‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier Pasquier (volume 2)Chapitre 16 sur 30 · LE 13 VENDÉMIAIRE · texte numérisé non relu

LE 13 VENDÉMIAIRE

servi dans l’armée républicaine! Villot, par exemple, eût été très suffisant ; alors c’en était fait de la Convention; mais qui vit-on paraitre au dernier jour? un sieur Danican, sorti on ne sait d’où, dont le nom n'avait jamais été prononcé jusqu'alors, dont l'existence a commencé et fini ce jour-là. Qui l’a nommé? je ne l'ai jamais su ni compris. Ce que j'ai parfaitement vu, c’est sa complète inaction, sa fâcheuse incapacité,

Pendant toute la matinée du 13, la Convention, cernée par les soixante mille baïonnettes parisiennes, ne régnait plus que dans le chäteau et le jardin des Tuileries. La divi sion étail dans son sein, et nous avions au milieu d'elle des partisans qui, pour être en minorité, n'en étaient pas moins très précieux. Elle n’avail à ses ordres que trois quatre mille hommes, à la vérité commandés par le géné Bonaparte, mais derrière lesquels ne se trouvait rangé en aucune façon. il faut se garder de le croire, le reste de l'armée française ; celle-ci n’était point alors engagée dans

le débat, circonstance heureuse et qui ne s'est pas rencontrée depuis, car c’est à dater de celte journée. et grâce à son issue, qu’armée ct généraux se sont fait jour dans les affaires de l’intérieur, et pour n’en plus sortir de longtemps.

Quand on ajoute à celle circonstance que la plupart des intérêts qui ont depuis rendu tout arrangement si diflicile n'étaient pas nés; que la meilleure partie des biens des émigrés n’était pas vendue; que ceux qui avaient élé payés avec des assignats, dans leur plus grande dépréciation, pr ne sait ce qui doit le plus étonner de l'aveuglement, de l'incurie ou de Ja malhabileté q telle occasion; elle était manquée à cinq heures du soir; quelques coups de canon tirés contre les marches de Saiut- Roch avaient suffi pour trancher la question.

Je partis à six heures et fus donner à mes amis de Saint- Germain les premières nouvelles du désastre. Je rencon-

étaient encore dans les mains des

miers acquéreurs, on

nt laissé échapper une

moins était de la vraie guerre (1). M. de Brulart sortit de chez moi après la seconde nuit. Je crois qu'il en était temps et que quelques soupçons commençaient à s'élever dans la maison où je demeurais et que je n’occupais pas seul. Il trouva moyen de s’échapper de Paris peu de jours après, et je ne lai revu que depuis la Restauration.

() C'était Ià apparemment le complot dont était aussi, à la même époque, M. Hyde de Neuville, qui s'est toujours défendu d'avoir participé à celui de la machine infernale.

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