CANDIDATURE DU DUC D'ORLÉANS AU TRONE
« Son fils doit avoir en Autriche un établissement, et elle ne « désire rien de plus pour lui. Je me suis assuré que TAu- « triche, de son côté, ne songe plus à la régence et ne la « veut plus. L'année dernière, elle m'avait paru pouvoir « concilier les différents intérêts; mais la situation n'est « plus la même. C'est donc une chose à laquelle il ne faut « plus penser. Je ne vois de propre à tout concilier que (c M. le duc d'Orléans. Il est Français, il est Bourbon, il est « mari d'une Bourbon, il a des fils, il a servi, étant jeune, « la cause constitutionnelle, il a porté la cocarde tricolore « que, je l'ai souvent dit à Paris, on n'aurait jamais dû « quitter, il réunirait tous les partis. Ne le pensez-vous pas « ainsi, mylord, et quelle serait là-dessus l'opinion de l'An- « gle terre? — Je ne sais, a répondu lord Clancarty, quelle « pourra être l'opinion de mon gouvernement sur une idée « qui est toute nouvelle pour lui, comme elle l'est pour (( moi. Pour ce qui est de mon opinion personnelle, je « n'hésite point à dire qu'il me paraîtrait extrêmement dan- « gereux d'abandonner la ligne de la légitimité, pour se « jeter dans une usurpation quelconque. Mais Votre Majesté « voudra sûrement que j'écrive à mon gouvernement ce « qu'elle me fait l'honneur de me dire. L'empereur lui a « dit d'écrire, et, après lui avoir observé combien il était « essentiel que Ton sût où l'on voulait arriver quand on ({ entreprenait une si grande chose, il s'est retiré.
« Lord Clancarty a, en effet, écrit, mais en insistant sur « les raisons qui doivent tenir l'Angleterre attachée à la « cause de Votre Majesté.
« M. de Metternich, auquel lord Stewart et lord Clan- « carty ont fait part de cette conversation, a trouvé que « la question élevée par l'empereur était tout au moins « intempestive, qu'il ne fallait pas aller se perdre dans des « questions hypothétiques qui pouvaient ne se présenter « jamais; mais que l'on devait attendre qu'elles se présen- « tassent et traiter chacune en son temps. Il a chargé Tam-
« bassadeur d'Autriche à Londres de parler dans ce sens.
« L'empereur Alexandre, qui comprend peu le principe « de la légitimité, sans attendre de connaître l'opinion du a cabinet anglais, a fait insérer dans la Gazette de Francfort « un article, que j'ai sous les yeux, et qui porte que les puisce sances ne veulent que renverser Bonaparte, mais qu'elles « ne prétendent nullement se mêler du régime intérieur de « la France, ni lui imposer un gouvernement, et qu'elle sera « libre de se donner celui qu'elle voudra.
« Mais jusqu'à présent il est seul de son avis. La Prusse « même, tout accoutumée qu'elle est à vouloir tout ce qu'il « veut, est bien pour Votre Majesté. Elle a même exprimé « le désir que Votre Majesté fît une proclamation et que « cette proclamation devançât la réunion à Paris des colce lèges électoraux que Bonaparte y a appelés. Ce désir est « aussi celui de la généralité des puissances. On regarde « comme très nécessaire que Votre Majesté s'attache à « rallier à elle tous les partis, en leur assurant à tous sans « distinction tous les avantages d'un régime constitutionnel. « Les puissances considèrent une déclaration de Votre « Majesté, faite dans cet esprit, comme un puissant auxi- « liaire des forces qu'elles vont déployer. Plusieurs vouée draient encore que Votre Majesté, rejetant sur les minisee très les fautes qui ont pu être commises, se composât un ce nouveau ministère comme si elle était en France, et dana ee la composition duquel chaque parti trouvât les garanties, ce qu'il désire. J'ai été invité à en écrire à Votre Majesté, ce J'ai même été prévenu que ce vœu lui sera exprimé dans ce des insinuations qui seront faites par les ministres que ce les cours vont envoyer près d'elle, ce qui me fait souce haiter qu'elle en devance l'expression.
ce A tout ce que l'empereur de Russie a dit à lord Clance carty, je dois ajouter ce qui m'est revenu de son langage ce par des voies que j'ai toute raison de regarder comme cf sûres.