CHAPITRE IX
Ouverture de la session de 4830 ; discours du trône. — Élection du bureau de la Chambre. — Discussion de l'adresse ; elle est votée par 221 membres. — Attitude du ministère; réponse du Roi à l'adresse. — Agitation profonde de l'esprit public. — Incendies en Normandie. — Voyage de M. de Villéle à Paris; son entrevue avec M. de Peyronnet. — Départ de la flotte pour Alger. — Dissolution de la Chambre des députés. — Modifications dans la composition du ministère. — Séjour du roi et de la reine de Naples à Paris. — Bal au Palais-Royal. — Menées secrètes de M. de Peyronnet pour constituer un cabinet à l'exclusion de M. de Polignac. — Proclamation royale. — La politique dans les départements. — Résultats des élections.— Délibération du conseil des ministres; préparation du coup d'État. — Prise d'Alger. — Te Deum & Notre-Dame; discours de l'archevêque de Paris. — Précautions prises pour assurer le secret des dispositions du gouvernement. — Avis donné & M. Greffulhe.
Le 2 mars s'ouvrit la session de l'année 1830. Dans le discours du trône, deux phrases étaient à remarquer. Après les affirmations d'usage sur les relations extérieures, Tannonce de mesures Gnancières, le Roi ajoutait : « Le prc- « mier besoin de mon cœur est de voir la France, heureuse « et respectée, développer toutes les richesses de son sol et « de son industrie, et jouir en paix des institutions dont j'ai « la ferme volonté de consolider le bienfait. La Charte a « placé les libertés publiques sous la sauvegarde des droits « de ma couronne. Ces droits sont sacrés; mon devoir envers « mon peuple est de les transmettre intacts à mes suc- « cesseurs. Pairs de France, députés, je ne doute pas de « votre concours pour opérer le bien que je veux faire. « Vous repousserez avec mépris les perGdes insinuations « que la malveillance cherche à propager. Si de coupables « manœuvres suscitaient à mon gouvernement des obsta-