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que ce n’est point l’histoire des hussards que j'écris, mais celle des événements qui firent passer la Silésie sous la domination prussienne.
La bataille de Mollwitz qui en avait décidé fit un effet prodigieux en Europe. Vienne, qui espérait en ses succès, s’aigrit de ses pertes et la reine tira des troupes d'Hongrie pour renforcer l'armée de Neïpperg, 5 qwelle augmenta de plus de six mille hussards. À Hanovre et à Dresde on craignit l'armée du prince d'Anhalt, qu'on avaït méprisée. L'empire fut dans l’étonnement de ce que les vieilles bandes de l’empereur étaient terrassées par des Prussiens. La France prit part à cette victoire, et elle se flatta qu’en se mettant de la partie elle arriverait à propos pour donner 10 le coup de grâce à la maison d'Autriche agonisante.
Par une suite de cette impression le maréchal de Belle-Isle, ambassadeur de Louis XV à la diète de Francfort, vint dans mon camp de Mollwitz, et me proposa d’entrer avec la Fraree dans une alliance dont les articles roulaient sur l'élection de l'électeur de Bavière et sur le dé- 15 membrement des provinces de la reine d'Hongrie, nous minutâmes un traité par lequel la France me garantissait toute la Basse-Silésie, en vertu de quoi je renoncerais aux duchés de Juliers et de Berg, et je donnerais ma voix à l'électeur de Bavière, nous convîinmes que la France enverrait deux armées dans l'empire, dont l’une marcheraït au secours 20 de l'électeur de Baviére, et l’autre pénétrerait en Westphalie, pour en imposer aux Saxons et aux Hanovriens, et qu'enfin, préférablement à
tout, la Suède déelarerait la guerre à la Russie, pour l’occuper ailleurs.
Tel fut le projet de cette alliance qui ne fut pas signé d’abord, mais que je me réservais comme ma dernière ressource. On eût dit alors que 25 toutes les provinces de la reine d'Hongrie étaient à l'encan, je me souviens que je trouvais un jour le maréchal de Belle -Isle bien en peine de trouver quelque prince qui voulût s'accommoder de la Moravie: on eût dit, à l'entendre, que les princes d'Allemagne étaient sans ambition.
Mes ministres négociaient alors chaudement dans toutes les cours, 30 principalement à Paris et à Londres. Quoique le roi d'Angleterre m'eñût écrit (en date du 19 décembre 1740) que ses engagements lobligeaient de soutenir l’indivisibilité de la succession de Charles VI, et qu'il voyait ma rupture avec peine, il m'offrit cependant ses bons offices, et m'envoya le lord Hyndford, comme roi, et le sieur Schwicheldt, comme électeur ; 35 tous deux chargés d'instructions différentes. Le ministre d'Hanovre exigeait qu'on achetât la neutralité de son maître par la garantie des évêchés de Hildesheim, d'Osnabrück et des baïlliages qui lui sont hypothéqués dans le Mecklenbourg : on lui donna un contre-projet dans lequel mes intérêts furent mieux ménagés. Le ministre anglais offrait les bons offices 40 du roi pour eénigager la reine d'Hongrie à la cession de quelques princi-