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avec les dix escadrons de Baïreuth en colonne, et fond avec une vivacité incroyable sur l'infanterie autrichienne. Les dragons en massacrèrent un grand nombre, et ruinèrent les six régiments de Marschall, Grünne, Thüngen, Daun, Kolowrat et Wurmbrand; ils prirent plus de quatre mille prisonniers, et remportèrent soixante-six drapeaux de cette courte expé-5 dition. Un fait aussi rare et aussi glorieux mérite d'être écrit en lettres d’or dans les fastes de l’histoire. Le général Schwerin, cousin de celui qui avait si bien fait à l’affaire de Jägerndorf, le major Chasot et beaueoup d'officiers dont le nombre est trop grand pour qu’on les nomme y acquirent une grande réputation. L'événement du régiment de Baireuth 10 arriva en même temps que notre droite sortait du bois pour avancer sur les Autrichiens, après avoir fait ce grand quart de conversion; alors cette armée battue dans toutes ses parties, et appréhendant d’être enveloppée encore, se débanda et son désordre se convertit en une fuite totale. Les Saxons avaient fait leur retraite par Seifersdorf; le corps de bataille des 15 Autrichiens se sauvait par Kauder et leur aile droite par Hohenfriedeberg. Ils avaient eu le temps de garnir de canon cette dernière hauteur. L’armée les poursuivit jusqu'aux gorges des montagnes, où je donnaïs du repos aux troupes après les fatigues qu’ elles avaient souffertes. On prit quatre généraux prisonniers, plus de deux cents officiers, sept mille hom- 20 mes, soixante-douze canons de toute espèce, soixante-seize drapeaux, sept étendards et huit paires de timbales. Le champ de bataille était jonché de morts que l'ennemi y laissa, dont le nombre montait à quatre mille hommes, parmi lesquels il y avait des officiers de distinction. La perte de mon armée n'allait entre morts et blessés qu'à dix-huit cents 25 hommes. Les officiers qui y périrent et qu'on regreta le plus furent le lieutenant-général Truchsess ; les colonels Massow, Düring, Kahlbutzete.
La bataille de Friedeberg fut la troisième victoire par laquelle j'achetais la possession de la Silésie. Lorsque les grands seigneurs jouent pour des provinces, les hommes sont les jetons qui les paient. 30 Les fautes des Autrichiens contribuërent beaucoup aux succès de cette bataïlle. Si le prince de Lorraine n’eût point attendu que les Saxons fussent battus, et que dès le commencement il eût rendu l'affaire générale, les hasards auraient été plus balancés, et je n'avais pas pu disposer librement d’une moitié de mon armée pour m'en servir à rendre cette vic-35 toire complète. Ce fut un mésentendu qui donna lieu à cette singularité. Le duc de Weïssenfels avait intention de s'emparer le 4 de grand matin de la ville de Striegau avec ses Saxons. Lorsque la bataille commença, les Autrichiens crurent que c'était le bruit des assauts que le duc faisait donner, ils se tinrent tranquilles, et donnaient à la droite de mon armée 40 le temps de défaire les Saxons, avant qu'ils entrérent en action avec ma