‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier Pasquier (volume 3)Chapitre 123 sur 229 · POUVOIR DE M. FOUCHÉ · texte numérisé non relu

POUVOIR DE M. FOUCHÉ

« une assemblée. Je lui disais encore tout à l'heure qu'il a fallait absolument, à tout prix, empêcher que les droits « de cet enfant ne fussent reconnus. Il m'a dit d'être « tranquille et m'a répondu de tout. — Je ne connais pas « M. Manuel, lui répondis-je, mais qui avez-vous dans a l'armée? »

Il m'annonça que Grouchy était rentré avec son corps, qu'il était suivi de près par les Prussiens et les Anglais, qu'il ne pourrait prendre position, s'il était en état de le faire, qu'à une assez grande distance de la frontière. On ne savait encore rien de ce qui s'était passé à Gand depuis la victoire remportée par les alliés. Il me dit qu'en cas d'absence, son secrétaire, Fabri, aurait ordre de me tenir au courant des moindres événements; « puis, ajouta-t-il, « quand et comment pourrons-nous donc enfin communi- « quer avec ces gens de Gand? Ils sont si maladroits I « Est-ce qu'ils ne devraient pas avoir un agent ici? Est-ce « qu'ils n'auraient pas dû déjà se mettre en rapport avec « moi? Us doivent connaître mes intentions. Elles ont dû « leur parvenir de plus d'un côté. »

J'ai rapporté cette conversation parce qu'elle montre les arrière-pensées de M. Fouché et les embarras très réels de sa situation. Ses moyens, pour gouverner la Chambre des représentants, étaient plus bornés qu'il ne le disait.

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