OUVERTURE DES CHAMBRES
matin, mais que je faisais tout manquer. Je tiens de M. Portai et de M. Royer-CoUard que pareilles démarches avaient été faites auprès d'eux, par M. de Polignac luimême.
Tant de négociations ne pouvaient passer inaperçues; dans les Chambres, qui venaient de se réunir, l'inquiétude était générale. Le ministère était parfaitement fondé à dire que la présence de M. de Polignac à Paris, les mouvements qu'il se donnait nuisaient à l'action du gouvernement et à la confiance qu'il devait inspirer. Il se résolut donc à prier le Roi de vouloir bien intimer Tordre à M. de Polignac de retourner à son poste. Le Roi, qui savait Tinsuccès des tentatives faites pour organiser une nouvelle administration, se résolut enfin à renvoyer son ambassadeur à Londres en lui promettant qu'il serait libre de revenir aussitôt après la clôture de la session. Il partit laissant le Roi en complet désaccord avec son ministère. Rien n'était décidé pour le ministère des affaires étrangères. Cette situation ne pouvait se prolonger longtemps.
Le discours du Roi à la séance d'ouverture fut très applaudi. Il parlait de l'évacuation dé TEspagne par nos troupes, du succès si rapide de notre expédition en Morée, des négociations entamées pour assurer l'indépendance de la Grèce. A la Chambre des pairs, je fus chargé de la rédaction de l'adresse en réponse; elle fut adoptée sans difficulté. A la Chambre des députés, il n'en fut pas de même; le projet d'adresse avait été rédigé par M. Etienne. Le général Lamarque, MM. Laffitte, Mauguin, blâmèrent la conduite du ministère, surtout à propos du projet de délimitation indiqué dans le protocole du 16 novembre. Dans sa réponse, M. Portalis donna clairement à entendre que TAttique ne serait pas laissée en dehors des limites du futur royaume; que le traité du 6 juillet 1827 n'était qu'un acte préliminaire. Le ministre avait senti la nécessité de réparer la faute de M. de Polignac, et, s'appuyant sur la
conduite de rambassadeur de Russie et sur le refus de la Porte de reconnaître le droit d'intervention des puissances, il avait fait sentir à la conférence de Londres la nécessité d'entrer dans une nouvelle négociation. Dès le 22 mars, un nouveau protocole fut signé par lequel les puissances donnaient pour délimitation nouvelle de la Grèce la ligne allant du golfe de Volo à celui d'Ambracie, à peu de distance d'Arta. On y joignait Tîle de Négrepont, les îles voisines de la Morée et toutes celles connues sous le nom de Gyclades.