit d'abord avec des transports de joie, et courut en foule à leurs prédications. Cette ardeur se refroidit bientôt. On
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s'attendait quHls rouvriraient Texercice dé leurs fonctions pastorales par un témoignage public contre tout ce qui s'était fait en opposition à ce qu'ils étaient, habitues à appeler Vœuvre du Seigneur; mais ils n'en firent rien , et se conteûtèrent de prêcher la doctrine du christianisme. Ce premier mécompte dégoûta tous ceux qui aimaient à entendre leurs ministres traiter en chaire des circonstances j comme on disait alors. De plus, eii arrêtant trop vite Yindulgence j le conseil donna à penser que ceux qui en avaient profité les premiers avaient contracté de secrets engagemens, ce qui leur fit donner, par le peuple, le surnom de curés du Roij en imitation de celui de curés de Vévéque , comme il appelait déjà par dérision le clergé épiscopal. Leur circonspection leur attira le sobriquet encore plus fâcheux de chiens muets , de chiens incapables de hurler. Ceux de leurs confrères qui , par la violence de leur caractère , c'étaient eux-mêmes interdit toute part à V indulgence , criaient à Térastianisme, à l'invasion des choses saintes par les magistrats civils; ils disaient que ce qui venait de se passer notait qu'un grossier ai^ifice pour endormir la génération présente , une des profondeurs de Schtan pour mieux assurer la destruetion de la doctrine presbytérienne, en feignant de la favoriser, a Aussi , ajoutaient-ils , l'assistance divine s'est retirée de ces prédicateurs profanes, et
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chs^uti peut se convaincre que leurs serpaons n'ont plus cette énergie et cette autorité dont il$^ . brillaient dans les conventicules. » Ces discours , et d'autres encore du même genre , éloignèrent le peuple des curés du Roi , et le ramenèrent en foule aux assemblées eitra-légales des non-con-r formistes. Je tiens de plusieurs des nouveaux mi« nistres que rien n'égalait Tignorance et la tié* deur de ceux qu'ils avaient vus fréquenter les conventicules avec le plus d'exactitude et de ferveur. Ces mêmes hommes , qui auraient argumenté pertinemment sur le pouvoir intrinsèque de l'Église, sur Fépiscopat et le presbytérianisme, étaient étrangers aux premières vérités de la religion. IjCs prédicateurs, que V indulgence avait rendus à leurs fonctions, au lieu de lutter avec un zèle et un courage apostolique contre la folle manie de controverse qu'ils déploraient plus que personne, ainsi qu'ils me l'ont avoué, dans les partisans de leur doctrine, s'étudiaient à gagner leur affection par de basses complaisances j et à les arracher, en les flattant, à l'influence de quelques boute-feux dont les déclamations nourrissaient leur fanatisme. Le caractère et danciennes habitudes créaient chez^ les uns ces besoins de popularité servile, qui provenaient chez les autres du désir de mener une vie facile et commode.
Vittdulgence avait été conçue et réglée à la
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hâte. Quand oa vint à l'examiner de près^ il se trouva qu'elle était manifestement contraire aux lois de rÉtat , puisque l'acte qui avait rétabli l'épiscopat en Ecosse ne déclarait capables de posséder des bénéfices que les personnes qui re^ connaîtraient l'autorité des évêques , et seraient instituées par eux. On put entendre alors le parti épiscopaly qui s'était habitué à représenter le Roi comme source de tout pouvoir légitime^ tant que le Roi avait agi en sa faveur^ on put l'entendre invoquer l'autorité des lois restrictives des volontés du monarque ^ et violées par Vindulgence. C'est le destin de tous les partis d'exalter et de rabaisser tour à tour la loi et la prérogative , suivant que leur intérêt s'accommode de prendre l'une pour appui, ou l'autre pour instrument. Burnet et son clergé s'indignaient jusqu'à la fureur de ce que le gouvernementvenait de faire pour leurs ennemis. Usétaient, il faut le dire 9 non-seulement abandonnés, mais maltraités par le peuple, et en butte à ses menaces, s'ils refusaient de céder, à prix d'argent, leurs églises, pour faire place à des ministres presbytériens compris dans Vindulgence. Au mois d'octobre se tint le synode du diocèse de Glasgow. On résolut d'y rédiger une adresse au Roi, pour lui représenter quelles calamités attirait sur le clergé le triomphe des sectaires, à quel point la nouvelle mesure était illégale, et combien elle
