‹ Histoire de mon tempsChapitre 9 sur 11 · S:24 HISTOIRE · texte numérisé non relu

S:24 HISTOIRE

Je lui prédis ce qui arriva ; que les autres le* raient bientôt leui^ paii^ le laissant lui dans Tembarras , et qu'il resterait seul pour faire tête à Forage. Enfin > voyant qu'il n'y avait rien h faire^ et que je ne pouvais empêcher que la lutte ne commençât entre le duc de Lauderdale et le duc de Hamilton , je pris le parti de me retirer chez moi et d'y suivre mes études.

Le lendemain le parlement s'ouvrit; ou lut la lettre du Roi dans laquelle il assurait les Écossais de son affection dans les termes les plus bien* veillans , et leur demandait de Taider dans la guerre qu^il avait à soutenir contre la Hollande ^ proposition que le duc de Lauderdale appuya d'un long discours > après quoi on proposa de nommer une commission chargée de rédiger , comme c'était l'usage > une réponse à la lettre du Roi. Le duc de Hamilton prit la parole et dit qu'il croyait convenable d'examiner ayant tout Tétat dû royaume , d'écouter les griefs de la nation , et suiHie-champ il en indiqua quelques uns. Uoe vingtaine de membres appuyèrent la motion, comme on en était convenu , et citèrent chacun quelque plainte publique. Les uns parlèrent du sel 5 les autres du tabac ^ ceux-ci de i'eau«devie^ qui^lques uns se plaignirent de l'adminis* tration de la justice ^ quelques autres de l'aitération des monnaies. A une telle sortie^ le duc de Lauderdale ne savait ok il en était ^ il avait l'air

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d'un déterré. Son crédit à la cour s eUît élevé sur l'idée qu'il y ayait donnée de 6on pouvoir en Ecosse et de la dépendance soùs laquelle il tenait ce royaume. Que penserait-on de lui à Whitehall , quand on y aurait une preuve si évidente de la perte de cette autorité tant vantée? Le parviennent , en le bravant, le perdait , et assurément il ne s'y était pas attendu quoique je l'eusse arerti d'une partie du danger. Mais Tenant à réfléchir k la fois sur cet avis , sur le crédit ique j'aTais acquis à la cour, sur la rapidité de mon voyage , et sur cette malheureuse arrivée dans la naît qui précéda l'ouverlure du parlement , il rapprocha toutes :ce$ circonstaaces ^ et en eonclut que j'a-* vais été envoyé à Londres comme agent dn parti qui s'élevait contre lui > et que le privilège pour mon livre n'était qu'un prétexte. Il crut que sii^ Robert Murray avait oonçtt le projet, et que lord Shaftesbiu'y l'avait condxiit. C'était un moyen commun à tous les ministres de Charles II, que de rejeter le mauvais succès d'une affaire sur un éyénement impossible à prévoir, mais contre lequel, à l'avenir, on prendrait ses mesurris. U se dépêcha donc d'assurer le Roi que cet ineen^die était de ma façon; que j'étais de la mêmt humeur que mon oncle, ^t qu'il fallait me bien lier les mains ou s'attendre à ine voir porter partout le désordre. Le Roi acceptait toutes les accusations qui venaient de ses tninistres , sans

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jamais se mettre en peine de ce que pourrait (lire raccusë. A son avis, toute justification était mensonge; à quoi quelqu'un lui dit un jour qu'apparemment Sa Majesté était décidée à croire le premier menteur. Mais ce fut bien pis quand le duc de Lauderdale, à son retour à Londres, lui dit que je m'étais Vanté à sa femme de la liberté avec laquelle je lui avais parlé de ses mœurs. Le Roi fut vivement piqué , ou plutôt feignit de l'être, voulant un prétexte pour me déchirer : vengeance dont il se donna le plaisir pendant plusieurs années. Sans doute ma Confiance avec la duchesse de Lauderdale était blâmable; mais j'avais été pris de court, il arait fallu répondre; je n'avais pu me résoudre à mentir, et autre chose qui pût la satisfaire ne s'était pas présenté dans le moment à mon esprit. Quoi qu'il en fût, le duc d'York me conserva toute son amitié; et , retourné chez moi à Glasgow 9 j'y repris mes études jusqu'au mois de . juin, oii je retournai à Londres.

Le duc de Lauderdale prorogea 1[< 'Cession pour quelque temps , et convoqua un conseil où il parla des plaintes faites au parlement , et du plein pouvoir que lui avait donné le Roi pour là réforme des abus. Il enjoignit aux membreis du conseil de dire tout ce qu'ils savaient des griefs de la nation , parce que c'était au' conseil et non au parlement qu'il fallait d'abord s'adresser. A cela,'

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le duc de Hamilton répondit que Tusage voulait que lès plaintes fussent .portées au parlement qui seul avait le droit d'y satisfaire , et que l'au^ torité du conseil, qui allait jusqu'à arrêter les abus y ne suffisait pas pour les réformer. Là-dessus le duc de Lauderdale protesta qu'au nom du Roi il donnait toute liberté à la discussion; et que ceux qui refuseraient d'y prendre part et de l'aider de leurs avis manqueraient à leur devoir et au respect dû à la couronne; que d'ailleurs, puisqu'il savait déjà que les motifs de presque toutes ces clameurs si déplacées étaient les impôts sur le sel^ le tabac et l'eau-de-vie, il consentait à leur suppression. Mais le but du parti qui venait d'élever la voix dans le parlement était la punition des oppresseurs aussi bien que la fin de l'oppression ; ils avaient résolii de poursuivre le duc de Lauderdale et ses partisans,;' ils voulaient qu'une punition exemplaire confirmât la réforme des abus.

Dès que le parlement eut repris séance , les plaintes recommencèrent; mais le duc de Lauderdale dit que ces plaintes devaient être d'abord adressées aux lords des articles, auxquels toutes les requêtes et toutes les motions devaient être préalablement soumises , comme étant les seuls juges de celles qui devaient être discutées dans le parlement. L'opposition soutint que les lords des articles n'étaient qu'un comité nommé pour

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