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tendait âr inilner l'Église. Une pareille adresse, aux termes de certains actes du parlement d'Ecosse, n'e'tait rien moins qu'une censure indirecte de la conduite du Roi, destinée à lui aliéner le cœur de ses sujets, ce qui exposait à la peine capitale, comme le prouve le procès ,du lord Balmërinoch, dont j'ai rendu compte dans mon premier livre. Elle fut rédigée par un certain Ross , dans la suite archevêque de Glasgow d'abord, et puis de Saint«André, homme dont l'i* gnorance pouvait seule égaler l'excessif emportement, et qui y mit tout le fiel de son caractère. On résolut seulement de la tenir secrète jusqu'à ce que, par des consultations soigneusement prises, on se fût assuré si elle pouvait être présentée sans danger au conseil privé, ou non. Mais le mystère fut trahi par quelque faux-frère , et une copie de l'adresse envoyée à Londres. Quand elle y arriva, lord Lauderdale en était déjà parti pour se rendre en Ecosse, où il devait présider le par*lement en qualité de commissaire. Ce seigneur ayait laissé à sir Robert Murray le soin de .veiller à ses intérêts de cour pendant son absence; car, bien que, poussé par sa maîtresse, il se fût, dans ces derniers temps , indignement conduit avec son ancien ami, il avait néanmoins une telle opinion de sa yertu et de sa franchise qu'il ne craignait pas de se confier à lui. Le Roi n'eut pas plutôt vu Tadresse du clergé de Glasgow, qu'il dit que
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c'était une nouvelle remontrapee^ semblable à celle qui lui était venue de l'ouest pendant son séjour en Ecosse. Il ordonna en inême temps qu'il fût fait défense expresse à Burnet de paraître au parlement^ et qu'on le poursuivît selon toute la rigueur ^des lois. Ce n'était ^pas chose facile que de trouver dans la conduite de ce prélat les élémens d'un procès criminel; mais comme il se trouvait déjà compromis par des imprudences antérieures, on espérait l'amener, par la peur, à se soumettre et à résigner son siège.
Le parlement s'ouvrit au mois de novembre.
Le discours de lord Lauderdale roula sur deux points principaux, la protection qui était due à l'Église épiscopale pour laquelle il marqua beaucoup de zèle , et l'union des deux royaumes. Relativement à ce dernier sujet , on se contenta de consentir par un acte à en traiter , et l'été sui-< vaut on nomma les commissaires chargés d'aller à Londres entamer la négociation. Mais il n'y eut rien de fait , et ce projet fut sitôt abandonné qu'il fut visible qu'on n'y avait jamais pensé sérieusement.
On passtf deux autres actes plus importaos eu eux-mêmes , et qui se rattachaient à des vues plus profondes. Par le premier, la suprématie du Roi était expliquée et confirmée , mais en des termes si vagues que désormais sa latitude n'avait plus de limites. On déclarait que tout règlement re^
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lâtif au gouvernement extérieur de FÉglise ren-: trait dans la prérogative , et que tout ce qui touchait aux assemblées^ matières et personnes ecclésiastiques , devait être décidé suivant les instructions qu'il plairait au Roi de donner à son conseil privé , et qui , publiées par ledit conseil, auraient force de loi* Lord Lauderdale était très-probablement dans le secret de la religion du duc d'York qui, sans cela , l'aurait traité avec moins de faveur. Il est donc vraisemblable qu'il voulait s'affernrir daos le cœur de ce prince , en mettant à sa disposition le sort de l'Église d'Ecosse. Mais les vues du prince , et par conséquent les menées du courtisan , étaient alors pour nouis tous un mystère, impénétrable. Four faire passer son acte âe suprématie, lord Lauderdale disait à ceux qui tenaient pour le presbytérianisme, ou qui an moins n'aimaient pas les évéques, qu'il était urgent de diminuer leur ascendant en les mettant sous ^absolue dépendance du Roi; que le bill ptojeté faisait passer à la vérité toute l'autorité législative , pour les matières du culte , du parlement au Roi^ mais qu'alors du moins, si une fois les temps devenaient meilleurs, et qu'on pût avoir pour soi le monarque, un trait dé plume suffirait pour renverser tout d'un coup l'échafaudage épis* copal; tandis que cette révolution serait toujours plus difficile tant qu'elle dépendrait de la lenteur et de l'appareil des formes parlementaires. A la
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noblesse , il fit entendre qu'elle n'aurait plus à craindre l'insolence des prélats , du moment que ceux-ci seraient à la merci de la couronne. Sharp, comme on peut bien le penser , ne goûtait pas un projet qui tendait a briser l'influence épiscopale. Cependant il n'osa s'y opposer. Il fit un discours long et obscur , copié du docteur Taylor , sur la distinction de l'autorité civile d'avec l'autorité ecclésiastique , et finalement il donna son suffrage. Tous les évêques présens suivirent son exemple. Plusieurs s'étaient absentés. Le seul Leighton éleva des objections , et fit passer quelques amendemens de rédaction. Il pensait qu'on pouvait facilement abuser de la généralité des termes de l'acte, et il regardait en conséquence son existence comme très-dangereuse. Il lut donna sa voix néanmoins faute denWoir pas assez pesé la gravité des inconvéniens qu'il avait prévus. Il se repentit toute sa vie de cette complaisance. Disons aussi qu'à celte époque le retour du papisme n'inspirait encore à personne en Ecosse de sérieuses alarmes. Ce que le clergé épiscopal avait de plus honnête, et en particulier Nairn et Charterie, virent généralement avec douleur les nouveaux principes que le parlement venait de sanctionner. Ils voyaient désormais le Roi revêtu de toute l'autorité d'un pape. Les presbytériens disaient dans leur langage qu'on l'avait mis à la place du Christ. Jl n'avait déjà que trop
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de pouvoir , disaient-ils encore , dans les ma* tières ecclésiastiques, et rien ne corrompt davantage le clergé que ces complaisances serviles^ suite inévitable d'une dépendance trop directe de la cour. Quant à moi je ne pris aucune part^ ni de conseil, ni autrement, à l'acte de suprématie. Je me rappelle seulement que je crus alors qu'il avait été imaginé par lord Tweedale pour justifier l'indulgence qui avait été dans tout ceci son unique but , comme il me le protesta lui-même. B'ailleurs personne n'a pu m'espliquer comment ces mots matières ecclésiastiques avaient été mis dans l'acte. Leighton se croyait sûr qu'ils y avaient été insérés après coup ; c'est-à-dire lorsque le parlement eut donné son assentiment. Cette supercherie fut généralement imputée à lord Lau* derdale. La religion du duc d'York ne fut pas plutôt connue que tout le monde sentit à quel point tout l'établissement légal de notre religion était compromis par cette extension de la prérogative. Cependant l'acte étant restreint par son préambule au gouvernement extérieur de l'Église , on se dit 9 pour se rassurer , que les termes de matières ecclésiastiques devaient être entendus xlans ce sens limité.
L'autre acte important dont il a été parlé était relatif à la milice. Le mode suivi dans les levées faites antérieurement fut approuvé. Il fut arrêté en outre qu'on en conserverait toujours une par-
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tie sur pied pour être prêté à marcher dans tel des pays de la domination duRoi qu'il plairait à Sa Majesté', et à telles fins que ce fàt , pourvu que soii pouToir, son autorité ou sa grandeur y fussent intéressées. Ce corps de milices devait recevoir ses ordres par l'intermédiaire du conseil^ sans qu'il y eût obligation pour celui-ci de s'appuyer de ceux du Roi. On fit sur cette dernière clause quantité de réflexions. Plusieurs disaient que l'armée, 11UX termes de l'acte, ne dépendait plus du Roi, mais du conseil ; et qu'au cas où le conseil de- "viendrait rebelle, comme en i638 , elle serait contrainte de partager sa rébellion. Avec le temps, lorsque les mauvais desseins de la cour mis en lumière excitèrent en Angleterre d'unî- -verselles alarmes, on put pénétrer Fintentioû secrète de la clause. Dans le cas où le Roi aurait appelé les Ecossais, elle tendait à le dispenser d'envoyer des ordres formels : secrètement averti de son désir , le conseil aurait pu agir en conséquence , et de telle sorte que si l'entreprise venait à échouer , elle ne pût être imputée à Sa Majesté, mais seulement au conseil , dont la démarche serait désavouée par le Roi, qui ainsi n'aurait pas la douleur de voir un de ses serviteurs il' Angleterre sacrifié à la vengeance de la nation. Deux royaumes conquis n'eussent pas donné à lord Lauderdale une plus haute idée de ses services, que ces deux bills obtenus par ses soius«
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Il écrivît au Roi a ce propos que TÉcosse était, luaintehant à sa disposition^ que TEglise de ce royaume était plus dans sa dépendance que celle d'Angleterre; que la milice y était transformée en une armée qui n'attendait que ses ordres pour agir ^ qu'il n'y avait personne en un mot en Ecosse dont le bras ne lui fût assuré partout où il voudrait s'-en servir. A ces félicitations si peu innocentes étaient jointes des insinuations plus coupables encore. Mais écrire de pareilles lettres au prince n'eût jamais été chose sûre' ni prudente. Celle-ci, quelques années après qu'elle eut été écrite , tomba dans les mains du duc de Hamiltoo ; je l'eus même plusieurs jours en ma possession , et il fut question d'en faire la base d'une accusation. Mais au temps dont je parle, le projet d'exclure le duc d'York de la succession à la couronne occupait tellement les esprits que cette affaire , qui à toute autre époque aurait fait grand bruit, n'excita qu'un intérêt secondaire. Voici de quelle manière la lettre vint à la connaissance du duc de Hamilton. Après l'avoir lue^ le Roi la donna à sir Robert Murray , de sorte qu'à la mort de ce seigneur , elle faisait partie de ses papiers. Comme il avait été fort employé dans le laboratoire chimique du Roi, et qu'il avait entre ses mains la relation écrite de plusieurs de ses expériences, ce prince donna l'ordre , après la mort de Murray , de rechercher dans ses papiers tout
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ce qui était relatif à la chimie ; mais on ne toucha point aux papiers d'État. Ce fut ainsi que la lettre dont il s'agit^ aussi bien que plusieurs autres pièces très-importantes , resta entre les mains des héritiers^ et échut au duc deHamilton^ qui n'aurait pas manqué d'en faire usage si> comme on l'a dit plus haut, de plus grands intérêts n'eussent préoccupé tous les esprits. Ce n'est pas le premier exemple venu à ma connaissance de papiers d'une haute importance laissés en héritage par des ministres , et qui eussent pu devenir dans des mains perverses des instrumens très-redoutables de trouble et de malice. Il semblerait raisonnable que, lorsqu'un ministre ou un ambassadeur vient à mourir , à sortir de fonction, ou à être disgracié, le gouvernement eût le droit de réclamer tous les papiers de sa succession relatifs à la partie secrète de leurs emplois publics. Du reste il n^'appartient moins qu'à personne de me plaindre de l'absence abusive de cet usage , puisque c^esl à elle que je suis redevable des précieux documens que j'ai eus à ma disposition pour écrire cette histoire.
L'acte de suprématie avait rendu le Roi maître absolu de l'Église. Il n'avait qu'à vouloir pour se défaire d'un évêque qui lui déplaisait. Burnet fut la première victime de cette extension du, b(m plaisir. On lui offrit une pension s'il résignait volontairement son diocèse , en le menaçant d'ua
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traitemefit plus sëyère sMl ne se soùfnettatt àt bonne grâce. Il se soumit, et rralra dans la .TÎè priTëe^ ah il pdrta mienx la disgrâce qu'il n'a** va it porté les honnenrsi. Pendant les quatre ans qu'il vécut dans Folbcurité, il inspira un intérêt général. C'est qu'il était natitrellekheiit bon et franc. L'absence ^le Tolonté ^ qui tous met k la merci des passions ou des caprices des antres > ^tait son plus grand défaut. Il aimait trop eil outre à se mêler d'affaires qui n'étaient point de son res£k)rt. Personne cepéndailt n'était moins taîi que lui pour le métier de coui^tisàn ou de Infi-i* BÎstre. Il y avait en lui de qiafoi faiiv ma hoh évêque ; niais trop exclusivement voué à la poli^ tique > qu'il n'entendait pas^ il négligeait s€ls fonctions spirituelles , qu'il entendait passablemente
Vers ce ménie temps , l'àniversilé de Glasgow^ qui compté au nombre de ses prmtégjès la nôïni* tfation de son preifesseilrr de théologie ^ me cuisit poufc* occuper cette chaire. Je me tt*o»vài sur les rangs sans intrigues ni menées d'aucun genre ^ pas même la recommandation de qui que ee soît. Les membres de -cette illustre corporation vôu* iurent bien penser k moi y de kur proprèl et opontané mouvement ; je n'étais eoilnu person*fielleilaent d'aucun d'entre eux* Tous Am amis mé <5oBseillèrenl d'dccepier le posrté qui m'était dOTeH : je Faceeptai. Ma nouvelle sttbartion'ih'en^